"Khady enjamba les corps de ses belles-sœurs étendues sur un second matelas, et bien qu’elle ne souhaitât pas entendre leurs voix railleuses et dures ni voir briller dans l’aube grisâtre leurs yeux sans pitié, que les deux femmes fissent semblant de dormir à l’instant où elle s’en allait vers l’inconnu lui apparut comme un message fatal. Était-ce parce qu’elles étaient certaines de ne jamais revoir Khady qu’elles préféraient s’éviter la peine de la saluer, de lui lancer un coup d’œil, de lever la main vers elle et de tourner de son côté une paume angélique et brave ?"
Dans ce récit – magistral dernier tableau de Trois femmes puissantes, prix Goncourt en 2009 –, Marie NDiaye déplie, de sa plume ciselée, le destin tragique de Khady Demba, jeune veuve contrainte à fuir son pays, le Sénégal, pour rejoindre les rives européennes.
Marie NDiaye was born in Pithiviers, France, in 1967; spent her childhood with her French mother (her father was Senegalese); and studied linguistics at the Sorbonne. She started writing when she was twelve or thirteen years old and was only eighteen when her first work was published. In 2001 she was awarded the prestigious Prix Femina literary prize for her novel Rosie Carpe, and in 2009, she won the Prix Goncourt for Three Strong Women.
Tw : V déjà pour commencer. j’avais pris ce livre parce qu’il coûtait trois euros et que l’héroïne de l’histoire s’appelait Khady comme moi mais je m’attendais pas du tout à cette lecture. Une lecture très dure, un livre qui a été difficile à finir pour moi, mais une véritable révélation sur la puissance des autres africaines. On suit ici l’aventure de Khady qui a envie de changer de vie en immigrant vers l’Occident.
la nouvelle ne traite pas d'un sujet facile, loin de là. avoisinant les 110 pages, elle nous plonge dans l'humiliation de khady à partir du moment où son mari décède. c'est une lecture poignante et coup de poing pour laquelle j'ai du mal à mettre une note très haute. car le style de l'auteure me perd. il me perd souvent. c'est une littérature très lettrée que m'empêche de ressentir parfois la gravité de la situation tant les phrases sont compliqués. et je trouve ça un peu dommage. le style d'écriture me rend khady intangible. comme si elle n'était qu'une invention pure de l'esprit de son auteure pour choquer le lectorat alors qu'il me semble évident que des femmes vivent ces traumatismes. ça reste une lecture que je conseille si vous vous sentez de lire un texte très lettré.
l'histoire en elle meme est super mais j'ai vraiment du mal avec les phrases de 7 lignes et la psychologie du personnage, sa maniere hyper détaché de ressentir les choses
NDiaye has some of the most melodic, beautiful French in modern publishing. This story is structured like a fairytale. But it's a tale of abuse, exploitation, and pain. Of Death. A Cinderella nightmare, almost. Difficult for me to read in terms of the subject, so I don't want to talk about it extensively. Definitely should have a TW, with the way the industry is now. My main issue here is the fact that NDiaye herself was raised in France and had little to no experience with women living in Khady's conditions. I don't think it was her place, to write this, because sometimes it felt like she wasn't showing just how traumatic the experience was.
L'histoire elle-même est très intéressante et profonde. Le sujet n'est pas facile à aborder, en commençant par la mort de son mari, son départ vers l'inconnu et la fin... Mais je trouve le style d'écriture difficile à suivre. Je ne suis pas francophone, ce qui complique peut-être les choses, mais comme d'autres l'ont fait remarquer, c'est très poétique et difficile à suivre (avec l'utilisation de métaphores et d'autres styles littéraires).
Il a été recommandé comme un livre de niveau B1, mais il est définitivement plus élevé que ce niveau.
Attention, scènes difficiles et TW: V. Si l'on devait faire un parallèle entre l'histoire de Khady et une référence occidentale, ce serait le conte de Cendrillon, bien que plus tragique. On rentre vraiment dans l'esprit de Khady et sa manière de comprendre son monde. Si les phrases peuvent sembler confuses par moment, c'est dû à l'état d'esprit de Khady, que Marie Ndiaye a si bien su traduire. C'était une lecture difficile mais qui porte sur des thèmes encore (trop) proches de notre réalité de ouest-africains.
Bon… je ne sais que dire, l’histoire de Khady, une fois veuve se fait monter la porte par sa belle famille car de son union il y a pas eu d’enfants! De là commence sa descente à l’humiliation! Une histoire qui se veut courte! Où la moralité de l’humain n’a pas de fond. Une histoire que je pourrais mieux apprécier par son prequel du titre de 3 Femmes Puissante …
Si émouvant... Une femme qui a toujours regardé la vie avec philosophie et qui a su séparer la douleur et les atrocités subies par son corps de la tranquillité de son esprit. Son courage se traduit par sa dignité et son moi inébranlable.
Un livre qui permet à chaque occidentale de mesurer sa chance… mais quelle lecture difficile. J’ai refermé le livre avec des palpitations d’effroi. J’ai trouvé vraiment incroyable la capacité de l’autrice à nous permettre de comprendre le fonctionnement mental de l’héroïne, sa façon d’appréhender le monde … si éloignés du notre.
« Elle marchait d'un coin à l'autre de la cour en boitillant et s'efforçait de s'habituer et de dresser son corps à cette entrave afin que cette nouvelle situation, le pas ralenti et la douleur continue, devînt une part d'elle-même qu'elle pourrait oublier ou négliger, reléguée parmi les circonstances, comme les histoires pénibles du passé de Lamine, qui, ne pouvant servir, risquaient seulement de freiner ou de dévier le développement encore jeune, incertain de ses pensées en y insinuant des éléments de trouble, d'incontrôlable souffrance.»