Héloïse Freinet a tout connu : les premiers rôles, les palaces et la gloire. À la suite d’un violent traumatisme, la célèbre cantatrice est privée de sa voix pendant de longs mois. Contrainte de repartir de zéro, elle n’hésite pas une seconde lorsque l’opéra de Sydney lui propose un contrat. La soprano s’envole à l’autre bout du monde avec l’espoir que son histoire, elle, reste à Paris.
Scénographe, Camille Watson est passionnée par l’art lyrique et la mise en scène. Admiratrice de la carrière d’Héloïse et francophile, elle noue rapidement des liens avec la cantatrice. Au fil des semaines, des rencontres, des secrets partagés, la relation entre les deux trentenaires s’intensifie.
Si Héloïse reprend peu à peu confiance en elle grâce à Camille et ses amies, elle est loin de se douter que la jeune femme cache en réalité des sentiments plus profonds…
Mon avis :
C’est le 3ème roman de Marguerite que je lis. On pourrait croire que je suis habitué maintenant, mais pas du tout. À chaque fois, je me prends une claque. C’est simple, je l’ai commencé le matin à 10h et fini le soir à 23h.
Un bijou, une pépite, un bonheur de chaque page…
Bon, je vais tenter d’être un peu plus constructif.
Commençons par les héroïnes.
Il y a tout d’abord Héloïse, cantatrice mondialement connue dont la carrière a subi un coup d’arrêt brutal. Elle débarque à Sydney pour repartir de 0 ou presque. Je l’ai aimé avant tout pour ses failles, ses blessures encore à vif et qu’elle est venue panser au bout du monde. Puis, j’ai découvert sa force, sa résilience et cette volonté de revenir là où elle était. Pas pour la gloire et les paillettes, non, juste pour se prouver qu’elle peut le faire.
Vient ensuite Camille, Camille qui est à l’ombre ce qu’Héloïse est à la lumière. Elle exerce son art loin du regard des autres et quand elle aime, c’est en secret. Pour ne pas empiéter sur le territoire de l’autre, ne pas le blesser. Mais ne venez pas toucher aux gens qui lui sont chers, sinon, gare à vous !
N’oublions pas les personnages secondaires. De la bande de copines de Camille à la sœur d’Héloïse, elles savent être là quand il faut, des amies dont on rêve tous. Et puis quelle joie de voir apparaître Joséphine et Béatrice les personnages de “25 ans et 34 jours”.
L’histoire maintenant, elle est classique, mais Marguerite sait toujours apporter ce petit brin de magie, de poésie qui nous embarque, l’air de rien.Les pages se tournent, presque malgré nous. Elle dépeint les êtres, les âmes, avec une profonde justesse et une infinie tendresse. On rit avec elles, on pleure avec elles, on se réjouit pour elles.
L’ambiance ? L’autrice sait parfaitement nous transporter, sans jamais en faire trop, par petites touches (mention spéciale au vegemite que je suis curieux de goûter un jour). On n’est pas bombarder de description, juste la bonne dose pour s’immerger dans l’histoire.
Quant à la plume de l’autrice, si vous avez lu mes chroniques de ses précédents romans, vous savez que je suis fan. C’est bien simple : ouvrir un livre de Marguerite Grimaud, c’est se préparer à ne pas le lâcher avant la fin. Le style est exigeant, sans être pompeux. Les thèmes abordés sont maîtrisés et on sent une vraie passion de l’autrice pour l’art lyrique et l’opéra.
Bref, je pense qu’il est inutile que je m’étende plus, vous avez compris que j’ai adoré ce roman. Pour la plume de l’autrice, si douce qu’elle se fait presque oublier, pour l’ambiance australienne si dépaysante et aussi et surtout pour ses deux héroïnes, si fortes et fragiles à la fois.