Tenez-vous bien : je dirai surtout du mal de ce livre dans cette chronique ! Pourtant je l'ai lu avec plaisir, souvent, et en riant. J'expliquerai vers la fin de la chronique.
Ellyn, hypocrisie
C'était difficile d'avoir beaucoup de sympathie pour une fille, et même un milieu, ou on ment. Pourquoi Ellyn ne dit-elle pas à Enzo ce qu'elle n'aime pas dans leur relation ? Pourquoi, quand elle revoit un ancien copain de classe, cherche-t-elle à disparaitre plutôt qu'à dire bonjour (alors qu'elle désire ardemment le rencontrer) ? Pourquoi ne sera-t-elle jamais sincère sur ses sentiments envers lui, et ensuite, pourquoi n'est-elle pas sincère avec d'autres ? Cette fille ne connait pas la communication, elle est hypocrite et je n'aimerais pas être mariée avec elle. Dans un mariage, l'honnêteté est essentielle.
Ceci est peut-être un livre feelgood, mais pas un manuel sur comment on fait de bonnes relations. Et surtout, un bon couple. Là ne comptent que trois choses : communication, communication, communication. Même quand on veut se quitter.
Stéréotypes
Les stéréotypes chiffonnent aussi. Les femmes sont décrites comme dans les publicités et surtout, comme ce que la société attend de vous. Pas seulement la femme douce et soignante (infirmières, évidemment) versus les mâles forts, mais en plus ces femmes rêvent toutes d'avoir des enfants. Pourquoi pas des chicklit avec des femmes qui ne veulent pas d'enfants ? Ou qui sont des tomboy ? Avec un homme au foyer ? Des chicklit un peu modernes qui seraient une bouffée rafraichissante sur toutes ces idées reçues, qui seraient un grand soulagement ! Ras le bol de ces stéréotypes que la société veut nous faire vivre, et qu'elle espère nous faire croire comme étant notre nature, ce qui est faux. Je repense au médecin (une femme) qui apprenait que je n'avais pas d'enfants. Son regard méprisant ! Son soupir en disant, 'on peut aussi donner un sens à sa vie sans avoir des enfants...' Je ne veux NI enfants NI un sens à ma vie. Et je plains également tous les hommes qui se voient poussés dans des rôles qu'ils n'ont pas demandés.
Bref, ce livre est très conservateur, avec la 'bienveillance' habituelle des conservateurs. D'ailleurs, des scènes de sexe sont évitées.
Style
Le style n'est pas exceptionnel non plus. On ne lit pas un feelgood pour son style mais le problème est qu'il est souvent trop lent. Il ne se passe rien du tout. Je l'aurais préféré avec beaucoup moins de pages et beaucoup plus de dynamisme. Et à la fin, Elynn prêche partout et à tout le monde ce qu'ils doivent faire, comment ils doivent vivre. Et oh, comme par miracle, tous l'entendent et leur vie devient un rêve.
Feelgood et humour réussis
C'est un livre destiné aux jeunes femmes seules qui ne trouvent pas l'amour. Je pense qu'elles pourraient se reconnaitre, et même apprendre à avoir confiance en soi. Le livre donne envie d'avoir une bonne relation, et on a comme le sentiment que c'est possible quand on le lit.
Ensuite, l'humour et la bonne humeur étaient bons et c'est bien pour cela que j'ai terminé la lecture avec plaisir. Il n'y a aucune profondeur, c'est plein de stéréotypes, c'est souvent trop lent, mais si on a envie de feelgood, et qu'on veut bien laisser les défauts de côté pour le moment d'un livre, on peut avoir du plaisir. En pouffant de rire parfois. Le livre fait ce qu'il doit faire, ce qu'il promet : offrir du feelgood. Et cela, malgré tous les inconvénients, il le fait bien.
Pas de profondeur
Le fait-il bien ? Oui, mais pas en profondeur. Si on s'amuse en le lisant, on se rend compte après coup que finalement la société est pleine de problèmes, et que l'auteur n'a offert aucun véritable remède, un qui pourrait vraiment éliminer tous les conflits de la vie. Il fait une tentative dans sa postface, mais n'arrive pas plus loin que ce que les coachs racontent et qui ne fait que donner un peu d'espoir, un moment, mais qui ne sauve pas une personne ni une société, et encore moins l'humanité. Un feelgood ne peut jamais éliminer le feel bad, car comme le positif ne peut exister sans le négatif, chaque élément a deux faces, l'élément même et... son contraire. Malgré la postface on peut donc très bien fermer ce livre en se sentant triste. Ou seul.
Mais bon, on peut avoir du bon temps en lisant aussi ! A vous le choix.