Autopsie d'une passion. - Rentrée littéraire 2023 -
" Quand j'ai rencontré l'écrivain qui allait devenir mon mari, j'ai cru à une vie possible. Malgré l'ambiguïté de nos rapports mêlant intimement séduction et littérature, l'amour fou existait. Puis tout a basculé. L'inspiration est devenue transgression, jusqu'à rendre la famille dysfonctionnelle. Pendant des mois, j'ai voulu m'échapper, en vain. Mon histoire est celle d'une femme mariée en proie à l'emprise. La descente aux enfers que j'ai vécue, je devais l'écrire pour qu'émerge la vérité. "
Ce livre m'a tenu en haleine. Je voulais à tout prix savoir qui est Eva Ionesco, cette Eva décrite dans le livre éponyme de Liberati. Le style est superbe, mondain, parisien, frôlant la confession et la lettre personnelle, à la fois doux et acerbe. La voilà, la littérature qui choque et Eva Ionesco compte désormais parmi mes "Grand[s] amour[s]" littéraires.
Quel soulagement d'en avoir enfin fini avec ce livre qui m'a paru si long, bien plus que ses déjà trop longues 500 pages.
Dans ma critique d'Eva de Simon Liberati, il y a des années, j'avais écrit avoir trouvé le regard de Simon sur Eva très malsain. Je ne suis donc pas particulièrement surprise du tour qu'a pris leur relation, et Eva Ionesco le relate par le détail, sans rien nous épargner, sans s'épargner elle-même non plus d'ailleurs.
En ressort une litanie de disputes et réconciliations, de beuveries, de voyages, de crises en tout genre... Le tout dans un milieu très privilégié qui n'en a quasi aucune conscience. Je n'y ai guère vu de talent littéraire, j'ai eu l'impression de lire une sorte de journal intime non édité et franchement j'en ai été mi-écœurée mi-ennuyée.
C'est une ode de la force féminine devant l'adversité. il y a beaucoup de lucidité. Eva est solaire jusqu'au bout. Elle n'est ni laconique ni excessive dans ses descriptions. C'est rythmé.