Les fleurs possèdent cette qualité exceptionnelle d’être adéquates partout, en toutes circonstances et dans tous les décors, et cette aisance à habiter les lieux les distingue de toutes les autres formes de vie. Elles sont si répandues que la plupart passent inaperçues, ce à quoi veut remédier Le marché aux fleurs coupées, en les rendant visible une à une.Au détour d’un cheminement délicat et immatériel, Sarah-Louise Pelletier-Morin part à la recherche de l’essence de la fleur et confectionne un herbier poétiquement précis aux facettes multiples, tant intimes, biologiques, économiques, historiques que spirituelles. Déconstruisant la métaphore traditionnelle qui associe fleur et femme, elle fait le pari d’une façon autre d’être au monde, esquisse une poésie de soi et de la finitude du vivant. Entre l’humus de nos racines et l’haleine de vie qui nous porte, ce livre impose une écriture qui s’élève dans l’affirmation de sa force fragile.
"Notre pommier produit des fruits une année sur deux ; les forêts, quant à elles, avancent à leur rythme - tu n'y peux rien."
"raconte ce qui t'atteint avant la pudeur raconte encore ce qui te quitte avec la pudeur non ne raconte plus"
"à travers la solitude, l'obscurité et le silence les fleurs de mon enfance ressurgissent maintenant je sais : il n'y a pas d'adulte dans l'inconscient je veux"
Quelle belle plume! Tout en profondeur et en douceur. Parsemé de petits trésors ici et là qui portent à réflexion. Déjà hâte de lire ses prochains écrits.
Le marché aux fleurs coupées est un recueil de poésie qui nous entraîne dans plusieurs directions, en conservant le fil conducteur de la nature et des fleurs. En effet l’autrice parsème son recueil d’informations historiques et géopolitiques sur le marché de la fleur coupée, en plus de fournir des éléments de culture générale sur plusieurs variétés de fleurs. Étant moi-même amateur d’histoire et de géographie, ces éléments m’ont encore plus permis d’apprécier ce recueil déjà très impressionnant!
J’ai également beaucoup aimé sentir l’attachement de Sarah-Louise Pelletier-Morin et la place importante qu’occupent les fleurs dans sa vie. On dirait un herbier floral, amoureux et poétique, dans un superbe écrin (quelle couverture!) Néanmoins, l’autrice fait le pari de faire un recueil sur les fleurs où elles ne sont pas sans cesse comparées à la femme, évitant les raccourcis classiques (fragile femme, fragile fleur).
Collaboratrice à la revue L’Inconvénient, Sarah-Louise Pelletier-Morin est également candidate au doctorat en études littéraires de l’UQÀM.
Je ressors déçue de ce recueil de poésie pour la simple et bonne raison qu'il a été comparé à celui de Camille Readman Prud'homme (Quand je ne dis rien je pense encore) et c'est pourquoi je l'ai acheté, mais à part un passage ou deux, je ne vois pas la comparaison.
«Ne pars pas en quête de représentation. Dieu n'apparaît pas dans les forges. Dieu n'a pas de visage. Cherche la transcendance dans les montagnes et l'improbabilité d'une fleur en altitude. Promène-toi dans le bois mort. Incline-toi devant une racine qui persiste sous le poids d'un rocher. Apprends d'une forme hybride qui s'invente pour mieux s'adapter au climat. Invente ce qu'il te faut pour vivre.»
Intéressant, les plus beaux textes n’étaient pas pour moi les poèmes. Plus quelque chose de l’essai comme Habiter le vivant. Et ça s’étire un peu, comme des camélias hors saison.