Incarnée, moite et sémillante, la poésie de Maude Veilleux s'expose comme des flashs, des polaroïds lucides du quotidien. Courte, crue, elle est comme une confiserie surette qui nous dessine un sourire crispé sur le visage mais qu'on a envie de sucer tout de même longtemps; une poésie dure, décomplexée, qui n'arrive pas toujours à faire passer le message et qu'on préfère crier un bon coup.
Maude Veilleux was born in 1985. She has published a number of fanzines and two poetry collections. Prague is her second novel; her first, also published in French with Hamac, was longlisted for the Prix des libraires du Québec, the Quebec booksellers’ award. She lives and works in Montreal.
Plus je m’immisce dans les mots de cette autrice que j’aime d’amour, plus je constate que la vulgarité et le cynisme des phrases et des vers de Maude Veilleux ne me décoivent jamais!
Oh Maude, Maude, qu'as-tu fait? Aller avec des inconnus, vomir dans le bain de Bertrand Laverdure? Tromper ton chum, pleurer accoudée au comptoir du bar? Portais-tu du makeup? Où s'en est allée ton innocence, petite fée des pits de boue? La vie a l'air ben triste de ton côté de l'arc-en-ciel. Par ici il fait gris et pas très chaud, on croirait pas qu'on est en mai. Moi aussi parfois j'ai envie que l'amour me crisse la paix. C'est pas logique ni rien, juste un cri qui part des tripes, une frustration, une impuissance, je comprends pas pourquoi je m'entête à me jeter dans les bras du premier déchet venu, comme si c'était impossible d'apprendre une bonne fois pour toutes que ce qui provient du dépotoir ferait peut-être mieux d'y rester. Je sais pas, Maude, si t'aimes Jean Leloup, dans mon coin de pays tout le monde écoute Jean Leloup, des fois quand je tombe sur la bonne toune il dit : "Mais je préfère toujours recommencer / faut-il tellement aimer pleurer". C'est en plein ça. L'amour c'est beau mais tout ce qui tourne autour c'est de la marde. Les choses de l'amour à marde.
À part de ça tu sembles chercher le fun dans des endroits improbables. Le frigidaire, c'est pas l'fun. Le tapis de la salle de bain non plus, le mien sent la charogne, l'humidité est pognée dedans depuis 2007. Le toit ouvrant d'un char c'est l'fun mais c'est dangereux, attention! Une fois j'étais au BC j'ai conduit un char à reculons dans une trail moi aussi. C'est parce qu'un gars avait voulu amener un frigidaire (ben oui, encore lui) sur le dessus de la butte et puis le char avait stallé. Pas d'électricité, ni pour le frigidaire ni pour la batterie du char, il avait fallu qu'on pousse ça à reculons. Guess qui qui peut pas pousser un char? Moi. Alors j'ai conduit. Personne n'est mort mais depuis j'ai des palpitations cardiaques quand je vois des minivans Chrysler.
Je n'ai pas de nom à mettre sur l'amour mais il a un visage, c'est ta face floue, Maude, comme sur la photo à la fin de ton livre, fancy les lunettes en passant. C'est pas que tu sois particulièrement belle mais tu envoies de l'amour partout, aux gars brisés, aux filles malades, aux pots de vinaigrette. Je sais pas ce que tu manges pour avoir de l'amour de même, en tout cas ça tient pas au chaud parce que t'as l'air d'avoir froid souvent, tu devrais essayer les lipides? Moi je claque des dents juste à penser à toute cette énergie gaspillée dispersée dans l'univers pour faire frémir des garçons translucides, des garçons qui peuvent même pas servir de couverture, tu l'as dit toi-même, ils puent, "un chien de l'enfer", et ils tournent le dos à part de ça, ronflent, pissent dans les étoiles. Je dis ça mais je dis rien, les filles c'est aussi chiant.
Bref ta poésie est pas mal cool mais si tu veux mon avis, tu ferais aussi bien de te partir un courrier du coeur dans une revue ou quelque chose.
Petit recueil de courts poèmes au style assez cru, mais si on ne s'en offusque pas, le tout demeure accessible et bien fait. Je ne suis pas du tout un expert, ni même un grand connaisseur en poésie, mais j'avoue que celle-ci m'a plu. Le tout est assez centré sur les difficultés/peine d'amour. À vous de voir!
De loins un des meilleurs recueils que j'ai lu dans ma vie. Simplement magnifique. Je ne peux malheureusement pas mettre 8 étoiles comme je le voudrais.
Je m’essaie souvent à la poésie, mais ça ne fonctionne pas. Le seul recueil que j’ai réussi à terminer et aimer, c’est Shenley d’Alexandre Dostie. Pis là, y’a Les choses de l’amour à marde. Je comprends maintenant que ce que j’aime, c’est l’écriture un peu trash, la poésie-coup-d’poing-dans-face!
Ça fait 5 minutes que je suis devant mon clavier à essayer de trouver les mots pour écrire cette review... Une poésie crue, que j'ai personnellement trouvée inégale. Certains poèmes j'ai connecté. Compris chacun des mots, des émotions et le sens. Certains autres m'ont laissée dans l'incompréhension ou sans émotion.
Un tout petit recueil qui manquait un peu de de profondeur. Last Call les murènes m'avait semblé plus évocateur, j'en garde encore des images quelques années plus tard.
Outre le poème «La transparence ou la face de coin de rue» qui m'a rentré dedans comme la scène où James Bond reçoit la tombe de Vesper Lind dans le torse dans «No Time To Die», je suis malheureusement demeuré de glace. Comme l'autrice le dit elle-même: les poèmes vulgaires, ça pogne un temps (je paraphrase).
C'est bon toutefois, le parcours de Mme Veilleux en témoigne. C'est moi qui est mal équipé, c'est clair.
Si vous avez lu et aimé Filles de Marie Darsigny, je vous conseille fortement ce recueil. Cru, beau, triste, cute, drôle, déprimant, sarcastique, magnifique. Un peu de tout. 4/5