Le doute est comme une vague dans la mer. Il y a un mois, sa mère est morte. Quelqu’un lui a dit que, pour être un vrai pêcheur, il fallait avoir pêché au moins une fois dans sa vie un saumon. C’est pour ça qu’il est parti sur la rivière Ristigouche. Pour ça, et parce qu’il y a un mois, sa mère est morte. Le doute est comme une vague dans la mer.
Éric Plamondon est né à Québec en 1969. Il a été pompiste à Donnacona, bibliothécaire à Thetford Mines, barman sur la Grande Allée et a enseigné le français à l’université de Toronto. Il vit aujourd’hui à Bordeaux. Chargé de communication et Media Designer pendant plus de dix ans, il travaille actuellement au dernier opus de sa trilogie 1984, où l’on suit les destins de Johnny Weissmuller (Hongrie-Hollywood Express, 2011), Richard Brautigan (Mayonnaise, 2012) et Steve Jobs (Pomme S, 2013).
Troisième fois que je lis cette fabuleuse novella d’Éric Plamondon (2013) : la première fois dans foulée de mon coup de foudre littéraire avec cet auteur (en 2016-17), puis dans le recueil de nouvelles DONNACONNA, l’année suivante. Cette fois-ci, c’est l’actualité qui m’y ramène. Son titre, RISTIGOUCHE, réfère à la rivière qui se jette dans la Baie-des-Chaleurs. Lieu historique où « la France perd définitivement l’Amérique dans [son] embouchure », c’est principalement le conflit apposant le Gouvernement du Québec aux Micmacs (en 1981) à propos des droits de pêche du saumon, qui refait surface ces jours-ci, dans le cadre du blocus ferroviaire.
Le style littéraire qu’emprunte Plamondon est tout à fait singulier. Le temps de quelques paragraphes d’une même page, on passe de l’intrigue contemporaine, celle d’un homme (Pierre Lhéger) en deuil de sa mère, qui, « pour être un vrai pêcheur », part appâter le saumon qui remonte le Ristigouche, aux combats menés par les français, les anglais, les autochtones, les acadiens dans ces mêmes lieux. On côtoie également les alleux de Lhéger ainsi que les valeureux navigateurs français qui, en 1760 ont « scellé le sort de la Nouvelle-France ».
Ceux qui connaissent la plume de Plamondon savent que ça ne s’arrête pas là. L’auteur propose également des lignes dédiées à une recette de Shake’n Bake, au site historique de Pointe-à-la-Croix — en prenant bien soin de mentionner le numéro de téléphone à composer pour obtenir des informations additionnelles — ainsi qu’à plusieurs autres détails … moins futiles qu’ils en ont l’air. Ce que fait Éric Plamondon, c’est de contexter les faits. Il met des noms, il place des visages, il raconte la grande et la petite histoires des objets et des lieux qui meublent le récit. Le navigateur français qui traverse l’Atlantique a un nom, un visage et une histoire. Le navire qui le transporte a une histoire. Le bois qui sert de matériaux à ce bateau a une histoire.
Tout ça en une cinquantaine de pages … Il y a aussi ce béluga, témoin de la poétique chute!
Bien aimé. Ca me réconcilie avec Plamondon après la lecture de Taqawan. Beau beau texte où s'entremêlent passé et présent de différents personnages et d'un pays. Petit bijou! Perdu une étoile à cause de la fin de l'histoire du béluga. Désolée pour Plamondon mais mon grand-père racontait de meilleures histoires de pêche ou d'histoires abracadabrantes que lui.
La surprise que j'ai eu quand j'ai lu la description d'un photographie. Celle d'un homme dans la trentaine qui cri avec un boc de bière remplit de lait sous un séchoir de salle de bain. J'y ai tout de suite reconnu mon ami Pascal, qui ne savait même pas qu'on parlait de lui dans un livre ! Rechercher George-Étienne Faubert sur Google pour voir la photo!
J'ai lu ce livre d'une traitre. J'adore le style d'Éric Plamondon. Au début ( avec Mayonnaise ) je n'étais pas très fan, les romans décousu quand on est pas habituer de lire, c'est forcent. Mais une fois qu'on prends goût à son style, on peut vraiment l'apprécier pleinement. Ristigouche, raconte l'histoire de plusieurs hommes, dans plusieurs époques avec une belle morale à la fin. La morale est présente tout au long du livre, mais à la fin on l'explique un peu plus clairement, pour les plus simple qui - comme moi - ne comprennent pas toujours les sous-entendus.