Emylina, depuis son enfance, n’oublie plus rien, pour être sûre de ne pas oublier quelque chose d’important. Ni son grand-oncle muet, survivant déporté, ni son oncle révolutionnaire assassiné par la police dans les années 1980, ni son enfance dans la Roumanie de Ceausescu, ni les mots qu’elle classe dans son cahier « À Ne Pas Oublier ». Son coup de foudre pour une jeune Italienne fait aussi partie des choses inoubliables. Unies par le même sentiment de malaise et de colère face à leur génération, elles sont alliées et inséparables. Mais l’Italienne disparaît brutalement, en même temps qu’un meurtre est commis dans le café où elle travaillait. Alors commence une quête qui n’est pas une enquête. C’est l’histoire des disparitions qui amènent à la vie. Des vivants qu’on a envie de tuer et des morts inoubliables. C’est l’histoire de cette épreuve qu’est grandir, étrangère à son époque et à sa génération, dans un monde qu’on déteste, l’histoire des refuges possibles. L’histoire de ce dont on se consolera peut-être, et du reste, qui nous laisse inconsolables.
Lola Lafon, née en 1973, est une chanteuse, femme de lettres et compositrice française.
D’origine franco-russo-polonaise, élevée à Sofia, Bucarest et Paris, Lola Lafon s’est d’abord consacrée à la danse avant de se tourner vers l’écriture. Après des publications dans des fanzines et des revues alternatives , elle a été répérée par des revues littéraires ( la N.R.V, entre autres, qui a publié ses premières nouvelles en 1998 et jusqu’en 2000.)
Chaque sortie de roman a été accompagnée d’un « concert lecture ». Après une commande du Festival « les Correspondances de Manosque » à la sortie de « De ça je me console », elle a, avec ses deux musiciens, effectué une tournée de plus de trente dates qui s’est terminée aux Bouffes du Nord. Pour la sortie de Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce , Lola Lafon a, à la demande du théâtre de l’Odéon, créé un concert-lecture inédit intitulé « La petite fille au bout du chemin », qui mêlait différents textes d’auteurs divers, tous autour de la figure de son héroïne et de ses comparses imaginaires et littéraires. Pour La Petite communiste qui ne souriait jamais , elle prévoit également une création (si ces concerts-lectures sont surtout donnés dans des théâtres et des festivals du livre, elle aime également à les délocaliser et à les proposer en version courte ou simplement à deux — elle-même plus un musicien— dans des librairies qui pourraient souhaiter les accueillir.)
Lola Lafon, c'est lire la colère, la quête d'identité, de sens, le refus des normes, la mélancolie face à ce qu'on est, ce qu'on a perdu, ce qu'on ne gagnera pas. Lola Lafon ce sont des femmes perdues, fortes, en marge, qui se lient et se délient, qui multiplient les rencontres, sortent du cadre, s'y sont retrouvées enfermées. Lola Lafon c'est toujours la rébellion des corps, des idées, des pensées, c'est quelque chose qui nous touche, gratte sous la surface. C'est de l'espoir aussi, des rayons de soleil qui percent les nuages. C'est cette plume qui sait à chaque fois comment toucher juste, comment nous cueillir, nous emmener, nous perdre. C'est la douceur des petites choses, et leur dureté aussi, ce sont les grands chagrins et les pertes de repères, les petits bonheurs et la certitude qu'autre chose est possible.
Bref, Lola Lafon c'est à chaque fois une réussite.
A toutes nos disparitions. Merveilleux fouillis, le roman d'une enquête qui n'en est pas une. Si ce n'est la quête de l'héroïne de trouver un sens à sa vie et d'appréhender les disparitions autour d'elle
Lire Lola Lafon pour moi c'est comme me blottir dans mon plaid préféré tout en me frottant au monde, je retrouve ces mêmes thèmes que j'aime (la Roumanie, la danse, la lutte, des femmes qui refusent le quotidien) et cette façon d'écrire onirique et inspirante. J'ai cependant eu un peu de mal à rester concentrée tout le long de ce roman / traité / liste de choses à ne pas oublier, un peu fouillis. Un peu triste car c'était mon dernier roman d'elle qu'il me restait à lire et j'en suis réduite à attendre la prochaine sortie.
ce livre joue constamment avec les mots, parfois un peu au delà de ma compréhension poétique haha, et porte une vision de la vie qui me touche complètement. J’ai eu du mal à accrocher, mais finalement la fin est très belle. je saurais pas dire si j’ai aimé ou pas, mais je m’en souviendrai
C'est un livre plein de replis, de souvenirs, à vif, une langue vivante. Une narratrice fâchée contre cette génération de "jeunes jeunes jeunes presque morts", qui voudrait vivre en marge, agir, n'y arrive pas complètement. Elle rencontre différents révoltés, se cherche une place. Au-delà de ça, c'est bien écrit, attachant, met le doigt sur les bobos (parfois trop), avec amples digressions et ce trop plein d'émotions qu'on ne sait pas où mettre. Au moins il y a les cahiers.
Emylina, depuis son enfance, n'oublie plus rien, pour être sûre de ne pas oublier quelque chose d'important. Ni son grand-oncle muet, survivant déporté, ni son oncle révolutionnaire assassiné par la police dans les années 1980, ni son enfance dans la Roumanie de Ceausescu, ni les mots qu'elle classe dans son cahier " A Ne Pas Oublier ". Son coup de foudre pour une jeune Italienne fait aussi partie des choses inoubliables. Unies par le même sentiment de malaise et de colère face à leur génération, elles sont alliées et inséparables. Mais l'Italienne disparaît brutalement, en même temps qu'un meurtre est commis dans le café où elle travaillait. Alors commence une quête qui n'est pas une enquête. C'est l'histoire des disparitions qui amènent à la vie. Des vivants qu'on a envie de tuer et des morts inoubliables. C'est l'histoire de cette épreuve qu'est grandir, étrangère à son époque et à sa génération, dans un monde qu'on déteste, l'histoire des refuges possibles. L'histoire de ce dont on se consolera peut-être, et du reste, qui nous laisse inconsolables.
J’ai adoré cette lecture pour plein de raisons. - le pitch en 4e de couverture ne me disait trop rien, et en fait j’ai été happée par l’histoire, qui part dans plusieurs directions. On a la Roumanie de Ceaucescu, la maladie de son père, et le deuil d’une amitié ; de nouvelles rencontres, des projets, un travail d’écriture collectif. J’ai aimé qu’on m’embarque comme ça dans plein de directions différentes. - j’ai adoré les personnages et surtout les passages avec le père de la narratrice. Grischka est aussi exceptionnel. Le manque de l’amie est bouleversant. Tout est beau et bien écrit. - la construction est dingue, on a plein de collages de textes différents, journaux intimes, carnets de notes, récits à différents moments, lettres … j’ai adoré ce sentiment d’être ballotée en tous sens. - enfin le regard critique sur la société, regard très acéré, sur les “presque morts”, est vraiment piquant et pousse à la réflexion. Bref magnifique lecture. J’ai adoré et je recommande +++ Seul bémol, la fin est un peu longue, voilà pour moi.
Quand j’ai commencé à lire ce livre il y a quelques semaines j’étais dans un état d’esprit un peu similaire à celui de la narratrice, errant dans mon propre désespoir et ses mots y ont fait écho d’une manière si familière et réconfortante, je me suis retrouvé.e à engloutir les 200 premières pages presque d’une traite comme un elixir fait pour moi à ce moment là précis. Je voulais parler à personne, je voulais rien faire d’autre que de lire ce que ce personnage avait à dire et errer avec elle, ses souvenirs, sa poésie et sa douleur.
J’avais beaucoup d’aprioris en commençant ce livre: - Des bons. Le titre « De ça je me console » m’attirait instinctivement, il me parlait à lui tout seul comme si il nommait un besoin. Et la couverture de l’edition babel me faisait de l’oeil. J’avais lu « Chavirer » avant que j’avais beaucoup aimé et ces trois éléments combinés, j’étais sûr.e que ça me plairait. Et ça m’a effectivement beaucoup plu. Et l’usage du titre à travers le livre le rend d’autant plus spécial à mes yeux. - Des mauvais. J’avais lu les premières pages en pdf après avoir passé commande, et je m’étais un peu inquiété d’avance que la narratrice me fasse rouler des yeux avec ses « jeunes jeunes jeunes » et « presque morts » et sa critique de « la société » qui aurait pu être sans nuance et prétentieux. Mais en fait j’ai pas du tout trouvé ça creux ou si prétentieux que ça, vraiment pas du tout. Elle sait qu’elle aussi elle fait partie de tout ce qu’elle trouve terrible dans l’humanité autour d’elle. Elle se place pas au dessus dessus des autres faussement supérieure. Je crois que ce qui m’a touché le plus justement, elle veut juste trouver une façon de vivre avec d’autres, qui fasse sens pour elle. La direction qu’elle choisit pour ça est pour moi un peu idéaliste et en dehors de mon royaume des possibles mais ça reste quand même un personnage touchant qui fait beaucoup de sens pour moi.
Pour moi ce n’est pas un 5 étoiles comme chavirer l’était. Et pourtant je suis plus attaché.e à Emyliana que je ne l’étais à Cléo. La structure un peu libre et qui va dans tous les sens du livre est aussi belle et intéressante que parfois difficile à suivre avec des passages où je ne comprenais pas tout. Le vocabulaire de la narratrice lui appartient, elle manie les mots à sa façon, elle les déverse, ils veulent dire ce qu’ils veulent dire pour elle. Ça a son charme, moi aussi j’aime bien écrire de cette façon dans mes carnets. Mais ça sort parfois un peu du livre.
J’ai trouvé la fin assez difficile à lire notamment, j’avais du mal à rester concentré.e et je voyais plus trop où elle allait. Ça me donnait une sensation d’inachevé ou de fin rapide juste histoire d’en avoir une. Parce que je pense que c’est de la fiction autobiographique (du peu que j’ai lu de la vie de Lola Lafon) ça fait sens. C’est plus une sorte de voyage poétique intérieur, qu’une histoire au sens propre du terme, qui va d’un point A à un point B, ça donne une sensation d’inachevé parce que la vie de la narratrice est loin d’être finie pareillement à l’autrice. Et elle le dit elle même en citant Flaubert, que conclure ça n’a pas d’importance et parfois ça n’a pas de sens et que c’est regarder les vagues qui importe (ou quelque chose comme ça). Et peut être que c’est vrai ici. Mais du coup ça donnait une sensation de fausse conclusion quand même c’est assez rushé tout d’un coup après tant de pages à prendre son temps. Mais le fait qu’il y ait le traité des mots à ne pas oublier à la fin reste une très jolie manière de finir le livre.
En bref j’ai adoré m’immerger dans ce livre, à l’écriture très belle, qui m’a fait découvrir plein de choses, les souvenirs d’Emilyana sur la Roumanie, sur son père notamment étaient super à lire, et la description du deuil, de l’amour, de l’amitié, du trauma intergénérationel m’ont beaucoup touché.e et je suis très reconnaissant.e d’être tombé.e sur ce livre au moment où je l’ai fait. Je pense juste qu’il y manquait quelque chose et que la structure était un peu trop floue pour moi par moment. Je le recommande quand même! Et je suis très curieuxse de lire d’autres ouvrages de cette autrice.
Encore un titre de roman incroyablement poétique qui annonce parfaitement la poésie du récit. Ce titre vient d’une sorte de jeu que pratiquait l’autrice avec son père lorsqu’elle était petite pour dédramatiser les événements tristes. Ce livre, le deuxième de Lola Lafon après "Une fièvre impossible à négocier", en est la suite logique, presque un deuxième tome, et suit les mêmes procédés d’écriture : une sorte d’autofiction presque sous forme de journal intime, qui laisse entrer le lecteur dans le cerveau plein de prose de l’écrivaine “apatride”. Certains passages apparaissent d’ailleurs dans les deux livres, créant une certaine forme de répétition pas vraiment dérangeante puisque c’est un peu la marque de fabrique de Lola Lafon. C’est peut-être le livre que j’ai le moins préféré entre ceux déjà cités et "Chavirer", mais c’est aussi celui dont les sujets sont les moins violents/difficiles et donc les plus accessibles. Je conseillerais donc, si on veut découvrir Lola Lafon, de peut-être commencer par celui-ci, puisqu’il donne un très bon avant-goût de sa marque de fabrique.
Ahlala j'ai adoré encore une fois. J'étais à la bibliothèque et je cherchais un livre sans savoir lequel et là bim le titre le résumé avec tout pile ce que j'avais envie de lire. Y'a même la Lozère j'ai pleuré de joie je crois. Merci merci
Était-ce son premier roman ? Je n'ai retrouvé vraiment l'impression que m'avait faite La Petite communiste qui ne souriait jamais dans aucun de ses autres romans (Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s'annonce & Une fièvre impossible à négocier), qui m'avaient plu cependant. J'ai trouvé ce roman plus faible. Des remarques qui me plaisent et me parlent mais qui surnagent dans un tout qui manque de consistance. Pas d'intrigue, ou pas vraiment, c'est un choix mais qui dilue le tout.