Als der 18-jährige Zack aus Kamerun nach Paris flieht, überlässt er seine junge Mutter ihrem Schicksal und ihren Geheimnissen. Die vielen Fragen, die er ihr nie gestellt hat, und die Erinnerung an alle, die er geliebt und verlassen hat, verschließt er tief in sich. Konfrontiert mit Diskriminierung, aber perfekt angepasst an seine neue Umgebung, baut Zack sich ein Leben als Psychologe und Familienvater auf, scheinbar glücklich - bis ihn seine Vergangenheit einholt und alles ins Wanken bringt. Einige Jahrzehnte zuvor erlebt sein Großvater Zacharias, der als Fischer mit seiner Familie in einem kleinen Küstendorf lebt, wie durch eine große Holzfirma und die Industrialisierung der Fischerei das traditionelle Leben der Familie aus den Fugen gerät. Kunstvoll hat Hemley Boum die beiden Erzählstränge miteinander verwoben. Entstanden ist ein bewegender Roman, der die unauflösbaren Verflechtungen der Generationen über die Grenzen von Raum und Zeit hinweg sichtbar macht, der von Schuld und Sühne, Vergebung und Versöhnung erzählt.
4,5/5 Pêcheur dans un petit village du Cameroun, Zacharias vit heureux auprès de sa femme et ses filles. Un jour, une importante industrie forestière viendra s'établir au village et bouleversera la vie des pêcheurs. Plusieurs décennies plus tard. Zack, petit-fils de Zacharias, quitte le Cameroun à l'âge de 18 ans pour s'enfuir à Paris loin de sa mère Dorothée. Malgré la fuite, le passé de Zack va le rattraper.
Quelle belle lecture! J'ai été touchée par ces deux histoires que l'autrice réussit à entremêler avec finesse et une bien jolie plume. J'ai été fascinée par l'histoire de Zacharias qui verra sa vie de famille complètement transformée par l'arrivée de la modernité. L'impact sera grand même pour les générations suivantes. Un récit de famille que j'ai trouvé superbe!
"qu'est ce qui me prouvait que j'étais vivant ? aujourd'hui, ici, maintenant, qui aurait pu témoigner de la réalité de mon existence ?"
"que deviennent les lieux que nous désertons ? les terres que nous cessons d'habiter ? [...] quelle légitimité avons-nous pour continuer d'appeler nôtres les lieux dont nous nous sommes enfuis ?"
Être la première personne à commenter ce livre, quel honneur ! J'adore le style d'écriture de Hemley Boum, c'est mon troisième livre de sa plume. J'ai également eu la chance de la rencontrer au salon du livre de Genève et d'échanger trois mots avec elle - et je lui ai promis de lire ce livre, même si je n'avais pas l'argent pour l'acheter sur place.
Dans cette histoire, elle m'a convaincue avec l'idée de raconter la vie de trois générations en parallèle. D'un côté, nous suivons Zacharias et Yalana dans les années 50 à Campo, sur la côte camerounaise, où leur vie change radicalement. L'arrivée d'une entreprise forestière change leur mode de vie basé sur la pêche et le jardinage, une vie en communauté vers une vie pleine d'aspirations nourrie par les idées du capitalisme, vers une dépendance à l'argent. La petite famille de Zacharias n'en sortira pas indemne. Il n'en faut pas beaucoup pour comprendre que dans le deuxième fil narratif, à New-Bell, un quartier défavorisé de Douala, Dorothée est la fille de Zacharias et donc que son fils Zachary est le petit-fils de Zacharias. Nous suivons les conséquences désastreuses de ce déracinement pour Dorothée, et comment une vie qui a commencé dans la pauvreté détermine les choix que son fils fera plus tard. Mais il y a aussi un troisième fil narratif, dans lequel Zachary trouve un moyen de sortir de la pauvreté et du désespoir et arrive dans la France d'aujourd'hui, où il étudie, trouve une femme et fonde une famille. Mais sa vie n'est pas complète sans qu'il apprenne d'où il vient et quel est son héritage culturel.
« Il manquait des centaines de pages au récit de sa vie, Dorothée lui montrait qu’elles avaient toujours été là, collées les unes aux autres, elle les détachait une à une, lui désignant les liens, les transitions… »
C'est une histoire touchante sur une famille et la transmission intergénérationnelle (il y en a tellement des références, sur tous les niveaux, j'ai beaucoup aimé!) , sur les conséquences de la mondialisation et de l'exploitation des matières premières dans des régions qui n'avaient pas été touchées par le mode de vie occidental jusque-là. En même temps, elle m'a fait réfléchir à quel point, en tant qu'Européenne, je suis prise dans la même dynamique entre l'envie, le besoin d'argent, l'achat.
C’est le premier roman de Hemley Boum que je lis, et ce ne sera pas le dernier!
Un roman magnifique où l’on suit les récits entrecoupés de trois générations d’une même famille, qui sont tous caractérisés par la fuite. La plume est magnifique, on plonge sans difficulté dans les multiples récits et on est happé par la beauté de ses mots. Et, personnellement, j’ai beaucoup aimé la fin, qui clôt bien le roman tout en laissant juste assez d’ouverture au lecteur.
À lire absolument pour en apprendre plus sur l’impact socio-économique de l’industrialisation dans les zones rurales, les traumatismes intergénérationnels, l’immigration, et sur le Cameroun.
Impressions: Ce roman m'a énormément plu. D'abord parce qu'il est d'actualité. L'histoire de Zack, commence avec celle de ses parents dont le mode de vie traditionnel (au Cameron français) est complètement transformé par la pêche industrielle. Les drames socio-économiques qui en résultent sont universels et infiniment tristes. Zack s'extirpe d’une situation qui aurait pu lui coûter la vie grâce à l’intervention d’un personnage, sorte de bienfaiteur, qui lui permettra d’entreprendre des études à Paris. En France, il apprend à s’adapter, devient psychologue et fonde une famille. Et voilà qu’un message sur FaceBook, le ramène à son histoire familiale. C’est un excellent exemple de littérature de l’exil. C’est le genre de roman qui fait comprendre l’impact du colonialisme en Afrique et des défis auxquels les immigrants doivent faire face quotidiennement (en France). C’est une histoire à la fois tendre et dure où les personnages sont laissés en suspens d’un chapitre à l’autre, mais où, à la fin, toutes les pièces se mettent en place et la famille, ancêtres et vivants, se reconstitue. Et ça finit sur une note d’espoir.
Résumé du site Les libraires: Cameroun, dans les années 1970. Pêcheur dans un village côtier, Zacharias rêve d'un avenir meilleur pour les siens. Des décennies plus tard, Zack, son petit-fils de 18 ans, fuit son pays et s'installe à Paris. Devenu psychologue clinicien, marié et père de famille, il est confronté à son passé quand sa nouvelle vie vole en éclats.
"« Dans l’avion qui me menait au loin, j’ai eu le sentiment de respirer à pleins poumons pour la première fois de ma vie et j’en ai pleuré de soulagement. On peut mourir mille morts, un peu à la fois, à essayer de sauver malgré lui l’être aimé. J’avais offert à Dorothée mon corps en bouclier, mon silence complice, le souffle attentif de mes nuits d’enfant et en grandissant l’argent que me rapportaient mes larcins, sans parvenir à l’arrimer à la vie. Je pensais ne jamais la quitter mais lorsque les événements m’y contraignirent, j’hésitai à peine. C’était elle ou moi. » Zack a fui le Cameroun à dix-huit ans, abandonnant sa mère, Dorothée, à son sort et à ses secrets. Devenu psychologue clinicien à Paris, marié et père de famille, il est rattrapé par le passé alors que la vie qu’il s’est construite prend l’eau de toutes parts... À quelques décennies de là, son grand-père Zacharias, pêcheur dans un petit village côtier, voit son mode de vie traditionnel bouleversé par une importante compagnie forestière. Il rêve d’un autre avenir pour les siens… Avec ces deux histoires savamment entrelacées, Hemley Boum signe une fresque puissante et lumineuse qui éclaire à la fois les replis de la conscience et les mystères de la transmission."
Enorme coyo de coeur. On y découvre la vie de Zacharias son enfance au Cameroun, sa mère alcoolique, la mort supposée son ami Achille, sa fuite en France grâce au général Manga. Comment survivre à l'exil, la méconnaissance de ses racines, l'acceptation de ses fautes ? Livre plein d'espoir et une belle leçon de vie.
Questo romanzo segue le storie intrecciate di tre generazioni della stessa famiglia, tutte caratterizzate dalla fuga. Pescatore in un piccolo villaggio camerunense, Zacharias vive felicemente con la moglie e le figlie. Un giorno, nel villaggio viene fondata un'importante industria del legname, che cambierà radicalmente, e non in meglio, la vita dei pescatori. Diversi decenni dopo, il giovane nipote di Zacharias, Zack, lascia il Camerun per fuggire a Parigi, lontano dalla madre, Dorothée. Nonostante la fuga, il passato di Zack lo raggiungerà e lo riconcilierà con le sue radici.
“Guarda questo posto magnifico. Ti sarai accorto che non c’è quasi nessuno, poche famiglie, vecchi seduti davanti alla porta, una manciata di pescatori. Per capire, dovresti ascoltare mio padre o Mbombo Yala che parlano di com’era Campo di una volta. Per quanto tempo ancora questo luogo apparterrà a noi? La terra è già oggetto di speculazione edilizia, sognano la stazione balneare con alberghi di lusso. Per quanto tempo ancora potremo camminare sulla sabbia sottile di questa spiaggia, vivere in questo paesaggio, trovare normale la luce spettacolare dell’alba e le notti di luna piena in cui ci si vede come se fosse giorno? Quanto tempo abbiamo prima che l’avidità del mondo, dei nostri simili, calpesti il nostro paradiso con i suoi disgustosi stivali? Siamo ancora legittimati a chiamare nostri i luoghi da cui siamo fuggiti? Campo sparirà. Presto non avremo più casa nostra.”
È una storia familiare appassionante che indaga sulle conseguenze della globalizzazione e dello sfruttamento delle materie prime in regioni che fino ad allora non erano state toccate dallo stile di vita occidentale. Gran bel libro!
Une histoire, un récit de plusieurs vies qui touchera sûrement les personnes qui ont, elles aussi, été obligées de s’exiler. À aucun moment Zach n’a été décrit comme un homme parfait. En revanche, son humanité fissurée était pleinement visible. Il en va de même pour tous les personnages, et c’est ce que j’ai adoré.
C’est une histoire qui montre que, sans s’aimer soi-même, sans être en paix et à l’aise avec le début de sa propre vie, avec tous les problèmes familiaux parmi lesquels on a grandi, on ne peut pas trouver l’équilibre avec soi-même.
Ce n’est que lorsqu’on résout nos problèmes identitaires et qu’on termine le deuil des personnes que l’on a perdues que l’on peut enfin se reconnaître, se comprendre, et faire du bien autour de soi. Autrement, on finit par blesser les autres sans même s’en rendre compte.
Par ailleurs, l’écriture est très simple, comme ce qu’on est requis d’utiliser a l’école. il n’y a pas de style exactement. c’est des phrases simple seulement. donc tu lis l’histoire pour le récit et pas pour le style d’écriture.
Dans Le Rêve du Pêcheur, plusieurs trames, personnages et époques se croisent. L’histoire de Zacharia qui fuit seul le Cameroun pour la France est entrecoupée de récits de son enfance et de la vie de ses parents.
J’ai trouvé belle son amitié avec Achille. « En amitié, on ne dit pas merci » parce que tout coule de source; on n’attend pas de reconnaissance de l’autre.
J’ai trouvé touchantes ses retrouvailles avec Nelly, son amour d’enfance et surtout la relation de Zach à sa mère.
« Je pensais ne jamais la quitter mais lorsque les événements m'y contraignirent, j'hésitai à peine. C'était elle ou moi »
Un roman chargé d’émotions mais un peu dur à comprendre au cours des 100 premières pages. Il faudrait peut-être que je le relise pour lui donner une seconde chance.
Ce roman m’a bercé, fais rêver et voyager dans une Afrique du Cameroun d’hier et d’aujourd’hui où l’essence de ce petit village est si bien décrite que tu t’imagines presque y être. Je l’ai lu longtemps pour faire durer le plaisir de la choral des personnages si vraies & pures du passé et du présent qui s’entrecoupent. C’est si bien ficelé, ça touche droit au cœur et te transporte dans une gamme d’émotions de toutes sortes. Je l’ai terminé, il y a quelques temps déjà, et au moment d’écrire cette critique et il m’habite encore. à lire !!!
C’était mon premier roman de Hemley Boum, mais certainement pas le dernier.
Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu de coup de cœur pour un livre! Le rêve du pêcheur raconte la vie de Zacharias, un pêcheur vivant dans un village au large du Cameroun, dont l’existence est bouleversée par l’arrivée d’une entreprise occidentale sur les côtes, ainsi que celle de son petit-fils, Zachary, contraint de vivre en France pour y poursuivre des études de psychologie. C’est un récit entre passé et présent, où les deux histoires finissent par s’entremêler. C’est une belle histoire, chargée d’émotions, qui aborde des thèmes importants comme l’identité et l’exil. Je recommande!
Roman dense et profondément humain, qui dresse le portrait de trois générations camerounaises depuis le village de pêcheurs de Campo, jusque Paris. Dans les profondeurs des eaux, dans le trauma de l’exil, l’écrivaine arrête le temps pour saisir le moment où nos existences chavirent. C’est beau et envoûtant.
Un joli récit sur l'histoire d'une famille de pêcheurs camerounaise sur trois générations. Le rêve de Zacharias le pêcheur de la première génération est percuté par l'avidité des multinationales de la pêche. Le Zachary de la dernière generation se retrouve à Paris. Entre temps, des histoires de famille, de survie, de fuite, d'amour, d'entraide, de racine et d'amitié. C'est bien écrit et on ne lâche pas le roman. Le plus est dans la langue créole qui agrémente le récit. La fin est un peu attendue mais bon, ca ne gâche pas le plaisir.
I had to read this book for a conference so I didn’t know at all what to expect. It was actually a good read but the story is so sad. I cried my eyes out literally. Oh and I didn’t like the ending. I don’t know, it was too much of a happy ending for such a sad book.
Un très beau roman sur l'exil, la transmission, la quête des origines, mais aussi sur la transformation imposée aux pays africains et leur culture par les suites de la colonisation, l'industrialisation... On ne le lâche pas tant les personnages sont incarnés.
Plutôt qu'une double c'est en fait une triple histoire au Cameroun : - celle du grand-père (Zacharias), pêcheur traditionnel, totalement désemparé face a l'arrivée de l'économie coloniale : coopérative et moyens de productions industriels, biens de consommation qui ruinent et endettent les membres de la communauté. Sa descente aux enfers et celle de sa famille - celle du petit-fils (Zakary, Petit Pa'), né dans la misère dans un bidonville de Yaoundé. Sa mère alcoolique, sa fuite et son arrivée en France - celle de l'homme qu'il est devenu : sa réussite, son mariage, construits sur la fuite et l'oubli de son passé ; ses crises d'angoisse, sa dépression puis son retour vers ses sources