Alors que l'affaire Dreyfus bat son plein, César Ritz est sur le point d'ouvrir les portes de son nouveau palace parisien, dont les cuisines ont été confiées au grand chef Auguste Escoffier. Quel n'est donc pas le choc ressenti lorsque, à quelques jours de l'inauguration, le cadavre d'une jeune femme est retrouvé pendu dans une chambre froide du Ritz. Pour ne pas ébruiter l'affaire, l'enquête est confiée au filleul d'Auguste Escoffier, Quentin Savoisy, jeune journaliste gastronomique au Pot-au-Feu. Épaulé par sa fiancée aristocrate et féministe de la première heure, Quentin est loin d'imaginer qui se cache derrière ce terrible meurtre. En exclusivité au Livre de Poche, Michèle Barrière, la reine du polar "historico-gastronomique", signe ici une nouvelle intrigue captivante de la saga Savoisy, où la grande Histoire se mêle avec brio aux mets les plus fins de l'hôtellerie de luxe. Tous les livres de Michèle Barrière sont au Livre de Poche.
plutôt 3.5/5 - très bonne lecture estivale – de plus comme tous les polars gastronomiques de Michèle Barrière, le roman est suivi d’un petit livre de recettes, où l’auteure partage quelques recettes les plus « simples » d’Auguste Escoffier – car qui de nous possède une cuisine et une batterie de cuisine suffisamment grandes pour mettre en application de tels délices. Comme toujours, le roman mêle personnages historiques réels aux personnages de fiction.
J’avoue ne pas beaucoup avoir apprécié la jeune Diane, égocentrée, se disant féministe mais n’ayant pas de respect pour leur petite bonne – non seulement elle laisse tout traîner, mais de plus elle estime que c’est à Nénette à s’occuper de son chien. Qui est une vraie calamité, même s’il est doué pour découvrir la poudre composant une bombe. Ce n’est pas la première fois d’ailleurs qu’un polar historique aborde la question d’une patronne qui se veut féministe mais qui maintient quand même son personnel féminin dans un certain manque de respect.
L’auteure décrit joliment les toilettes des dames et les décors composant le nouvel hôtel Ritz, livre quelques intéressantes anecdotes sur les anarchistes et végétariens, les féministes et les adeptes de l’amour libre, le Paris des artistes et Montmartre. Comme je l’ai dit, une agréable lecture de vacances.
Mlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Meurtre au Ritz? "Je me baladais sur le stand du Livre de Poche avec mes copinautes pour le Salon du Livre (raaa, les bons souvenirs), et Michèle Barrière était présente pour une dédicace. C'est elle qui nous a présenté ses livres et tellement bien je dois dire, que nous en avons pris un chacune, Miss Léo, Titine, Eliza et moi-même."
Dites-nous en un peu plus sur son histoire... "Le Ritz prépare son ouverture et Quentin Savoisy, filleul du grand chef Auguste Escoffier, rend visite à son parrain dans les cuisines du palace, lorsqu'ils trouvent le cadavre d'une jeune fille pendu dans l'une des chambres froides..."
Mais que s'est-il exactement passé entre vous? "J'ai beaucoup aimé le contexte historique. Ce sont des temps très troublés, l'histoire s'articule autour des anarchistes, de l'affaire Dreyfus et de l'antisémitisme montant. Tout cela est parfaitement dépeint par l'auteur avec de nombreuses anecdotes ancrant le récit dans la réalité. En revanche, c'est un peu au détriment de l'histoire et c'est de ce côté-là que j'ai éprouvé quelques petites déceptions. D'abord, la plongée dans l'univers du Ritz qui m'avait attirée est en fait très superficielle. Il y a des touches d'humour qui allègent le récit mais aussi quelques incohérences. Et surtout, aucun des personnages du roman n'est attachant, et surtout pas le "héros". Il a beau reconnaître lui-même sa lâcheté et sa fainéantise, cela ne nous le fait pas apprécier plus, ni lui, ni sa fiancée entêtée, ni le policier qui joue les imbéciles, ni même Ritz ou Escoffier. Le chien et la bonne sont peut-être les plus sympathiques, c'est un peu court tout de même."
Et comment cela s'est-il fini? "Les deux derniers chapitres qui accélèrent enfin l'action sont bien plus intéressants même si finalement tout cela n'aura pas servi à grand chose. Enfin, dernière petite déception avant de refermer le livre: l'auteur nous avait beaucoup vanté le côté culinaire, précisant que les recettes des plats évoqués se retrouvaient dans les dernières pages. Effectivement, de merveilleux plats nous sont décrits et nous font saliver tout au long du récit et je me demandais à chaque fois lequel de ses mets succulents je pourrai tester dans ma cuisine! Alors quelle déception ce fut de découvrir que les fameuses recettes ne me proposaient rien de plus élaborer que l'aïoli, la crème pâtissière ou encore la pêche melba..."