L'architecture monumentale et géométrique de la philosophie de Spinoza peut en effrayer plus d'un. Pourtant, Spinoza n'a jamais eu d'autre ambition que de prendre le lecteur par la main pour le guider vers la Béatitude, c'est-à-dire le plein épanouissement de soi. Sa théorie philosophique est un outil, formidablement efficace, pour changer notre manière de penser, d'agir et de ressentir. Comment comprendre ses émotions ? Comment trouver sa liberté en assumant ses contraintes ? Comment transformer la tristesse en joie, la dépendance en affirmation de soi ? Comment trouver du sens dans le déroulement insensé de nos vies ? Les réponses de Spinoza à ces questions nous permettent de mieux interpréter les aléas de nos existences pour pouvoir y faire face.
Je soupçonne l'auteur d'être un poil réac, comme l'en témoigne p. 40 « Guerres de religion, inquisitions, prosélytisme, procès staliniens, révolution culturelle, Djihad, militantisme végétarien ou antitabac aujourd'hui... la liste est trop longue. Dans toutes les époques et dans tous les domaines, l'homme aspire à imposer ses valeurs, ses goûts et ses choix de vie aux autres. » Le mec met militantisme végétarien ou antitabac sur le même plan que d'autres atrocités perpétuées dans le passé, comme si c'était ça le pire que l'époque nous réserve. Pourquoi pas le fascisme, le racisme ou le sexisme ? Tiens puisqu'on en parle, p. 81 « Nous nous offusquons, pourtant, de l'égoïsme des hommes ou de l'inconstance des femmes. » Des femmes égoïstes ou des hommes inconstants, ça n'existe pas peut-être ? Bonjour l'essentialisme. Heureusement, passés ces rares loupés assez révélateurs, j'ai trouvé que l'ouvrage était bien construit, se lisait aisément et nous permettait d'aborder de façon la philosophie de Spinoza sous un aspect pratique, avec des concepts utiles à la vie de tous les jours.
Un coup de coeur philosophique ! C'est mon premier livre sur Spinoza dont je n'ai rien lu. Je ne sais donc ce qu'il vaut quant à la théorie spinozienne mais je l'ai trouvé lumineux, très pédagogique, avec des retours réguliers sur les questions à se poser dans notre vie quotidienne et sur les expérimentations à tenter. J'ai l'impression que j'ai surligné la moitié du livre ou presque.
4 parties : - le diagnostic, dans la jungle affective - les clefs pour comprendre, l'amour de la nécessité - les moyens d'agir, transformer ses passions - une vision du sens de l'existence, Dieu au-delà des religions
Note à moi-même : ne pas lire l'Ethique, du moins pas sans guide. Ces propositions sont trop abstraites pour que je les comprenne. J'ai systématiquement besoin d'explications supplémentaires ou d'exemples pour comprendre de quoi il s'agit - et fort heureusement ce livre nous donne ces développements.
Regret d'un rendez-vous manqué : ce livre (et Ethique de Spinoza) m'aurait bien aidé si je l'avais connu quand je travaillais avec les jeunes sur leur choix d'orientation. Question du libre arbitre vs déterminisme, question du désir, du "choix" donc aussi. Ça m'aurait simplifié les idées et aussi les échanges avec eux. Mon inculture en philosophie malheureusement atteint des sommets.
Ne reste qu'à continuer dans la découverte de Spinoza, ce qui va demander du travail.
Aν κάναμε αυτό που σήμερα μας φαίνεται κακή επιλογή, ήταν επειδή απλούστατα δεν είχαμε την επιλογή: δεδομένης της φύσης μας αλλά και λόγω της κατάστασης και των γνώσεων μας, εκείνη τη στιγμή δεν μπορούσαμε παρά να ενεργήσουμε όπως ενεργήσαμε. Οι παρελθούσες πράξεις μας και το πεπρωμένο που επακολούθησε ήταν αναγκαία. Το να νομίζουμε ότι θα μπορούσαμε να κάναμε κάτι καλύτερο είναι μια αναδρομική ψευδαίσθηση: το ότι υπήρχε μια καλύτερη επιλογή το κρίνουμε από τις γνώσεις και τις εμπειρίες που έχουμε σήμερα. Από τη στιγμή που αυτές τις εμπειρίες δεν τις είχαμε τότε, ήμασταν και ανίκανοι να κάνουμε κάποια καλύτερη επιλογή. Και το κυριότερο, αυτή η επιλογή που σήμερα μας φαίνεται λανθασμένη ήταν εκείνη ακριβώς που μας έδωσε τις εμπειρίες οι οποίες μας επιτρέπουν σήμερα να την κρίνουμε και να ενεργήσουμε καλύτερα. Αν οι κακές επιλογές μας μαθαίνουν αναδρομικά ποιες θα μπορούσαν να ήταν οι καλές, δεν μπορούμε παρά να παραδεχτούμε πως δεν υπάρχουν κακές επιλογές-υπό τον όρο ότι μπορούμε να τις κατανοούμε και να τις ερμηνεύουμε.