Son prisme catholique biaise complètement le propos de l'autrice, hermétique aux citations qu'elle prétend expliquer (elle prend Spinoza pour un déiste), souffrant d'un ethnocentrisme flagrant (sa compréhension de la citation de Locke sur le travail - "Le travail [est] indiscutablement la propriété de celui qui travaille" - méconnaît les études sur la majorité des indigènes non-occidentaux quand elle affirme que "supprimer la propriété de l'individu reviendrait aussi à priver l'individu d'une part de ce qui fait sa singularité et son humanité aussi". Nous l'inviterons à lire "Âge de pierre, âge d'abondance", de Marshall Sahlins, avant de qualifier en creux celles et ceux qui ne sont pas aliénés par le travail et la propriété.
On regrettera la surreprésentation de Dieu et de la religion (loin d'être une évidence dans un livre intitulé sobrement "Les 100 citations de la philosophie") et des "analyses" qui tiennent ouvertement de la plaisanterie, comme si elles allégeaient un ouvrage qui se voudrait sérieux (la remarque sur l'amour impossible, qui invite à "recourir à des bains chauds, ou à de vieilles femmes qui dénigreront inlassablement l'élu de son coeur" se voulait spirituelle ? elle est gênante).