« Mon cœur bat, les saisons reviennent, les gens qui m’attirent se ressemblent, les scénarios se répètent, la routine s’installe. Je redis, je relis, je revois, je refais, je ressasse — allez, re! Quelquefois aussi, je revis. Ces variations se proposent d’explorer les pouvoirs de la répétition dans nos vies. »
Camille Laurens sur les hommes qu'elle décrit dans son livre..
Elle ne va pas à leur rencontre, du moins pas comme on pourrait croire. Elle ne fond pas sur eux pour les capter, les saisir, leur parler. Elle les regarde. Elle se replit de leur iamge comme un lac du reflet d'un ciel. Elle les maintient d'abord dans cette distance qui permet de les réfléchir. Les hommes restent donc là longtemps, en face d'elle. Elle les regarde, elle les observe, elle les contemple. Elle les voit toujours comme ces voyageurs assis vis-à-vis d'elle dans les trains maintenant rares où cette disposition existe encore : non pas à côté d'elle, dans le même sens, mais en face, de l'autre côté de la tablette où gît le livre qu'elle écrit. Ils se tiennent là. C'est le sexe opposé.