Dès 1965, avant le mouvement de « retour à la terre » des années 1970, Claudie et Francis Hunzinger, citadins tous les deux, choisissent de s'installer dans une bergerie des Vosges avec un troupeau de moutons. Ils s'orientent vite, non pas vers la vente des agneaux, mais vers le travail de la laine. Les saisons passent alors à teindre les toisons des brebis avec les plantes qui les entourent, puis à tisser tapis, coussins, gilets, objets-poèmes loin de tout savoir-faire artisanal. Bambois, la vie verte, publié en 1973, décrit un quotidien tout à la fois dur et insouciant qui fait écho aux aspirations de l'époque et rencontre rapidement un large lectorat. Lire Bambois aujourd'hui, premier récit d'une oeuvre prenant pour thèmes la forêt, la relation aux lieux et aux animaux, c'est revenir aux sources de l'inspiration de Claudie Hunzinger. Épuisé depuis de nombreuses années, ce titre est le premier d'une toute nouvelle collection, Radeau, qui propose notamment de faire découvrir des expériences de vie bricolées en marge de la société de consommation.
C'est un livre écrit comme un journal ; tantôt par l'un, tantôt par l'autre, un jeune couple qui souhaite changer de vie et s'installe en 1965 dans une petite maison dans les Vosges pour élever des moutons. Ils nous racontent leur vie quotidienne, leur envie de simplicité, leurs difficultés. Mélu garde quelques années son activité à l'extérieur ; elle est professeure de dessins à l'école de Colmar, Pagel s'occupe des moutons, puis ils vont commencer ensemble à tisser et vendre leur production dans des expositions.
Un souffle d'air pur, un rappel des années 70 ! qui incite encore à vivre différemment.
J'ai ressenti un vide gênant par rapport aux enfants, Chloé et Robin ne sont qu'évoqués, ils ne semblent pas présents dans leur vie de tous les jours.
Je déclare officiellement vouer un grand amour à l'écriture et aux récits de Claudie Hunzinger ...
Ce retour à la terre que nous raconte Mélu, le personnage de l'auteure, il est emprunt d'une beauté que traduit l’œil de celle qui est capable de contempler la vie qui l'environne et de la vivre en même temps.
Ce livre marque, laisse une impression. Je mentirais si je disais que j'avais lu chaque mot, que je les inscrit en moi, mais à travers la plume (et la vie) de Claudie et de Pagel, on partage avec eux cette sensation d'asile, de refuge dans la nature, qui change au gré des saisons. Ce cocon qui peut se révéler dur et hostile tant le travail y est physique. La nature qui blesse autant qu'elle guérit. Et qui est belle.
C'est un fabuleux témoignage de gens qui se sont reclus alors même qu'on balbutiait écologie et agriculture biologique.
Et finalement, les mots qui me restent sont ceux de Franz, ce jeune de passage, mots intemporels pourtant : "Je vais le faire bien, m'y donner à fond. Seulement je le fais en sachant que ce n'est pas forcément définitif, que je n'y suis pas lié à vie, mais pour un moment de ma vie. C'est un choix momentané que je pourrais remettre en question dès que quelque chose de plus important, de plus urgent m'apparaîtra. En disant ça, ça va, je me sens bien."
Très beau livre fait d'extraits de carnets de l'actrice et de son compagnon sur leur vie dans les montagnes des Vosges avec des brebis, des amis, des enfants, des métiers à tisser. Lu dans l'édition Cambourakis avec aussi quelques belles photos. L'écriture poétique de cette vie dure mais belle m'a beaucoup plu et inspirée.
Magnifique! Touchée en plein coeur à la lecture si belle et simple de la vie que je voudrais mener! Moi aussi j’aspire à rester assise dans l’herbe des heures à regarder une fraise des bois rougir…