Quelle sorte d’enfance Sherlock Holmes a-t-il eue? Que se seraient dit Charles Bovary et M. de Rênal si leurs chemins s’étaient croisés? Ces questions, il arrive que des écrivains s’essaient à y répondre dans des œuvres qui donnent un supplément d’existence à des personnages (les leurs ou ceux des autres). C’est à cette pratique, que l’auteur propose d’appeler transfictionnalité, que cet ouvrage est consacré. S’il s’interroge sur son étendue, s’il en répertorie les formes et les ramifications, c’est, chaque fois, pour examiner les enjeux d’un phénomène qui traverse les genres, les époques, les esthétiques et les frontières culturelles. Une fiction est-elle bornée par le récit qui l’instaure, déploie-t-elle au contraire des virtualités que d’autres textes pourront explorer? Comment l’autorité d’un auteur sur ses personnages s’accommode-t-elle de la possibilité que des continuateurs s’aventurent dans les interstices de leurs histoires, jettent sur eux un nouvel éclairage ou réinventent leurs destins?Les récits transfictionnels ne répondent pas à ces questions mais, les faisant surgir, nous enjoignent de reconnaître à quel point l’exercice de la fiction nous confronte à des contradictions inextricables et fertiles.Feuilleter le dossier de presse.
la réflexion est poussée, je dirai quasi exhaustive sur le sujet. il s'agirait juste de condenser un peu et de diversifier les exemples... y'a pas que madame bovary et sherlock holmes dans la littérature
Excellent livre sur la notion de transfictionnalité, proposant une typologie et différents critères pour catégoriser les cas. Riche travail et véritable mine d'exemples tant dans la littérature générale que de genre. Notion intéressante comme complément et précision apportés à celle d'intertextualité. Bref, en termes peu académiques, j'adore. Et bonus : une écriture agréable à lire.