Après avoir appris le suicide d'une lectrice tourmentée, Chloé Delaume culpabilise et s'interroge sur la réelle portée que peut avoir son oeuvre. Elle revient alors sur sa genèse, son expérience du couple, et notamment celle d'un couple à trois : un homme, deux femmes, un triangle isocèle. Une déconstruction des schémas traditionnels et patriarcaux qui devient quête de l'identité.
Chloé Delaume, de son vrai nom Nathalie Dalain, née à Versailles le 10 mars 1973, est une écrivaine et éditrice française. Elle est également performeuse, musicienne, chanteuse, de manière plus anecdotique. Son œuvre littéraire, pour l'essentiel autobiographique, est centrée sur la pratique de la littérature expérimentale et la problématique de l'autofiction.
Je n’écrirai pas Chloé Delaume à sa place, j’aime trop la lire pour ça. Cela fait longtemps que j’attendais ce livre, ces livres, ses livres, sans en savoir rien. Bien sûr, un ami m’avait conseillé « J’habite dans la télévision », je lui avais rétorqué que moi aussi, et que par conséquent, lire, je n’y arrivais plus. Il a fallu qu’elle/ses mots/ses grimoires se présentent à moi une autre porte, « La Nuit Je Suis Buffy Summers », pour que je m’y engouffre. Mon avis et mon expérience m’appartiennent, ils ne vous diront rien de son œuvre, mais si l’un de ses livres attise votre curiosité, n’attendez pas d’autre porte, d’autres avis, d’autres permissions, foncez.
3,5. J'aurais lu ce livre à sa sortie j'aurais pleuré tellement ça m'aurait parlé. Maintenant je suis un moins touché par tout ça, mais la conclusion c'est peut-être que je devrais lire à leur sortie les livres de cette autrice.
3,5 Première lecture d’un livre de Chloé Delaume. Déroutée par l’écriture, sorte d’ovni de la littérature, inclassable. L’autrice y livre, de manière assez expérimentale, une belle réflexion performative sur la création littéraire.
"Ce qui rend l'attente insoutenable, c'est la nonchalance des aiguilles qui écorchent la peau de qui veut les saisir. L'horloge a le sourire étrange, un couteau japonais a fendu son cadran, le présent soudain échappe et chaque minute se cabre, un temps qui se subit ne peut guère enchanter." (p24)
"C'est juillet, elle étouffe. Moiteur et solitude engluent jusqu'à ses bronches. Elle aimerait en toussant expulser une grenouille, une rainette maculée chagrin couleur mucus. Que ferait-elle du batracien, c'est une nouvelle question. Un baiser pour quoi faire, embrasse-t-on son chagrin, sous la couronne quels maux s'accordent au petit pois dans La Belle et la Bête le miroir ne ment pas. Le crapaud, l’équarrir, puis déguster gros sel. S'intoxiquer pêle-mêle gastrique chakras aura, c'est juillet elle suffoque, l'Épreuve a toujours eu l'haleine du datura." (p23)