Un mécanicien décide de tout abandonner pour aller visiter son père malade, à l’autre bout du continent. Mais la route est longue à bord de la vieille bagnole et une étrange panne d’électricité, qui le poursuit, complique le trajet. Dans ce labyrinthe en ligne droite, le danger guette, l’essence se fait rare, la soif tenaille et les souvenirs montent des embuscades. En chemin, l’homme embarque une femme mystérieuse et un type excessivement volubile, qui provoqueront des détours inattendus. « La petite voiture rouge est bien chargée et vibre à toute allure sous le regard noir du soleil. » Pour toucher à son but. Le fil des kilomètres est un voyage à la vitesse de la pensée où les accidents nous regardent droit dans les yeux.
Né à Saint-Armand en 1982, Christian Guay-Poliquin croit que les arts du récit sont intimement liés à la vie pratique et à une attention aux détails. Le fil des kilomètres (La Peuplade), son premier roman, a aussi été publié en France et en traduction anglaise.
Christian Guay-Poliquin was born in Saint-Armand in 1982. He is now developing a thesis project on the hunting narrative and also works in renovation. The pencil on his ear serves to mark his measures as much as it does to record his ideas. Le fil des kilometers (La Peuplade, 2013) is his first novel.
4,5/5. J,ai enlever un demi point pour quelques petites longeurs, mais vraiment rien de bien grave. Sinon, un excellent roman qui est porté par une écriture magnifique. On fleurte avec la folie, l'angoisse, la solitude, l'isolement, qui semble êtr eun thème que l'auteur a à coeur. La fin, brutale, va en coupure totale avec le rythme du roman, mais apporte une dynamique très intéressante. Ayant lu, comme plusieurs, Le poids de la neige avant, la fin m'a beaucoup interpelé, car il y a un lien assez évident (je fais attention pour ne rien révéler). Un livre marquant, très bien écrit et un auteur à suivre de près!
(4+/5) LE FIL DES KILOMÈTRES est le premier roman de Christian Guay-Poliquin. Publié trois ans avant l’encensé LE POIDS DE LA NEIGE, il nous raconte la quête du mécanicien qui, au fil des kilomètres (…), d’ouest en est, vise à rejoindre son père malade « du cancer de la mémoire ». Dans une atmosphère d’insécurité collective en raison d’une panne électrique pan territoriale, doublée de la rareté d’essence et de victuailles, tous les gens rencontrés sont passés en mode survie, y compris notre gars. Personne n’est nommé dans ce livre, incluant l’endroit où se déroule l’action. Le lecteur présume que c’est du nord de l’Alberta jusqu’au Québec que la route est parcourue. Comme pour LE POID DE LA NEIGE, le rythme de LE FIL DES KILOMÈTRES est fluide, vif, haletant, tout en ayant une narration d’une beauté littéraire réconfortante. Le surligneur a beaucoup été utilisé : « La lumière du jour encercle la chaussée en plongeant ses longs doigts dans cette terre jaune où seule l’attente fleurit. Rien ne bouge en ces lieux, sinon ma voiture qui toujours arrive et disparaît. Au loin, sous ce ciel de plomb, même les éoliennes n’osent pas tourner. Elles sont figées comme si le cœur du monde avait cessé de battre. »
Bien que j’ai adoré LE POIDS DE LA NEIGE, son dernier tiers avait refroidit mon ardeur par des scènes d’action que je jugeais non nécessaires, qui, selon moi, brisaient la chimie nuancée du début. Sachant maintenant, que LE POIDS est, en quelque sorte, la suite de LE FIL DES KILOMÈTRES et qu’en combinant l’entièreté des deux bouquins on hérite d’une histoire complète, je comprends mieux l’intention de l’auteur. La lecture du premier améliore la compréhension du contexte du second, elle en redore les qualités narratives.
Comme pour plusieurs, c’est la lecture du second qui m’a amené à la lecture du premier. JE RECOMMANDE À TOUS DE LES LIRE DANS L’ORDRE, QUESTION DE TIRER LE MAXIMUM DE L’ENTIÈRETÉ DU RÉCIT.
Des deux livres, malgré toute l’attention et les récompenses qu’a reçues LE POIDS DE LA NEIGE, j’ai eu plus de satisfaction à dévorer (et c’est ce que j’ai fait!) LE FIL DES KILOMÈTRES.
« À l’heure du souper, on ne disait rien ou presque, comme si nous ne parlions plus la même langue. Les allers-retours de nos fourchettes étaient la seule chose qui nous forçait à ouvrir la bouche. »
« Sous les herbes jaunies, on peut deviner les intentions du désert. »
« Lorsque j’ouvre les paupières et prends une grande bouffée de cigarette, mon insomnie me chuchote à l’oreille que c’est plutôt ma cigarette qui me fume. »
« … ses lèvres s’écrasent sur les miennes. Ses lèvres chaudes. Je l’attire à moi en la soulevant par les hanches. Puis, en un éclair, l’intérieur de la voiture devient humide et étroit. Le temps n’existe plus. »
Premier roman, avant Le poids de la neige. Lecture addictive car soulevant souvent plus de questions au fur et en mesure qu'on poursuit la route avec le narrateur. La vieille voiture rouge que conduit l’homme, traverse les kilomètres accompagnée d'un univers inquiétant tant extérieur qu’intérieur. On ressent bien l'angoisse et l'impatience de l'arrivée ...
Ce roman était sauvage et déroutant, tout le contraire du poids de la neige, mais aussi bon! l'écriture est si belle que ça sentait l'huile à moteur, l'essence et le bois jusque dans mon salon. La fin me fait voir le second roman de l'auteur d'une toute autre façon et elle me fait détester et adorer l'auteur en même temps! Bref, j'capote.
J’ai lu la « trilogie » à l’envers, mais ça ne m’a pas du tout empêchée d’apprécier ce livre! Ça donnait une belle profondeur aux autres. On voit bien les motifs qui se répondent d’un livre à l’autre. L’histoire m’a par contre un peu moins plu que celle des deux autres. Cela dit, encore une fois, belle prose et la mise en situation est très intéressante!
wow. sentiment presque aussi fort que pour le poids de la neige. récit addictif que j'ai lu en deux traites. une fin qui est à la fois superbe et tragique. parallèle super intéressant avec le minotaure. gros plaisir de lecture!
On compte les kilomètres avec le narrateur qui nous décrit un climat apocalyptique qui n’est pas sans rappeler la lourdeur et la noirceur du récit de Cormac McCarthy.
3.5 étoiles pour «Le fil des kilomètres». Après avoir lu «Le poids de la neige» dans le cadre du Prix littéraire des collégiens 2017, j'ai décidé de me lancer dans la lecture du premier roman de Christian Guay-Poliquin. Ordre de lecture très peu judicieux, car je n'ai pas pu apprécier entièrement le roman, puisque je le comparais toujours au deuxième. «Le fil des kilomètres» raconte l'histoire d'un homme qui quitte son village pour retrouver son père, à l'autre bout du pays. Un voyage long, compliqué par une panne d'électricité généralisée qui apporte avec elle un climat de terreur et de méfiance. Le roman est un huis-clos. Quelques centaines de pages de confinement dans une petite voiture. On se sent traqué, prisonnier, impuissant. C'est une force du roman : on se sent dans la situation du personnage principal durant toute la lecture. Le roman est un sombre mélange de souvenirs douloureux, d'alcool et de désir, de route interminable et de remise en question. Tout cela se mêle à une poésie et des métaphores très efficaces. Les références au mythe du Minotaure sont un plus très pertinent au roman. Elles peuvent paraître anodines, mais en fait ont une symbolique puissante. Les héros des deux récits se sentent traqués et doivent faire face à la menace pour accomplir leur mission. Lecture très intéressante que je recommande à tous ceux qui ont lu «Le poids de la neige» ou qui veulent le lire! Beaucoup de choses sont clarifiées.
Roman captivant et étonnant, avec plein d'images tant magnifiques que percutantes. Une écriture qui s'étire, comme les kilomètres qui s'allongent devant et derrière soi.
"En buvant sa bière, le type dit qu'on finit tous par revenir, un jour ou l'autre. Que nous sommes trois clowns qui retournons d'où nous venons. Que plus rien n'est sûr. Et qu'on espère toujours que le temps n'ait rien abîmé durant notre absence. Que l'érosion soit un phénomène d'un autre monde, d'un autre temps. Puis, il hausse la voix pour dire que tout ça c'est ridicule. Que la vie continue, avec ou sans nous. Que les gens meurent et disparaissent. Que jamais on ne retrouve ce qu'on avait laissé. Que la mémoire n'est bonne que pour conter des histoires. "
Je pensais donner 5⭐️ à ce livre jusqu’aux dernières pages. J’ai ADORÉ l’écriture. Je fais pas gros de visualisation, moi, quand je lis. Je vois pas la face du monde ou l’intérieur d’une maison, pis les descriptions longues ont tendance à me gosser pour cette raison. Mais lui, donnait juste assez de descriptions, juste assez brèves, juste assez poétiques, juste assez vives pour que je voie tout. Le récit est super anxiogène pis m’a tenu aux bord des pages, j’ai dévoré le livre en le temps de le dire. Mais ouin la fin était anticlimatique pis prévisible, on dirait que ça lui tentait pu d’écrire son livre. Pwan pwan. J’va lire les autres pareil. Le setting apocalyptique-mais-pas-trop me plaît vraiment beaucoup.
J'ai lu Les Ombres Filantes avant de lire celui-ci. L'histoire m'a permise de mieux comprendre le narrateur, son vécu, ce qu'il pense et comment il avance.
Autant certains pourront reprocher des longueurs à ce roman, autant je l’ai trouvé profondément fascinant. La richesse et la précision des phrases nous enveloppent peu à peu et nous plongent dans l’univers intérieur du narrateur.
Une très belle lecture, chargée d’émotions et d’une intensité vive qui marque longtemps après la dernière page.
Déroutant, déroutée, j'ai retracé le chemin de cet homme au fil des pages, de sa fin à son commencement. Je le retrouve au milieu, cerné de son passé et d'un futur incertain. Toujours à l'affût du moindre virage de phrase, de la tournure d'une route.
"Que des myriades de petits points scintillants, sans nom. "
J’ai lu ce livre trop vite! Au début, je me demandais si j’allais « embarquer » dans cette histoire qui est très loin de moi, mais je suis littéralement tombée en amour avec la plume de l’auteur.
C’est bien écrit, c’est beau, c’est bien décrit. C’est loin des histoires que j’ai l’habitude de lire, et pourtant, ça m’a tenu accrochée du début à la fin.
J’ai lu Le fil des kilomètres après avoir lu Sous le poids de la neige, qui se déroule après. Honnêtement, ils peuvent être lus l’un ou l’autre en premier, c’est sans grande importance. Ce qui l’est, c’est la qualité chirurgicale de l’écriture de Christian Guay-Poliquin. Un petit extrait ici: « Mon père a le cancer de la mémoire. Cela fait trop longtemps que ses mains sont accrochées au bras de la chaise berçante. » 🥰
J’ai savouré ce roman comme j’ai savouré Sous le poids de la neige. Le second est plus abouti, on sent la maturité d’un second roman. Le fil des kilomètres lui, c’est tout de même un sacré premier roman, qui nous tient en haleine du début à la fin. J’ai adoré la découpe des chapitres, mais je cherche encore à quoi servait l’histoire du labyrinthe.. mais bon. Un must pour la qualité de l’écriture, l’ambiance et l’intrigue de ce court roman absolument fantastique !
Malgré que des 3 livres ce n'est pas mon préféré, j'aime son style d'écriture, qui va droit au but, sans s'attarder sur de trop grandes descriptions tout en laissant une grande place à des détails.
Même si de mon côté j'ai commencé par la lecture de Les Ombres Filantes (qui était mon préféré) suivi de Le poids de la Neige, je suggère de lire "Le fil des kilomètres" en premier pour comprendre davantage les deux livres suivants.
J'ai découvert l'auteur l'année dernière lors de ma lecture du Poids de la Neige (je sais, je ne suis pas dans l'ordre) et j'apprécie particulièrement les thèmes récurents qu'on retrouve dans les deux romans.
J'ai appris l'existence de ce livre après avoir lu le poids de la neige. C'est un magnifique roman qui nous amène sur la route avec le protagoniste, de l'Ouest jusqu'au bout du livre. Je vais assurément relire le poids de la neige puisque plusieurs détails ont dû m'échapper. Je recommande!!!
Un peu trop long pour moi, mais les images de la narration sont très bien faites et étonnamment variées, compte tenu que le narrateur ne quitte pas beaucoup sa voiture. J’ai adoré l’élément de la folie/hallucination du personnage, et le flou qui est entretenu autour de ça. C’est le point le plus fort du roman, à mon sens. J’aurais aimé lire ce tome avant Le poids de la neige, mais ça me donne envie de finir la trilogie!
L’auteur a le don de créer des ambiances. Je pouvais sentir le bas de mon dos endolori par les kilomètres en voiture. Ça me fait voir Le poids de la neige sous un angle intéressant.
Voilà un roman hypnotique, un road-movie sur fond de pré-apocalypse. Un homme roule, roule, roule, il déroule les kilomètres dans sa vieille voiture rouge, il veut absolument retrouver son père qu'il n'a plus vu depuis des années et qui est en train de perdre la tête à l'autre bout du continent. Une mystérieuse panne d'électricité touche tout le pays, entraînant désordre, panique, cambriolages, émeutes… à moins que ce ne soit des rumeurs. Dans le rétroviseur de l'homme, des lueurs d'incendie ou des lignes grises tandis que le soleil écrase sa voiture de chaleur. Les rencontres sont dangereuses sur cette route infinie, l'essence et la nourriture se font rares, tout se monnaye à prix d'or. Malgré tout l'homme (dont vous aurez compris que nous ne saurons pas le nom) embarque une femme puis un homme. Hasard ou coïncidence ?
221 pages égrenées en chapitres courts, au fil des kilomètres, comme un fil d'Ariane, où le style imagé, poétique entre en étrange alchimie avec le récit halluciné, hypnotique de Christian Guay-Poliquin. N'attendez pas de happy end au bout de la route mais vous aurez passé un voyage où la nature, le soleil, la forêt – la solitude – prennent le dessus sur un être humain bien fragile.
Ce premier roman nous offre une voix originale. J'ai hâte de découvrir la suite (qui peut se lire indépendamment), le poids de la neige.
Je sais pas pourquoi, mais j'avais toujours remis cette lecture à plus tard. J'avais peur de trouver ce voyage en voiture long et ennuyant et puis je me méfiais des critiques trop positives, ça me semblait louche... Mais j'ai adoré, vraiment. L'atmosphère confinée de la voiture, l'inconnu à l'extérieur, le danger potentiel, la quête, tout ça mis ensemble et on a sous les yeux quelque chose d'unique, bien que sous plusieurs aspects Le fil des kilomètres ressemble à certains romans post-apocaplyptiques connus comme The Road ou I Am Legend. Mais écrit par un Québécois et sans les zombies !
I thoroughly enjoyed this translation by Jacob Homel!
A post-apocalyptic road novel with the myth of Theseus and the Minotaur as an underpinning is just about the last thing I would have expected from the monomyth.