A 30 ans, Albertine sait déjà que la grandeur du ciel n'arrivera jamais à contenir sa rage de vivre. A mesure qu'avance l'horloge de son destin, le moteur du monde se met à tourner à vide et ses enfants chavirent : Thérèse n'a jamais valu une larme et Marcel sombre dans la folie. Ainsi Albertine survit-elle à 70 ans, en ayant abandonné la vie, préférant entretenir, dans la polyphonie de ses âges et loin du danger des hommes, un grand malheur tragique au lieu d'un petit bonheur médiocre comme celui de sa soeur Madeleine. « Les signes du Ciel viennent rarement d'en haut », disait leur mère Victoire.L'«oeuvre de Michel Tremblay compte une trentaine de pièces de théâtre et une vingtaine de romans et récits. Plusieurs pièces qui appartiennent à son »Cycle des Belles-Soeurs« ont été produites à travers le monde.»
Né en 1942, Michel Tremblay grandit dans un appartement de Montréal où s'entassent plusieurs familles. Ses origines modestes marqueront d'ailleurs ses œuvres, souvent campées au cœur de la classe ouvrière, où misères sociale et morale se côtoient. En 1964, il participe au Concours des jeunes auteurs de Radio-Canada, avec une pièce de théâtre intitulée Le train, et remporte le premier prix. C'est à peine un an plus tard qu'il écrit l'une de ses œuvres majeures, Les belles-sœurs, dont le succès perdure. La pièce est jouée pour la première fois en 1968 au Théâtre du Rideau Vert.
Michel Tremblay est l'auteur d'un nombre considérable de pièces de théâtre, de romans, et d'adaptations d'œuvres d'auteurs et de dramaturges étrangers. On lui doit aussi quelques comédies musicales, des scénarios de films et un opéra. Ses univers sont peuplés de femmes, tantôt caractérielles et imparfaites, tantôt fragiles et attachantes, qu'il peint avec réalisme et humour. Vivant les difficultés du quotidien, ses personnages au dialecte coloré ont d'ailleurs contribué à introduire dans la dramaturgie et la littérature d'alors un niveau de langue boudé des artistes : le joual.
En 2006, il remporte le Grand Prix Metropolis bleu pour l'ensemble de son œuvre.
En 2017, le Prix Gilles-Corbeil lui est décerné pour l'ensemble de son oeuvre.
Une génération complète du Québec est représentée à travers un personnage qui a évolué, et c’est beau de voir à quel point des sujets comme la violence, les relations ou la confinement des femmes à la maison, sont si bien représentés.
J'ai beaucoup aimé le concept choisi pour cette pièce. Le personnage principal est vraiment attachant dans toutes les sphères de sa vie. J'ai trouvé l'apport de Madeleine assez insignifiant, cependant. J'aurais aimé en savoir davantage sur Albertine. Elle me fascine.
Ce qui est intéressant, c’est si vous avez lu d’autres oeuvres de Tremblay, on y voit le développement final de plusieurs personnages et c’est un effet « rentre dedans. »
Je me suis senti concerné par moment et certains dialogues viennent chercher profondément.
Comme toujours Michel Tremblay sait mettre en scène des personnages vrais et poignants tout en étant le porte-parole d’une époque. Cette pièce ne fait pas exception et, à toute cette authenticité, s’ajoute le remarquable jeu de temporalité qui met en scène le même personnage à cinq époques de sa vie: absolument brillant.
C'était quand même intéressant de voir la différence entre les cinq Albertine, mais j'ai trouvé qu'il manquait un petit quelque chose, je ne sais pas tout à fait quoi. J'imagine que le fait de voir la pièce en vrai apporterait ce truc qui manque? 🤷🏼♀️ (Et probablement que la pièce me ferait pleurer si je la voyais sur scène)
For Tremblay, this was disappointing. The concept was perceptive and brilliant — very Tremblay. But for me the execution was just ok. I didn’t get tons of insight from the dialogue between the different Albertines — I was looking for more on that, from a Tremblay.
J'ai beaucoup aimé cette pièce de théâtre qui permet de comprendre et découvrir Albertine sur un angle différent. Je suis une fan de la saga des chroniques du Plateau Mont-Royal de Michel Tremblay.
Je devais lire ce livre pour littérature. C’était correct mais étant donné que c’était une pièce de théâtre en roman c’était parfois mélangeant et pas super intéressant :((
Profondes réflexions d'une femme entre deux ères au Québec. Un livre poignant, décrivant la réalité non parlée de l'existence féminine de cette époque. Albertine se dévoile en 5 temps, c'est à dire en 5 âges différents afin de nous faire voir les différentes facettes et émotions de son existence. Elle nous partage tout, et Michel Tremblay sait transmettre de manière impéccable les émotions qu'il souhaite nous faire vivre à travers son personnage d'Albertine!
Résumé : cinq versions d'une même personne (Albertine 30 ans, 40 ans, 50 ans, 60 ans et 70 ans) discutent avec une version qui n'a pas d'âge des sa soeur (Madelaine).
Malgré la bonne idée de départ, le format "pièce de théâtre" ne permet pas à l'auteur d'explorer suffisamment chacune des versions d'Albertine. Ainsi, chaque version d'Albertine manque un peu de nuance (j'imagine dans le but de contraster avec les 4 autres). Un roman aurait permis le développement de personnages moins monomaniaques.
The easiest way to describe Albertine, in Five Times might be to call it the French-Canadian equivalent of Three Tall Women. Like Edward Albee's award-winning play, Albertine is a character study of a woman born in the early 20th century, in which multiple actresses play the protagonist at various ages of her life. The five Albertines (plus a sixth actress who plays Albertine's sister, Madeleine) converse with one another across space and time. They argue and accuse and debate the best attitude to take toward life and its hardships. Should you act with rage or with resignation? Blot out the past or confront it?
Although written by a man, Albertine is a fiercely feminist play, full of anger at the limited options that the patriarchal society of mid-century Québec afforded to women. I was also intrigued to learn that Michel Tremblay has written many other plays and novels about Albertine and her extended family, and that they are based on his own relatives. (Does this mean that Tremblay is the French-Canadian August Wilson, rather than its Edward Albee? Tremblay's series is called "Traversée du Siècle" -- Crossing the Century -- while Wilson's plays are the "Century Cycle"...)
In the circles I run in, there are a lot of conversations going on lately about women in theater, feminist-themed plays, the lack of good roles for women in general and for middle-aged or elderly women in particular, etc. Albertine, in Five Times features six powerful roles for women between the ages of 30 and 70, and as such, I think it deserves to be better-known outside of Canada. 40-year-old Albertine is bitter and exasperated; 50-year-old Albertine has turned her back on the past and is determined to make the best of things; 60-year-old Albertine, her past having caught up with her, has started popping pills. Even the 30-year-old Albertine is no ingenue; she's a war widow with an 11-year-old daughter. Each of the five Albertines represents a specific age and a specific point of view. But together, they show us the complexity of this woman's life.
2020-12-28: Après avoir finalement terminé les Chroniques du Plateau Mont-Royal avec Un objet de beauté, j'ai eu le goût de revenir à cette pièce pour voir ce qui arrivait à Albertine et les autres. Pis y'a des incohérences! Franchement, Michel! ;) Mais si je ferme les yeux dessus, ça apporte vraiment une dimension supplémentaire à Albertine. Il y a tellement de tristesse dans toutes ses vies... la présence d'Albertine à 70 ans est comme un baume, tout comme l'impression qu'elles pourraient toutes les cinq décider de diverger à un moment et s'en aller dans un univers parallèle où ça irait mieux.
2013-01-20: Wow. Très réussi. C'est fascinant de voir l'évolution et le dialogue entre les cinq Albertine (et Madeleine). Vraiment un tour de maître.
(Une note: pour mon projet de lire tous les livres de Michel Tremblay autour de la famille de Rhéauna et Gabriel, je pensais que je serais bonne pour lire cette pièce en "cinq temps" carrément, lisant chaque bout de la vie d'Albertine au bon moment de la série, mais ça marche pas pantoute, de la façon que c'est écrit! Alors la pièce m'a vendu plein de punchs, mais je devrais survivre. Je vais peut-être la relire quand j'arriverai en 1985, à Albertine à 70 ans...)