Entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, il y eut aux États-Unis trois pionnières de l’anarcha-féminisme : Emma Goldman, Voltairine de Cleyre, et Lucy Parsons (1851-1942). Racisée, surnommée « la déesse de l’anarchie » par certains quoique souvent invisibilisée, elle est d’une grande radicalité. Pour elle, l’oppression des femmes est d’abord une affaire de classe et découle directement du capitalisme ; leur émancipation passe donc par celles de la classe ouvrière et des plus démuni·es. On lui doit la création de la grève sur le tas. « Ma conception de la grève, affirme-t-elle, ce n’est pas faire la grève, manifester dehors et mourir de faim, mais faire la grève, rester dans l’usine et s’emparer des outils de production. Si certains doivent mourir de faim, que ce soient les capitalistes. »
Lucy Eldine Gonzalez Parsons (c. 1853 – March 7, 1942) was an American labor organizer, radical socialist and anarchist communist. She is remembered as a powerful orator. Parsons entered the radical movement following her marriage to newspaper editor Albert Parsons and moved with him from Texas to Chicago, where she contributed to the newspaper he famously edited, The Alarm. Following her husband's 1887 execution in conjunction with the Haymarket Affair, Parsons remained a leading American radical activist as a member of the Industrial Workers of the World and other political organizations.
Très beau recueil de discours et d'articles, par Lucy Parsons qui a l'air d'avoir eut une vie difficile et qui s'est toujours érigée en defenseure des travailleurs.ses. La liberté et la libération par le travail, mais en tant qu'anarchiste revendiquée, elle défend aussi les femmes et les minorités dans un contexte ségrégationniste fort aux Etats unis. Elle avait un discours visionnaire de ce que pouvait devenir la société si elle s'affranchissait du capitalisme. Malheureusement, elle avait trop d'espoir sur le futur quand on voit la situation dans laquelle nous sommes actuellement, a nous de finaliser sa vision.
L'article "What Freedom Means" publié en 1906 résume parfaitement l'étau capitaliste qui nous oppresse encore aujourd'hui.
« Dans les affaires humaines, dans la vie, tout est une question de flux et de reflux, comme dans la nature, comme le ressac sur les rives de l’océan. Les vagues vont, jouent leur rôle puis repartent en laissant chacune leur marque […]. Personne ne doit se décourager, car les vagues du mouvement radical vont et viennent ; chacune laisse son empreinte […]. Nous ne pouvons tout accomplir en un seul jour, en une seule génération. Tout est une question de transmission et, sans vouloir vous flatter, j’ai bon espoir en vous. »
Un recueil de discours très pertinent, tristement effacé de l'histoire et des mémoires. Je ne connaissais pas Lucy Parsons et c'est encore un grand nom de femme que je ne suis pas prête d'oublier. C'est toujours émouvant de lire ce genre de traces écrites près d'un siècle plus tard, surtout en constatant que le capitalisme et les inégalités perdurent encore. Mais ses combats ne se sont jamais éteins, ils continuent de se frayer un chemin et déconstruisent grand nombre de nos précédents modes de vie.
“Personne ne doit se décourager, car les vagues du mouvement radical vont et viennent ; chacune laisse son empreinte. Le prochain grand mouvement marchera sur les traces des précédents et portera la lutte plus loin, jusqu'à l'émancipation des individus.”
Discours anarchiste lors d’assemblées pour le mouvement ouvrier, contre le capitalisme. Celui qui m’a le plus impactée était celui qui convainquait plutôt que persuadait, que le Fonctionnement même de l’anarchisme.