J'ai menti, je n'ai pas fini ce livre. Normalement lire est un plaisir, même si parfois c'est limité, là j'ai vécu un véritable calvaire littéraire, et j'ai du arrêter au bout de 140 et quelques pages. Contrairement aux avis que j'ai pu lire ça et là, je n'ai pas été horrifiée par les détails sur les horreurs subies par la fille du personnage principal (Fritzl pour ceux qui ne sauraient pas), quoique remarquez, n'ayant pas été jusqu'au bout, si ça se trouve j'ai "raté" tous les trucs glauques malsains. Je suis habituée aux récits de faits divers et aux romans d'épouvante, donc bon.
Non, si j'ai arrêté le livre c'est pour d'autres raisons. Tout d'abord la structure du livre est très complexe : chaque personnage au début est le narrateur, à des temps différents, avec des styles différents et puis bizarrement à un moment cela redevient classique et cela tourne au tour du procès de Fritzl sans aucun mélange. D'ailleurs les lecteurs qui eux sont allés jusqu'au bout me diront peut être si les changements de style sont dus au changement de narrateur, ou si ça n'est vraiment pas prémédité ? C'est très pompeux par moments, surfait et vraiment pour faire des bons mots, et ensuite le style devient plus épuré et simple. Bref ça m'a déroutée, je suis peut être trop classique.
Ensuite, personnellement, je n'en pouvais plus de lire toutes les 5 pages que l'Autriche est un pays de dégénérés où les femmes se font violer, séquestrer et battre en permanence. C'est peut être de l'ironie, mais franchement c'est gonflant d'insister comme cela, tout le temps. Et puis ça n'avance pas, on se demande sincèrement où l'auteur veut en venir et pourquoi, et au final j'ai laissé tomber parce que je me foutais complètement de l'histoire et du sort des victimes. Je n'ai pas vraiment senti qu'il y avait des victimes d'ailleurs dans le rendu de cette histoire vraie, le ton n'est jamais empathique (sans verser dans le larmoyant ou le pathos, ça peut se faire), il est toujours détaché, cynique, et du point de vue des types qui méprisent les autres.
Peut être que ce livre vaut le coup d'être lu APRES, mais franchement je ne le saurai jamais, et je n'ai vraiment pas envie de continuer à éprouver du déplaisir pour éventuellement connaître une issue un tant soit peu intéressante.