Un soir d’été de 1946, Boris Vian parie avec son éditeur qu’il peut écrire un «best-seller américain» qui trompera les critiques. Ce sera J’irai cracher sur vos tombes, qui paraît sous le nom de Vernon Sullivan dans une «traduction» de Boris Vian. Le livre fait scandale. Dans les caves de St-Germain, on s’interroge et Vian jubile. Hélas, en parallèle, la carrière d’écrivain de Boris ne décolle pas. L’Écume des jours est un échec alors que le public redemande du sulfureux, du Sullivan. Vian ne cache ni son amertume, ni sa fatigue.
Dans un jeu de miroirs, entre fiction et réalité, Dimitri Kantcheloff donne vie à un des minuscules drames intimes de l’histoire littéraire. Il offre à Boris Vian, écrivain dévoré vivant par son double, un hommage à sa mesure, élégant, virevoltant poignant.
Dimitri Kantcheloff est né en 1981. À vingt ans, ses succès relatifs de guitaristes dans des groupes de rock’n’roll l’incitent à accepter un emploi dans la communication. Quelques années plus tard, il quitte Paris pour les bords de la Méditerranée et trouve enfin le temps d’écrire. Après Supernova (Les Avrils, 2021), Vie et mort de Vernon Sullivan est son deuxième roman.
Le visage hagard qui orne la couverture est bel et bien celui de Boris Vian, le sujet de ce deuxième roman singulier de Dimitri Kantcheloff.
Une fois entamé, il est difficile d’en arrêter la lecture. Car quiconque s’étant passionné pour Vian, à un moment ou un autre de sa vie, dévorera à belles dents le récit de la création de Vernon Sullivan, supercherie littéraire qui aura des conséquences insoupçonnées pour sa carrière.
Avec de courts chapitres propulsifs, l’auteur nous fait revivre aux côtés de Boris l’époque bénie des existentialistes et des caves à jazz de Saint-Germain des Prés. On y fréquente le Vian prolifique, qui rêve d'une gloire littéraire. Le Vian qui joue de la trompette toute la nuit dans les bars enfumés, au grand dam de son médecin. Le Vian au souffle court, le Vian avide d'aventures extraconjugales.
Même si on connaît les grandes lignes de l'histoire, ça demeure une lecture fascinante.
Voilà un livre court mais où il se passe plein de choses. Le rythme est hyper rapide, trépidant. On a vraiment l'impression de pénétrer dans l'intimité d'un cercle d'artistes, d'être juste à côté de Boris Vian, et de voir une partie de lui que l'on connaît peut-être moins. et, en même temps, ça nous fait songer à la créativité, à la popularité, aux méandres de tout ça. L'intime et le public se mêlent à chaque page, avec juste la distance nécessaire pour ne pas trop en dire. Le tout sur très peu de pages, c'est aussi en cela que c'est une réussite. Impossible de s'ennuyer en parcourant ce texte au style enlevé ! En tout cas, ce roman biographique m'a donné envie de me repencher sur la vie et l'oeuvre de Boris Vian, et c'est plutôt bien.
Par ce livre on redécouvre Boris Vian, l’auteur tourmenté, mélancolique,fétard …. Son talent n’était pas reconnu à l’époque et il a ainsi écrit sous le nom d’un autre en espérant en faire un succès. Ce ne fut que polémique pour une époque après-guerre encore très peu ouverte.
Les chapitres sont courts, c’est rythmé, intéressant !
La biographie de Boris Vian à travers la vie et mort de Vernon Sullivan. Livre très original et détaillé sur la naissance de Vernon Sullivan. J’ai trouvé que le passage de la pièce de théâtre au procès puis du procès au film manquaient d’explications par rapport au début