Rarement une lecture ne m'aura autant atterrée...
Constance Debré, auto-proclamée bourgeoise désargentée, "loue un deux-pièces dans le sixième". Normal. Se sent légitime à nous faire étalage de ses histoires de cul à coups de phrases courtes, langage cru ascendant vulgaire : "Je suis bourge au cas où y aurait un doute. [...] C'est pour ça que je parle comme ça. Les aristos parlent comme ça. Ils adorent. Moi aussi j'adore". Histoire de s'encanailler un peu, donc.
Ça va Constance, le classisme, on te dérange pas ?
Constance Debré se sent également légitime à nous faire partager sa vision du genre : "C'est ça une femme, c'est une peau très douce, c'est la bêtise, c'est une âme étroite qui n'est pas à la hauteur de la douceur de la peau, ce sont des caresses bâclées, un corps qui ne peut rendre l'hommage qu'on lui rend, un animal qui ne sait rien de l'amour et du désir, qui ne sait rien non plus de la beauté, un être qui n'est jamais grand, un corps bourgeois, un peu sale, qui pleure quand il est méchant. [A]imer une femme, c'était la mépriser en même temps."
Ça va Constance, la misogynie ? Tranquille ?
Surtout, en 2018, Constance Debré se sent tout à fait légitime à écrire ceci : "Un corps de femme c'est fait pour y mettre la main, la bouche, une femme c'est fait pour être baisée. Des seins c'est fait pour être touchés, un cul s'est fait pour venir s'y caler, une chatte pour y plonger la gueule, pour en sentir l'odeur, y glisser la langue, les doigts, en sucer le goût, ce putain de goût si doux. [...] Je comprends ceux qui vont aux putes. Je comprends même les violeurs. Pour la première fois je sens comme une piqûre toute la violence du désir. Du désir pour le corps des femmes."
Ça va Constance, la légitimation du viol ? Pas de problème ?
Un ouvrage salué par la plupart des critiques à sa sortie, ce qui en dit long sur l'état du monde de la critique littéraire en France, et de la France tout court, en 2018. Comme en 2020 d'ailleurs. Y a du taf.