En Angleterre, ses ennemis ne transmirent que le souvenir des centaines de protestants suppliciés brûlés vifs pour leur foi. Ils déplorèrent que durant ces années 1550, l’Angleterre fut en pleine déconfiture politique, appauvrie spirituellement, archaïque en matière économique, et affaiblie intellectuellement. L’héritage de Marie Tudor fut tout autant écorné en France. Joachim du Bellay parle de cette « furie et cruelle mégère », Voltaire a dit d’elle qu’elle « laissa une mémoire odieuse dans l’esprit de quiconque n’a pas l’âme d’un persécuteur », quant à Victor Hugo, il la décrivait ainsi : « c’était une jalouse reine, une vraie fille d’Henry VIII, et dont l’alcôve, comme celle de son père, s’ouvrait de plain-pied sur l’échafaud ». Jules Michelet paracheva l’assassinat historique. Cette légende forgée par des contempteurs de tous ordres est tenace et Isabelle Fernandez admet qu’une partie du bilan de Marie Tudor ne peut jouer qu’en sa défaveur : la restauration de l’autorité papale, l’alliance avec l’Espagne, les bûchers qui tentèrent de ramener le pays par la force dans le giron catholique, une infécondité tragique et la prise de Calais par les Français en 1558 permirent de stigmatiser ce règne trop souvent opposé au faste et à l’éclat élisabéthains. Isabelle Fernandez se garde d’opposer les deux sœurs jadis ennemies et sans tomber dans l’excès inverse qui conduirait à la porter aux nues, elle prend le parti de rappeler les aspects qui, dans cette reine malaimée car méconnue, font d’elle une figure d’exception dans l’histoire anglaise à plus d’un titre. Car qu’on le veuille ou non, Marie Tudor est aussi la première femme à ceindre la couronne d’Angleterre.
3.5 Je me suis lancée dans ce livre avec pour but d'en découvrir un peu plus sur l'histoire anglaise, je ne vais pas me mentir, si je suis assez à l'aise sur l'histoire française, ce n'est pas du tout le cas pour tout ce qui est de l'histoire de l'Angleterre en général. Bien sur, j'ai voulu commencé par une Tudor, et j'ai vu cette biographie et je me suis laissée tentée. Marie Ier n'est pas la souveraine anglaise la plus connue, loin de là, et elle a laissé une légende noire qui tranche avec la brièveté de son règne.
Marie est la fille de Henri VIII et de Catherine d'Aragon. L'auteur passe donc toute une partie du livre a détaillé l'enfance et la vie de Marie en général avant qu'elle ne monte sur le trône, et cette partie était de loin la plus intéressante.
Toute la partie sur le règne de Marie en lui même était intéressante sur le début, et puis sur la fin, j'ai senti sur l'auteur ne se concentrait plus sur les actes concrets de Marie mais commençait déjà à parler de l'image malveillante qu'on tentait de lui donner, je pense qu'en essayant de réhabilité la mémoire de Marie, elle a perdu de fil le fait qu'il fallait parler de ses actes concrets. J'aurai aimé avoir plus d'extraits de correspondance de Marie pour en apprendre un peu plus sur sa personnalité en elle même, ceux proposés dans le livre étant courts mais semblant vraiment trancher avec l'image noircie de cette reine.
Cependant, ça reste une biographie très intéressante, très documentées avec énormément de sources et de notes.
This book was really interesting. I didn't know much about Mary Tudor before reading this (apart from all the data related to that "Bloody Mary" nickname, of course). But after reading this, I understand her a little better. The author doesn't talk about Mary only: we also have many pages related to British politics (at the time of Mary's reign) and religion. I appreciated that, because it gave a better perspective of the reign of this Tudor Queen.