D'ordinaire les amis imaginaires s'éteignent de mort naturelle, peu à peu négligés par ceux qui les ont inventés. Pas Boddah. Pendant les vingt-sept années de sa courte vie, Kurt Cobain n'a jamais cessé de s'adresser à son double. Du coup de foudre entre l'icône grunge et Courtney Love à leur mariage à Honolulu au milieu des touristes obèses ; des tournées triomphales aux soirs de doute, Boddah a tout vu et tout entendu. Il tenait tête à Kurt quand il le fallait, osait le critiquer, tentait même de lui faire prendre conscience des réalités ! Dès lors, qui mieux que Boddah pouvait retracer le parcours de cette météorite trash que fut le chanteur de Nirvana, entre musique, héroïne et amour fou ? Mêlant scènes réelles et imaginaires, conversations authentiques et dialogues inventés, Le roman de Boddah s'offre un narrateur omniscient d'un genre nouveau, témoin, confident, bonne et mauvaise conscience, Jiminy Cricket au milieu des guitares cassées.
Coup de cœur pour ce roman atypique et époustouflant.
J'adore NIRVANA, donc cette histoire m'a énormément touchée, même s'il subsiste une part d'imaginaire, de romanesque. Et pour ceux qui n'accroche pas à ce groupe, je pense que ce roman ce n'est pas que cela, c'est aussi une terrible histoire d'amour, de soi, de liberté et de vie.
Entre réalité et imaginaire, nous plongeons au cœur de Nirvana, de sa naissance, de sa vie, et surtout au cœur de Kurt Cobain, personnage charismatique un peu fou, hyper sensible et terriblement attachant.
Nirvana c'est un peu l'explosion de toute une génération, d'un style, d'une musique qui vous transperce, tout autant que son chanteur, à la fois mystérieux, dérangé, avec cette impression de liberté, de faire ce qu'il veut, comme les autres membres. Cependant, sous cette vibration à l'unisson avec la musique, ce cache un être sensible, fragile, toujours à vivoter entre la vie et la mort, la lumière et la noirceur. Cette fulgurante ascension de Nirvana ne va d'ailleurs pas arranger les choses, le propulsant dans un monde où la musique n'est plus reine, où le profit devient roi, le buzz devient prince.
J'ai adoré cette amour avec Courtney Love, un amour au bord des limites, un amour qui surprend et nous révèle de drôle de surprises. Un amour fort, sincère, en osmose. Un amour un peu barge, un amour qui leur ressemble : intense, vrai, sans aucune demi-mesure, trash, grunge et puissant. Cette relation m'a à la fois surprise et serrée le cœur, car je ne m'y attendais pas. Je ne pensais pas que c'était aussi fort, aussi dur et aussi beau.
Avec ce texte, nous rentrons dans l'intime, dans la confession, la confidence. Une intrusion qui nous percute, qui nous chamboule, nous offrant l'illusion, ou pas, de rencontrer un grand enfant qui a quelque peu perdu ses yeux d'innocence. Un grand enfant qui luttera contre son désir le plus cher, qui aimera plus que tout et qui finira par réaliser son plus grand rêve. Retrouver enfin cette liberté, cette légèreté, se libérer d'une souffrance permanente, d'un mal incurable qui lui ravage le ventre.
L’écriture de l'auteur est dure, piquante, intense, empreinte parfois d'une certaine poésie qui vous touche, vous percute. Un tourbillon émotionnel intense vous traverse dès les premières pages, vous transportant dans des sensations excellemment décrites, excellemment imagées. Une écriture pleine de rage et de douceur, tout comme son héro dont Boddah nous confie l'existence.
Boddah, on l'aime et on le déteste à la fois. Petit ange, petit démon, il est le compagnon de route, des songes, toujours fidèle, d'un être hors du commun.
J'ai apprécié aussi découvrir l'origine de certaines chansons, imaginer ce qu'il ressentait pendant qu'il chantait.
En bref, un roman époustouflant mélange de drame, de déchirure. C’est poignant, douloureusement bon, instructif et indéniablement émouvant. Entre vérité et imaginaire, vous en prenez plein les yeux, plein le cœur. Un amour effroyablement intense, une vie pleine de rage, de cri, de petits bonheurs, malgré cette tristesse permanente et cette mort qui appelle sans relâche pour offrir enfin la liberté et l’apaisement. Une plume aussi brute que son héros, aussi piquante que sa vie, aussi bouleversante que ses pensées et aussi douce que son amour.
C'est la première fois que je m'autorise à lire quelque chose en rapport avec Kurt Cobain depuis sa mort. Je n'ai pas lu son journal intime et j'ai un mal fou à ne pas me sentir extrêmement génée quand j'entends sa musique à la radio ou quand je vois quelqu'un porter un T-shirt Nirvana dans la rue. Je crois que c'est un symptome courant qu'on trouve chez les gens qui questionnent inlassablement le monde dans lequel ils ont choisi de vivre. Je suis vraiment trop sensible. Aller au delà de sa zone de confort demande une volonté, un effort que, depuis 1994, j'ai peine à fournir concernant cet homme. Faire ce deuil est long et pénible, même pour moi qui ne le connaissais pas. En 1994, la mort et le deuil étaient mon quotidien depuis 3 ans déjà. Je ne peux m'empêcher de rapprocher sa mort à d'autres expériences très douloureuses de ma vie. Malgré tout, j'ai choisi d'ouvrir cette BD et de la lire parce que c'est ça, aller de l'avant. Malgré toutes les questions d'éthique, malgré cette impression pénible d'envahir l'intime d'autrui j'ai trouvé le courage de tenir bon et j'ai lu. Est-ce que je peux faire une critique du dessin/trait, du scénario, du point de vue de l'auteur comme si je critiquais le dernier Harry Potter illustré ? non. C'est l'histoire à laquelle je m'attends que j'ai lu. Et ç'a été dur. J'ai replongé dans une mélancolie que j'avais choisi d'enterrer pour le bien de ma santé mentale. Tout ce que je pourrais dire de cette BD me semble stupide et superficiel. Lisez-là ou non. Combattez vos démons ou non. Rien ne m'est plus égal.
Kurt Cobain aura décidément inspiré de la littérature assez étrange. J'en suis à mon troisième livre dans cette veine (deux romans français, un italien) et je sais qu'il y en a au moins un autre (français). L'exercice est souvent périlleux. J'aurais aimé apprécier plus que ça celui-ci, mélange de faits biographiques avec citations directes d'autres livres ou d'interviews (et, parfois seulement, un crédit en bas de page de la source que le fan reconnaîtra), de distorsions de faits réels et de pure fantaisie. Pourquoi pas, après tout : c'est un roman, une création. Mais le mélange hybride est à mon avis, peu convaincant. L'idée d'un roman autour de Boddah est bonne, mais aurait pu être bien plus attendrissante dans son traitement. De plus, les trois membres du groupe passent ça et là pour des simplets un peu crétins, des rockers bas du front, dans leur ton et leur propos, ce qu'ils n'étaient assurément pas. C'est un peu irritant. L'auteur a son angle, son parti pris, c'est normal. Ca et là, quelques images sont frappantes, mais dans l'ensemble, "le roman de Boddah" ne m'a pas parlé plus que cela, ça ne "prend" pas. Les considérations musicales hautement subjectives de l'auteur m'ont achevé : Pretenders, ce groupe au premier album à l'impact ô combien crucial, décrit comme un groupe pour les gens qui n'ont pas de goût, en gros, ou "The Man Who Sold the World", ce chef d'oeuvre de David Bowie est qualifié de "chanson ringarde"! J'en passe. Le mieux est de le lire soi-même et se faire sa propre idée.
Un peu plus de 3 ans, je lisais ce livre pour la première fois; en 3 ans, j'ai changé, mais pas mes sentiments envers ce livre. Il reste beau, parfaitement écrit tout en étant sobre. Il me choque et me rend triste. Le mal-être favorise la création. Jusqu'à ce qu'il prenne le dessus.