L'ombre d'un avion sur le sol vint détourner le cours de sa rêverie. Virense rentrait avec Michel. La douceur de l'atterrissage montrait la science du pilote. Jean se dirigea vers l'appareil pour interroger les camarades. Mais aucun d'eux ne sortait des carlingues. Herbillon appela sans obtenir de réponse. Sourdement inquiet, il se hissa sur le marchepied du pilote et poussa un cri. Le gouvernail, les parois, le coussin de cuir étaient recouverts de sang et Virense affaissé sur le siège avait les yeux close.
Joseph Kessel was a French journalist and novelist. He was born in Villa Clara, Entre Ríos, Argentina, because of the constant journeys of his father, a Lithuanian doctor of Jewish origin. Kessel lived the first years of his childhood in Orenburg, Russia, before the family moved to France. He studied in Nice and Paris, and took part in the First World War as an aviator.
Kessel wrote several novels and books that were later represented in the cinema, notably Belle de Jour (by Luis Buñuel in 1967). He was also a member of the Académie française from 1962 to 1979. In 1943 he and his nephew Maurice Druon translated Anna Marly's song Chant des Partisans into French from its original Russian. The song became one of the anthems of the Free French Forces.
Joseph Kessel died in Avernes, Val-d'Oise. He is buried in the Cimetière de Montparnasse in Paris.
- avion d'observation Salmson 2, l'appareil de Thélis Vachon pendant la Première Guerre Mondiale
1. L'HISTOIRE
Première Guerre Mondiale. Jean Herbillon, aspirant observateur fraîchement débarqué dans l'aviation française, doit faire ses preuves auprès de l'escadre commandée par le capitaine Thelis. Dans la peau de Jean, on en apprend plus sur le lien particulier qui unit pilote et observateur, les deux membres d'un équipage. L'histoire porte sur la vie au front, sur les états d'âme changeants du bleu qui s'est engagé volontairement pour le prestige de l'arme et de l'uniforme. Et pour impressionner sa Denise. Chemin faisant, Jean se lie à Claude Maury, un lieutenant mal aimé de l'escadrille qui partage avec lui ses interrogations, ses peines de cœur, et même bien davantage qu'il ne l'aurait souhaité...
2. LES TRAITS DE L'ÉCRITURE DE JOSEPH KESSEL
L'équipage est porté par un style aussi entraînant que poétique. J. Kessel rend avec justesse et subtilité les états d'âme contradictoires qui peuvent se glisser dans l'esprit d'un jeune volontaire au front. D'emblée, le plaisir de lecture s'impose avec évidence :
<< Nous allons chez eux. >> Aussitôt il se prépara au combat, et, croyant voir surgir, de tous les points de l'espace, des avions ennemis, il les défia mentalement. Mais le vaste ciel était nu et, malgré le bruit du moteur, le jeune homme sentit le silence du crépuscule qui gonflait l'horizon. Le sol était rose et les tranchées devenaient des ruisseaux bleus. La cathédrale de Reims, parmi son peuple de maisons, ramassait sur sa détresse les derniers feux de ce soleil qu'Herbillon apercevait encore, alors qu'il avait disparu pour les regards terrestres. (...) Il ne sortit de cet enchantement que par un heurt brusque. Thélis piquait durement vers les tranchées; une gerbe sanglante jaillit de sa mitrailleuse et s'enfonça dans les boyaux. Puis Herbillon fut de nouveau jeté contre la tourelle et, comme une fusée, l'avion monta. Un bruit étouffé, dissous dans l'air, parvint alors aux oreilles du jeune homme qui se pencha. Sous le fuselage, une boule de fumée brune se balançait mollement. Une autre la doubla sur la gauche, une autre apparut au-dessus de l'appareil et toutes étaient denses et pommelées comme de jeunes arbres au printemps. Thélis se retourna pour voir l'effet que produisaient sur lui les premiers obus. (...) Les éclatements, loin de l'effrayer, lui plaisaient par leur éclosion imprévue, leur épanouissement régulier, et leur languissante ondulation qui en faisaient des ballonets légers fondant en mèches grises." - L'équipage, pp. 52-53
Un autre mérite : la capacité des personnages à l'introspection et à l'auto-critique, qui n'entrave pas pour autant leurs actes discutables.
Mais je crois que le bon ton s'arrête là. Passée la moitié du roman, à la faveur d'une permission, le ton donne franchement dans le vaudeville, et l'intrigue passe aux pertes et profits du triangle amoureux. Autant dire qu'on change de pilote... Un peu comme dans Le Hussard Bleu de Roger Nimier... L'invraisemblance outrancière et stéréotypée des propos de Denise et l'enchaînement de situations impossiblement grotesques dans un minimum de temps feraient presque de la vie de l'escadrille un décor et de la guerre un prétexte.
Pour moi, deux chapitres ressortent quand même de cette seconde moitié uniforme : la partie de cartes fatidique entre le commandant d'escadre et le sous-officier Narbonne, qui rappelle les meilleures scènes du genre (Dostoïevski si tu m'entends, Tes oreilles bourdonnent Burgess ?) et la description haletante de l'observation insensée engagée en pleine patrouille aérienne ennemie.
Très beau roman — on y apprend beaucoup de choses sur la vie quotidienne dans une escadrille durant la Première Guerre Mondiale — mais pas seulement — c'est aussi de belles histoires d'amitié et d'admiration — la triangulation amoureuse est ce qui m'a le moins intéressé
Ce maître de l'écriture rédige ici texte tellement poétique et si réaliste sur les illusions de la guerre, sa dureté, sa beauté aussi (les relations d'amitié, de confiance...) tout cela est entremêlé dans l'histoire tragique d'une femme dont l'amour déchire deux membres du même équipage d'avion, frères d'arme, frères de vol, l'un étant les mains et l'autre les yeux de l'avion, deux organes d'un même corps qui s'aiment comme deux frères et se détestent pourtant, tiraillés au plus profond d'eux mêmes entre leur devoir, leur amitié et l'amour d'une même femme.
Comme toujours avec Kessel, le voyage est assuré. Le péril est omniprésent, les rapports humains sont transcendants. Pour un premier livre, paru alors que l'auteur avait 25 ans, c'est remarquable. Inspiré fortement de sa propre expérience d'aviateur pendant la première guerre mondiale.
Vraiment bien, moins bon que les mains du miracle. Juste un peu surpris je m’attendais à lire un livre sur des avions qui font boom boom je me retrouve devant un triangle amoureux et un personnage nihiliste qui sait pas faire de choix #bref2
Dlouho jsem nečetl něco, kde by byl tak zásadní rozkol mezi sdělením a formou. Jde až o "remarquevské" vystřízlivění mladíka, který nástupem k letecké jednotce za Velké války přichází o idealizované vidění války; žádná velká gesta, hrdinství, obdiv žen a vlastní nezranitelnosti. Naopak byrokracie, deprimovaní kolegové, nesmyslné rozkazy, nejistota bytí s každým startem a celková nesmyslnost války jako takové. Jenže ta forma...
Je to psané (či jen přeložené?) vznosně, plné velkých slov, projevů i sdělení. Což by rušilo i kdyby to byla oslavná propaganda války, jak je skvělé narukovat na frontu, jak budete za hrdiny a jak vám ženy budou padat do náručí. Ovšem v novele přesně opačné idei je to otravné. K tomu postavy jsou až příliš jednorozměrné, v tomto ohledu to Remarque skutečně není.
Ovšem jako krátká novela o svérázných mužích na nespolehlivých velmi zranitelných (počasím, puškami ze zákopů, technickým stavem a v neposlední řadě nepřítelem) létajících strojích za první světové války, tak to za přečtení spíše stojí než nestojí.
Un bon roman, facile à lire. L'histoire d'un jeune garçon qui ne rêve que de gloire et d'honneurs, découvre l'amitié fraternelle avec son coéquipier. Ce qui est intéressant aussi c'est de voir le point de départ littéraire de Kessel : le style, plus simple n'en est pas moins annonciateur du Lion ou de La Vallée des rubis.
4,5 Les livres ne me font jamais vraiment envie, mais les thèmes sont très bien abordés, on n’est pas perdu dans l’univers de l’escadrille durant la guerre, tout est très bien amené ! comme à chaque fois belle surprise de cet auteur!
À quelles expériences un jeune militaire aura-t-il l’honneur de participer, en tant qu’observateur, à bord de plusieurs avions de chasse?
On trouve ici un roman plutôt unique, puisqu’il raconte la vie des pilotes dans l’armée, plutôt que celle des soldats d’infanterie, comme c’est normalement d’habitude. En plus de ça, le protagoniste n’est pas un vrai pilote, mais un observateur, par conséquent la perspective qui nous est offerte est encore plus distincte. Étrangement, une histoire d’amour très sombre et compliquée fait partie des événements du livre, qui n’est pas si importante au début, mais qui deviendra de toute façon de plus en plus essentielle, jusqu’à la fin, avec laquelle elle est fort liée.
Un garçon, Jean Herbillon, décide de rejoindre l’armée, en quittant ainsi sa famille, sa petite amie, et son village, pour devenir partie d’une escadrille, dont son rôle est celui d’observateur. Initialement, il accompagnera le capitaine de l’équipe, c’est-à-dire Thélis, qui est particulièrement aimé par ses potes, mais, ensuite, il devra s’embarquer sur l’avion de Claude Maury, un lieutenant détesté par presque tout le monde, hormis du protagoniste, avec lequel, en fait, une amitié profonde se formera. La cruauté de la guerre, éventuellement, se fera sentir, et cependant plusieurs membres de l’équipage, que le lecteur a eu le plaisir de connaître, à la fois pour leurs mérites et défauts, vont disparaître, en faisant accroître l’inquiétude de Jean, qui est toujours une recrue qui a seulement vingt ans.
Je serai, en mentionnant ce qui m’a plu, plus axé sur les personnages, au lieu des séquences, car ce sont eux qui contribuent la plupart à la lecture. Donc, il y a le pilot as, qui est introduit à Jean dès que ce dernier arrive dans l’escadrille, et dont la mort arrive tôt, en faisant comprendre aussitôt au lecteur que le livre ne proposera pas une histoire de fantaisie, et il sera donc brutale, lorsqu’on parle de la réalité de la guerre. La prochaine mort qui m’a marqué, c’était celle de Deschamps, qu’on a peut beaucoup connaître, à la fois comme pilote, mais aussi en tant qu’homme du monde, pendant les périodes de congé. Son décès est à peine confirmé, en fait l’honorable pilote pars en recognition, pour ne jamais revenir, même si son cher capitaine espérait toujours en son retour. Enfin, il y a la mort du capitaine lui-même, après laquelle le ton du livre devient véritablement triste, parce que c’est comme si la pièce, la plus importante de l’équipe, disparaissait.
Le personnage d’Hélène, exactement comme ses actions à travers le bouquin, ne m’ont point impressionnés, et je trouve que sans sa présence, on aura eu moins de drame, surtout entre Jean et Claude, dont l’amitié était chaleureuse, jusqu’au point où ils découvrent tous deux qu’ils partagent la même maîtresse. À la fin, c’est le deuxième qui gagne cette espèce de rivalité, puisque, tandis qu’ils volent ensemble, ils sont attaqués, et contre toute attente, ils parviennent à survivre, mais Herbillon est blessé gravement, et cependant il meurt dès qu’ils atterrent.
En conclusion, j’ai trouvé ici une trame touchante et divertissante, même si j’ai peu apprécié certains éléments (évidemment le triangle amoureux), que j’ai personnellement considérés comme hors contexte, mais dont je reconnais toutefois la pertinence en termes d’intrigue. Le bouquin n’est pas trop long, et en effet on pourrait bien affirmer qu’il pouvait être plus élaboré, étant donné qu’il y a de nombreuses astuces à raconter, à propos de la vie dans une caserne de pilotes.
This entire review has been hidden because of spoilers.
Bad News: It is always difficult to start a new book...now I have to learn all words about a WWI biplane! Chapter 2 was very long, exhausting. But once the fly-boys and planes are up in the air...reading gets easier. It is all the weather and landscape descriptions that slow me down!
Good News: J. Kessel was a sucessful journalist, so he knows how to create a thrilling plotline...but he's crossed over into literature. His words are beautiful...not your "just the facts" style. Part 2, chapter 1: My goodness, Joseph Kessel knows how to turn a simple "plot point" into a jaw dropping moment. I did not see this coming!"
Good News: This is an autobiographical novel...and I'm still trying to figure out which pilot (Jean or Claude) J. Kessel is! Is he the vibrant young lover...or the experienced squadron captian who is trying to discover if he wife still loves him.
Personal: There were moments that left me breathless...so much emotion in a few words. If you look at the photo of Joseph Kessel he looks like a prizefighter. But do not be fooled...sa plume est amoureuse! This was a great story of male bonding and male rivalry. #MustRead...also available in English, "The Crew".
Un roman de J. Kessel se lit toujours avec plaisir. ‘’L’équipage’’ nous emmène sur les terrains d’aviation lors de la 1ere guerre mondiale et nous fait brillamment partager tous les sentiments qui animent tour à tour ces très jeunes pilotes et observateurs de vol plongés dans un effrayant conflit. A la recherche initiale de prestige, succèdent des sentiments bien plus vrais comme la camaraderie, l’entraide, le respect, la complicité, l’amitié et bien sûr la trahison ; Une relation amoureuse compliquée finit en effet par conférer à ce récit une tonalité encore plus tragique dans laquelle la guerre finit presque par passer au second plan. L’auteur a été lui-même pilote de guerre à cette époque et les lieux mentionnés sont tous bien réels. Un livre à lire sans hésitation.
Génial quand il s'agit de découvrir la vie d'escadrille - le quadrille, l'aspirant qui doit servir ses aînés, les grasses matinées les jours de brouillard, les jeux d'argent qui dérapent - mais sans conséquence car chacun sait sa mort prochaine, les cabarets... Daté et peu crédible quand on passe sur le triangle amoureux. On tourne en rond et c'est très cliché : la femme est hystérique et ne maîtrise pas ses nerfs, le jeune est noble et idéaliste. Je n'ai pas aimé tout le milieu du roman qui traite de ce sujet. Cela dit il y a de très beaux passages 'héroïques' comme la mort du capitaine.
C'est un hommage à tous ces hommes si courageux qui se sont battus dans le ciel durant la 1e Guerre Mondiale. Très beau récit, style flamboyant de Kessel. On y aime avec lui l'esprit de camaraderie, de sacrifice, de folie, d'intensité, de jeunesse, d'amour fraternel qui lient ces hommes capables de se dépasser.
"Alors ils surent ce que les camarades entendaient par équipage. Ils n’étaient pas simplement deux hommes accomplissant les mêmes missions, soumis aux mêmes dangers et recueillant les mêmes récompenses. Ils étaient une entité morale, une cellule à deux cœurs, deux instincts que gouvernait un rythme pareil. La cohésion ne cessait point hors des carlingues. Elle se prolongeait en subtiles antennes, par la vertu d’une accoutumance indélébile à se mieux observer et se mieux connaître. Ils n’avaient fait que s’aimer ; ils se complétèrent".
Une écriture rigoureuse, tendue, mais sans réelle chaleur. Le souffle romanesque peine à embrasser l’ampleur du conflit, réduit à une succession de missions/discussions plus techniques qu’émouvantes. La toile de fond de la Grande Guerre reste en retrait, peu incarnée, presque effacée derrière des dialogues sobres. La romance esquissée, elle, tourne court : elle n’élève guère l’intrigue, au contraire, elle fragilise tout. J’ai refermé le livre sans émotion, devant un récit déjà daté, alourdi par son style compassé et son héroïsme figé. On saluera l’élan de jeunesse de Kessel, avant l’écrivain impressionnant et vibrant qu’il deviendra.
Des pilotes jeunes et braves s’embarquent dans la grande guerre de 14-18 . Joseph kessel en sa qualité de militaire aviateur lui même rapporte la vie de l’escadrille ; fait découvrir au public ce qu’est l’aviation de guerre ( naissante à cette époque) . . Avec un souffle soutenu et romanesque il aborde différents thèmes : la naïveté de l’héroïsme ; la chance : la camaraderie ; l’amour ; la jalousie ; la mort et surtout l’amitié. La chute est intense et tragiquement sublime . . « ... et dans la tendre mort le capitaine entra vivant encore »
Lecture pénible. Je m'attendais à un récit de guerre proche du Feu de Barbusse mais à la place je n'ai eu droit qu'à une histoire d'amour sans grand intérêt, un insipide triangle amoureux. C'est Pearl Harbor sans les scènes d'action. Les personnages sont peu développés et aucun ne retient l'attention. Il y avait du potentiel pour un récit épique mais en 220 pages c'est un peu court. Décevant parce que j'avais beaucoup aimé Le Lion du même auteur.
Lecture obligatoire pour le bahut alors ce n'était pas mon choix. L'histoire est très plate et redondante, je n'ai pas aimé cette lecture... Et le vocabulaire utilisé est assez spécifique alors c'est difficile de suivre
J'ai bien aimé l'histoire d'amour entre les personnages, pais ce que j'ai déteste c'est déjà le chapitre 3 qui fait 30 PAGES 💀 Et beaucoup de moments ennuyants, de vocabulaire surtout (horrible) et j'ai rien compris à la fin, les moments de pilotage dans l'air c'est super incompréhensible...
C'est un beau livre qui en deux cents pages parle de la camaraderie, de la foi dans l'humanité, de la légèreté, de la recherche d'intégrité, en temps de guerre.
Joseph Kessel a une belle plume qu'il s'agisse des peuples dans la jungle, d'érotisme ou de la guerre.
Relecture du livre. Plaisir identique. C’est le premier roman de Kessel. Et déjà du très lourd. Si vous avez aimez Radiguet et son diable au corps vous allez adorer L’équipage de Kessel. Je n’en dit pas plus …
Guerre 14/18. Comment les hommes sont capables de partir au combat en voyant disparaître, chaque jour faisant, leurs camarades de vols. L'entente fusionnelle de deux d'entre eux. À quel point ?