De mai à juillet 2004, dix-sept pédophiles présumés comparaissent aux assises de Saint-Omer. C’est le début de « l’affaire d’Outreau ». Ce sont des monstres violeurs d’enfants, pense-t-on. Florence Aubenas brosse les portraits des individus mêlés au procès. Mensonges ou vérités, coupables ou innocents ? La journaliste nous emmène au plus près de l’enquête pour mieux comprendre comment le procès Outreau a pu dégénérer en une erreur judiciaire majeure, et prend du recul dans une postface inédite.
Après avoir lu L’Inconnu de la poste et surtout après avoir écouté l’émission À voix nue consacrée à Florence Aubenas, j’ai eu envie de lire un autre de ses livres. Mon envie n’avait pas à voir avec son écriture, mais plutôt avec ce qu’elle est et ce qu’elle a accompli, son courage, son engagement, sa volonté et ses convictions. Mon choix s’est porté sur La méprise tout simplement parce que j’étais intrigué par cette affaire d’Outreau. J’étais jeune au moment des faits et j’en avais simplement entendu parler au journal télévisé – tout de même à de nombreuses reprises. Je regardais cette affaire de loin sans trop comprendre comment et pourquoi autant de personnes étaient impliquées, j’ai donc voulu en savoir plus – et j’ai certainement été aussi poussé par un peu de curiosité malsaine. Sur ce dernier point, je n’ai pas été déçu.
Je ne vais pas entrer dans le débat de la véracité des faits qu’elle expose ni dans celui de l’orientation qui viserait à accréditer une thèse ou à prendre une position non neutre. Je sais que ce débat existe, mais je suis un peu étonné car Florence Aubenas a écrit se livre avec le recul de la période pendant laquelle elle a été otage en Irak, elle indique dans la préface qu’elle a complètement réécrit ce livre qui était en cours d’écriture lors de sa capture. J’ai donc chassé ces questionnements de mon esprit et me suis contenté de suivre l’affaire. Contrairement à L’Inconnu de la poste, il n’y a pas de mise en scène, pas d’artifice, le texte ressemble à un compte rendu clinique de l’affaire et c’est à peu près tout. Et elle se suffit à elle même si l’on peut dire. Je ne vais pas en dire beaucoup, mais il y aurait de quoi, entre les faits reprochés aux accusés – je parle de ceux qui seront finalement inculpés – leur comportement vis à vis de la justice et finalement celui de la justice elle-même incarnée par le jeune juge Fabrice Burgaud qui aurait préféré que son nom reste dans l’histoire pour une autre raison. Pour mieux comprendre l’emballement – le mot est faible – il faut remettre ces évènements dans leur contexte car ils sont survenus juste après l’affaire Dutroux qui a mis sur le devant de la scène les actes de pédophilie.
Ambiance glauque à souhait dans le Pas de Calais de l’alcoolisme, du chômage, des allocs et de l’inceste à gogo. Le plus intéressant dans tout ça, c’est l’emballement de la justice et l’aveuglement d’un juge près à croire n’importe qui pour avoir une affaire. Intéressant aussi de voir comment les victimes se retrouvent à accuser n’importe qui, et comment on peut acquiescer à n’importe quoi juste pour avoir la paix.
L'affaire d'Outreau m'intéressait alors j'ai lu ce récit écrit par la journaliste Florence Aubenas, qui suit le dossier judiciaire de 1999 à 2005. J'ai appris beaucoup sur l'affaire mais me manque une analyse politique et féministe de cette grande erreur judiciaire.
TW : la lecture de cet essai m'a été difficile du début à la fin car les violences pédocriminelles en sont le sujet principal.