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Portraits de femmes

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S'il faut recommander Portraits de femmes à une catégorie de lecteurs, ce sera aux jeunes hommes. Car ce livre est aussi un guide pratique de l'amour, de son usage, de ses raisonnables folies, de ses dangers, de ses bonheurs. Tous les conseils de Philippe Sollers. L'amour ou la liberté? Non, l'amour et la liberté. Qu'est-ce qu'une femme moderne? Une femme idéale? Jusqu'à quel pourcentage accepter les défauts de l'autre? Qu'est-ce que la VVB, vésicule vaginale biliaire? Comment devenir, jolie ruse, l'enfant de sa femme? Le fils de Philippe Sollers a tout compris. Un jour, il a dit à son père : "Tu es un célibataire heureux." C'est parfait. (Bernard Pivot)

155 pages, Paperback

First published January 1, 2013

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About the author

Philippe Sollers

160 books78 followers
Philippe Sollers (born Philippe Joyaux) is a French writer and critic. In 1960 he founded the avant garde journal Tel Quel (along with the writer and art critic Marcelin Pleynet), published by Seuil, which ran until 1982. In 1982 Sollers then created the journal L'Infini published by Denoel which was later published under the same title by Gallimard for whom Sollers also directs the series.

Sollers was at the heart of the intense period of intellectual unrest in the Paris of the 1960s and 1970s. Among others, he was a friend of Jacques Lacan, Louis Althusser and Roland Barthes. These three characters are described in his novel, Femmes (1983) alongside a number of other figures of the French intellectual movement before and after May 1968. From A Strange Solitude, The Park and Event, through "Logiques", Lois and Paradis, down to Watteau in Venice, Une vie divine and "La Guerre du goût", the writings of Sollers have often provided contestation, provocation and challenging.

In his book Writer Sollers, Roland Barthes discusses the work of Phillippe Sollers and the meaning of language.

Sollers married Julia Kristeva in 1967.

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Displaying 1 - 3 of 3 reviews
Profile Image for maéva :)).
10 reviews5 followers
August 11, 2021
malgré le style d’écriture sympathique, je n’ai apprécié ni la conversation, ni le concept de se définir selon les femmes que l’on a connues. cela ne m’a pas donné envie de lire quoi que ce soit de plus de sa part car cette sorte d’autobiographie, fut la première chose que j’ai lu de lui. de plus je n’ai pas apprécié le ton misogyne général.
Profile Image for Jean-charles.
39 reviews
July 31, 2013
Comment être un homme ? On dit Sollers spécialiste du XVIIIème siècle et fin connaisseur des rapports hommes-femmes, depuis Femmes en 1983, lequel est aussi un roman à clés, donc à décryptage pipole. Pour Drame (1965), il avait suivi la voie de la réduction phénoménologique et bouleversé les codes narratifs avec une structure en 64 sections dérivée du Yi-king. Les critiques montrent bien qu'il mettait à nu l'addiction aux structures narratives classiques et au sujet, c'est bien le drame.

Je veux juger sur pièces et le prendre au mot, d'autant que je n'aime pas parler des livres que je n'ai pas lus. Son Portraits de femmes est un vademecum illustré pour l'homme, sur le "long chemin dangereux qui, le plus souvent, ne mène nulle part" (p. 11). « On ne naît pas homme, on le devient, la plupart du temps à ses dépens. », p. 11, mais « L'amour est médecin … des femmes médecins vous aideront. », p. 14.

Or Sollers va plus loin que la simple dissipation des troubles engendrés par la société, puisque p. 63, son mode d'emploi de la vie masculine prend des accents mystiques : "Dans l'amour, quoiqu'il arrive, même aux confins de l'horreur ou de la démence, vous touchez du doigt la défaite de la mort." Il nous avertit cependant, "Un homme, disent les Chinois, ne laisse pas plus de trace dans une femme qu'un oiseau dans le ciel." C'est joli, mais comme p. 53, Sollers porte une veste Mao, ce chantre du matérialisme, il ne peut ignorer qu'il reste bien des effets tangibles.

Je reviendrai en conclusion sur cette matérialité des traces que laisse l'homme dans la femme. En attendant, restons au ciel. Sollers regarde les émissions bouddhistes du dimanche matin, mais il ne mange pas de ce pain là. La religion est « un opium de mauvaise qualité », p. 12. Il préfère La Fontaine, « Tenez-vous lieu de tout, tenez pour rien le reste», un rien solipsiste, et Voltaire, « Le paradis terrestre est où je suis », très yogique à la Tolstoï par anticipation, p. 66.

Il faudra trouver la voie hors des institutions, puisque dès le premier chapitre le programme mortel de la société est rejeté, "c'est fou ce que le mot 'homme' engendre comme bruits de valeurs." Où donc chercher ? Sollers relève p. 89 que Modiano, Le Clezio, Quignard ne parlent pas de leurs expériences sexuelles, alors que pour lui "... /... sur les changements de rapports entre les sexes [c]e n'est pas au journalisme de répondre, ni à la sociologie, ni à la décomposition philosophique, mais bien au roman. Le roman interroge ce que personne ne veut savoir concrètement.", p. 72. Donnera-t-il suite à ce programme, interrogera-t-il romanesquement ?

« Chez [Quignard] …/... une triste figure apparaît dans toutes les pages, celle de la raide Isabelle Huppert. Il s'est sûrement passé quelque chose de terrible dans ce pays, mais quoi? », p. 89. La pipolisation auto-fictionnelle du roman serait-elle la voie ? J'en doute, je doute qu'il n'y en ait qu'une, je me méfie de ceux qui ont trouvé la voie unique et le sens unique. Pour l'instant, si Sollers préconise le roman, Portraits de femmes n'en est pas un pour autant, et certainement il est situable aux antipodes du roman autobiographique de masse à la Annie Ernaux, tant il est individualisé. On pourrait en discuter. La question reste : peut-on vraiment pister le Zeitgeist, ce fantôme (Geist) fantasmé ?

La couverture du produit littéraire Portraits de femmes n'indique pas « roman », non plus. J'ai beaucoup aimé "Hygiène de l'assassin" d'Amélie Nothomb, un roman que Sollers a refusé en 1992, je ne crois pas que ce soit hors-sujet de dire qu'elle y explorait les rapports dont il est ici question et leur représentation littéraire sous la forme de l'auto-mise en scène.

J'ai noté que Sollers donne l'exemple de ce qu'il faut faire en peignant ses amours "nécessaires" avec Eugenia San Miguel, Dominique Rolin et Julia Kristeva, et « contingentes » (le concept est de Sartre, p. 45). Ce panoramique a pour toile de fond Venise ou d'autres cités reliquaires, ainsi que des valeurs culturelles sûres : Proust, Saint-Simon, Mozart, Bach, Balzac, Sade, Laclos, Cléopâtre et Antoine via Shakespeare, Baudelaire ("on ne fera pas mieux") et, pour le frisson, des femmes remarquables décapitées place de la Concorde, « Liberté, que de crimes on commet en ton nom! », p. 154.

Le portrait de la « femme-miracle » (p. 117), Sollers nous le livre sous la forme de l'essai, et non pas comme un personnage de roman, cela n'est pas douteux. A quoi ressemble-t-elle? Elle est une artiste de la vie, une anti-bimbo. "Une artiste de la vie ne perd pas de temps, identifie au premier coup d’œil les contraintes qu'on veut lui faire endosser, gagne sa vie, n'a pas peur des compromis, sait que les meilleurs arrangements sont les plus commodes. Elle suit son cap "à la chinoise". Elle est douée pour l'amour, mais aussi pour l'amitié. Même si elle est mariée, c'est une célibataire exigeante. Elle est drôle, sensible, discrète, elle sait voyager et juger. On se rencontre, on se reconnaît.", p. 115-116. Selon l'auteur d'ailleurs, on l'aurait brûlée au Moyen Âge, serait-ce toujours risqué ?

Julia Kristeva montre la direction de la Chine. Je relève cette remarque : "Il y a un drôle de type là-bas, Mao, qui vient de mettre en scène une baignade ahurissante, suivi de milliers de drapeaux rouges dans le Yangtsé. Un grand criminel ? Sans doute, sans doute ..." p. 59.

Un peu comme un livre flottant à lire dans la baignoire pour apprendre à marcher sur l'eau, Portraits de femmes est un bréviaire insubmersible pour l'ego transcendental jeté dans un corps. C'est un radeau retournable vers l'autre rive du fleuve Amour, où le naufragé volontaire touchera de son corps la défaite de la mort. Sollers conseille au jeune homme de commencer très tôt et dans toutes les directions ses explorations tactiles, en recourant abondamment à la masturbation et au bordel. On comprend que son jugement esthétique s'en ressente : "L'Amant de Lady Chatterley, cette mièvrerie naturaliste", p. 76. L'apprenti mâle est prévenu : "La précocité a ses avantages, mais aussi ses inconvénients. Le débutant essaie quelques filles bourgeoises de son âge, mais elles ne savent rien faire, sauf de la mauvaise littérature sentimentale sur fond de trucage social, mariage et enfants futurs.", p. 86.

Tout cela est légèrement agréable, les nombreux caprices restant supportables grâce au ton enjoué de bonne compagnie. Mais de péremptoires coups de pagaie dans l'eau du bain moussant animent une percussion belliqueuse très peu taoïste, très peu suspensive du jugement donc très peu en retrait phénoménologique, avec des relents de café des Grands Voyageurs. Elle me gâte le plaisir :

Les révolutionnaires coupeurs de tête, les Américains (névrosés puritains, à part Philip Roth), les bouddhistes (enfantins, encore), les protestants (raides), les homos (« ils vieillissent tous en fausses femmes », p. 92) et l'air du temps (nous vivons une époque lamentable), autant de tigres de papier éclaboussés des coups de rames du portraitiste Sollers.

"Le bonheur, s'il existe, est tellement rare qu'il est jalousé à mort. Les innocents bouddhistes n'ont pas l'air de s'en rendre compte. Ne les réveillons pas.", p. 80. Par le chien ! Le bonheur est malheureux parce que jalousé, ne serait-ce pas une resucée du « Vivons heureux, vivons cachés » de Florian, que certes les moines pratiquent ? Oui, avec le caveat qu'il faut les cénobites tranquilles. Florian est aussi le père de « Chacun son métier, les vaches seront bien gardées », pour les conseils en bonheur, qui sont les professionnels ?

« Les mots crus sont les meilleurs en français, les mots doux ou les diminutifs ont leur efficacité dans toutes les langues. », p. 98. Palsambleu ! Osons le crier à la face de la terre ! Montjoie !

« L'art officiel a toujours été pompier et soucieux des ventes. En littérature, pareil. Le dernier best-seller américain, croûte épaisse, le prouve. », p. 80 aussi. Morbleu l'ami ! Le dernier best-seller made in USA serait de l'art officiel ? Je n'étais pas dans la confidence. Aurait-il été financé par la CIA comme Pollock et autres ?

Avis de tempête dans la boîte crânienne, sortons la calculette : « Jusqu'où accepter les défauts de l'autre? Disons 30%. Au-delà de ce pourcentage, des questions se posent, et mieux vaut ne pas arriver à 40%, car à ce moment-là, même les meilleurs qualités faiblissent. J'accepte de mon côté, d'avoir 30% de défauts, j'essaye de ne pas dépasser ce coefficient, sauf si j'ai décidé de me rendre insupportable. », p. 118.

Diantre ! J'en perds mes mots crus. Les bras m'en tombent à force de ramer avec Philippe Sollers dans ma baignoire, et sans bras comment toucher la victoire métaphorique du doigt ? Je reconnais que je suis un cancre, j'ignore mon pourcentage de défauts et comment le faire accepter. C'est quelque chose que l'on sent bien sûr, alors en tant que mâle, je suis cuit. Je préparerai en conséquence le rasoir pour éradiquer mon poil occipital et vivre caché parmi les ermites de groupe.

Quelques nuances apparaissent parfois, j'aurais aimé l'équivalent du cercle qu'aurait tracé un doigt mystique sur le sable que foula la femme adultère. Ce contrepoint-ci me laisse sur ma faim d'éternité : "Les prostituées. au moins, ne font pas semblant de jouir, elles sont honnêtes et même scrupuleuses. Parfois cependant ... ", p. 87. Je trouve aussi cette annonce déroutante : "Le Diable a ses ressources : on l'a vu à l’œuvre, depuis des millénaires, dans l'exploitation des femmes, à travers le mariage subi, les sabbats nocturnes, la maladie romantique, la folie des hommes. Des religieuses au voile et à la burqa, du harcèlement au viol, en passant par l'idéalisation poétique ou mystique, on aura tout vu, et c'est peut-être loin d'être fini." p. 109. Le Diable comme facteur d'explication de l'oppression machiste et patriarcale, même dans un roman, qui oserait ?

Je jette l'éponge dans la baignoire endiablée et je vais me sécher, recalé. D'autant qu'il n'y a pas que le Diable qui se mêle de nos histoires de Q. Sollers dénonce aussi une cabale dont le grand Inquisiteur serait Maurice Blanchot avec son Arrêt de mort et l'une des saintes locales Marguerite Duras, à La Maladie de la mort, dont il déteste la voix (p. 96). Cinq pages assez fumeuses sont consacrées à cette agitation intello-Frenchy de l'eau boueuse du Yang-Tsé (p. 125-129). Je ne dirais pas que ça me trouble. Les éditeurs américains ne prennent pas de ce genre de marchandise-là, sa "littérature étant too French, et absolument censurée par l'université puritaine américaine". Sollers s'en plaint, p. 60. Là-bas, il est Monsieur Kristeva.

Que faire ? De mon casque d'explorateur je fabrique un tamis pour retrouver la pépite avant de hisser une page blanche, tel un pavillon de capitulation dont on fera mon bonnet d'âne. Comme j'ai un faible pour l'humour, j'ai choisi de me souvenir en particulier de ce passage :

"J'ai eu de la chance : pas de ressentiment ou d'esprit de vengeance entre les femmes et moi. Des folles à distance, oui mais pas de "laides et acariâtres" proches. Il faut dire que je suis un explorateur méconnu : je n'ai pas fait le tour du monde, mais j'ai identifié très tôt, afin de le neutraliser, un organe microscopique, très difficile à localiser, source de toutes les manifestations atrabilaires, situé chez les femmes de façon presque invisible, mais ayant un grand effet d'usure toxique dans la vie des hommes. J'ai nommé le cœur de la rancœur, la VVB, la Vésicule Vaginale Biliaire. Ma découverte va beaucoup plus loin que celle de l'hystérie devenue globale et banale. Ce pas sur la lune, de façon très injuste, ne m'a pas valu encore le Nobel." p. 105-106.

Pour aller plus loin, Sollers nous recommande aussi des lectures : Rendez-vous de Christine Angot et Un Homme dans la poche d'Aurélie Philipetti (p. 112), ainsi que La Vie sexuelle de Catherine M. de Catherine Millet, p. 132.

Concernant les traces que les hommes laissent aux femmes, la conclusion ira au fils de Sollers, David : "Papa est comme Dieu, il existe, mais on ne le voit pas.", p. 114.

Conséquent est un adjectif qui va bien avec le mot homme : un homme conséquent. A l'inverse l'inconséquence sent le fruit vert. Alors j'irai chercher ailleurs le dernier mot, il ira à un Chinois, cité par Philippe Sollers dans Devenir chinois : "Finissons par cette nouvelle traduction des extraordinaires Écrits de Maître Wen. Livre de la pénétration du mystère (1) :

« L'homme du Tao est vacuité, équanimité, limpidité, souplesse, simplicité. La vacuité est sa demeure, l'équanimité sa nature, la limpidité son miroir, la souplesse son agir, le retour sa constante. Chez lui, la souplesse est dure, la faiblesse forte, la simplicité pilier. »"

http://www.philippesollers.net/deveni...

(1) Texte traduit et annoté par Jean Levi, « Bibliothèque chinoise », Les Belles Lettres, 2012.
Profile Image for tomasawyer.
754 reviews6 followers
January 25, 2017
Jolie plume, pleine d'érudition littéraire. C'pas un roman, ni un essai, juste un agréable bavardage sur les femmes sa vie et les ennuyeuses querelles du milieu littéraire. Sympa sans plus. D'Ormesson aurait fait plus long dans le genre.
Displaying 1 - 3 of 3 reviews

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