À l’heure des démissions en cascade des enseignants, William Lafleur tente de comprendre comment on en est arrivé là. Il décrit un système sur le point de s’effondrer et qui ne tient plus que par la bonne volonté de professeurs sacrifiant trop souvent leur bien-être au profit d’une institution qui les maltraite. Loin de l’image du fonctionnaire capricieux présentée dans les médias, il passe en revue les réformes néfastes des ministres successifs, la formation hors-sol, Parcoursup, les conditions de travail déplorables et les salaires gelés. William Lafleur a voulu cet état des lieux de l’éducation en France participatif. Suite à un appel à témoignages auquel ses collègues ont répondu massivement, il a sélectionné les récits les plus percutants pour enrichir sa propre expérience et montrer l’impact direct des dysfonctionnements de l’institution sur nos enseignants et, surtout, sur notre jeunesse. Il est temps de redresser la barre, avant que tout le monde ne quitte le navire, avant le naufrage de notre système éducatif.
Tout est dit dans ce livre, il n’y a pas un mot de trop: la vétusté des locaux, les parents qui nous harcèlent, les classes surchargées…. Ce livre dresse un portrait exacte de l ‘état délabrement de notre système scolaire. Il raconte comment depuis plusieurs années les différents gouvernements ont détruit sciemment le système éducatif français. Ce livre devrait être lu par tout le monde pour vraiment avoir un débat sur l avenir de nos enfants et sur la re fondation nécessaire de notre système éducatif.
Ce livre explique à ceux qui ne sont pas du métier la dégradation de la profession d’enseignant : malveillance de la hiérarchie, bêtise des différentes réformes, baisse du nombre d’heures, déclassement par le gel du point d’indice, mauvaise foi des n+1, le harcèlement des parents, l’absence d’écoute du ministère, la réduction des moyens, les incivilités des élèves et le prof bashing (de Blanquer, Sarkozy ou des gens en général) …et encore il en manque.
Quand on est du métier, on y apprend rien. La seule chose que je ne savais pas c’est que les Psy EN faisaient le tour des écoles primaires pour faire les tests Itep, Segpa, QI…avec leur propre voiture et quand il y a beaucoup d’écoles primaires dans le secteur ou qu’elles sont éloignées, ça fait beaucoup de bornes. Comme c’est l’éducation nationale, ils remboursent l’essence des cacahouètes en prenant en compte le kilométrage à partir de la mairie par exemple et non l’endroit où tu vas vraiment ou bien prennent en compte le prix de l’essence d’il y a 10 ans et ne mettent jamais à jour par rapport à l’inflation. Enfin, si l’on fait 10000km par an avec notre véhicule personnel pour le boulot, son véhicule s’use plus vite et on n’a aucune aide pour en acheter un nouveau évidemment. (c’est le cas pour les TZR ou contractuels aussi mais pour les Psy EN, je n’avais pas idée)
Alors, ce livre est bien dans l’ensemble car il englobe tous les aspects du métier. C’est méticuleux et complet. Il y a par contre un biais car il y a beaucoup d’inconvénients et il ne mentionne que peu les rares avantages qu’il reste.
C’est donc la partie que je vais rajouter. Dans ce métier, pour être assez heureux, il faut maximiser les avantages et minimiser les inconvénients.
Ma stratégie, c’est qu’il faut corréler son intensité de travail au rapport point d’indice/inflation. Si le point d’indice stagne par rapport à l’inflation, travaillez moins. S’il est égal, travaillez pareil. S’il est supérieur, travaillez plus. Donc moi, ça fait 15 ans que je travaille de moins en moins.
Quelques exemples:
- faire des évaluations écrites seulement l’hiver quand il fait moche et que corriger ne vous embête pas car vous n’avez pas les moyens de partir aux sports d’hiver de toute façon et qu’en février, il fait moche, Le reste du temps, faites des évaluations orales : le temps que toute une classe fasse son exposé, ça prend bien 3h de cours et vous pouvez rester tranquillement assis à étirer vos muscles. Evaluer la participation orale ou faites des évaluations super courtes à corriger (définitions, vocabulaire…) Corrigez ça entre deux cours ou pendant qu’une autre classe est en évaluation. Le but : ne jamais ramener de travail à la maison. - Ne faites pas de cours en rapport à l’actualité. Faites des cours sur des thèmes qui ne se démoderont jamais, comme ça, vous n’aurez pas à refaire vos cours tous les ans. - Pour mettre du beurre dans les épinards : remplacez vos collègues sur vos heures de trous. Pour ne rien préparer, photocopier des exercices dans un livre et faites les bosser dessus. Ne faites des remplacements que sur des classes cool et vérifiez en jetant un œil à Pronote, onglet discipline le nombres de sanctions en moyenne par classe (si trop de sanctions, reposez vous plutôt). - Pour les parents procéduriers et pénibles, augmentez les notes de leur gosse. Dites leur ce qu’ils veulent entendre jusqu’à avoir la paix. Vous faire insulter sur votre temps libre, ne vaut pas la peine (et ce n’est pas payé !) - Ne pas être prof principal, ne jamais organiser de sorties, ne faire aucune tâche qui ne soit pas rémunérée. Refusez tout projet, toute formation et n’allez pas aux réunions interminables : trouver une excuse bidon pour tout, rien à foutre.
Pour le côté, peu épanouissant du métier car répétitif, il faut trouver des petites choses qui vous fassent du bien au travail : préparer vous de bons petits plats pour midi, améliorer la décoration de la salle, ne manger pas avec les collègues toxiques en installant un micro onde dans votre armoire pédagogique, apprécier la vue depuis votre salle, le sourire d’un élève sympa, mettez une page web en fond sur votre écran d’un truc qui vous intéresse (Goodreads, le Quinté +, Instagram ?), mettez votre musique dans le disque dur de l’ordi du boulot et ramener du matériel de sport, écoutez des podcasts, marcher en rond dans la salle en pratiquant la pleine conscience pendant que les élèves écrivent et prendre toujours un livre à lire bien sûr.
Ayez une marotte. Devenez auto entrepreneur en lien avec votre passion et poursuivez votre passion les jours fériés, les week-ends pluvieux, les vacances moches comme la Toussaint parfois ou certains étés où il fait vraiment trop chaud. Vous pouvez rénover des appartements, acheter des ruches et être apiculteur, faire une formation d’hypnothérapeute, un prof de mécanique fera des petites réparations en dehors du boulot, les fans d’animaux pourraient faire de la pension de chevaux ou un élevage canin, de la création de bijoux, pompier volontaire, pizzaïolo, viticulteur… Le but n’est pas forcément de gagner une fortune mais dans les moments difficiles au boulot de pouvoir se dire qu’enseigner n’est que votre gagne-pain mais que vous êtes bon pour restaurer des meubles, et que cette petite commode vous attend chez vous prête à être repeinte et que c’est ça votre raison de vivre, pas ce connard de Killian qui fait des bruits de pets dès que vous êtes retourné à écrire au tableau. Enfin, quand on vous demandera votre métier, dites que vous êtes restauratrice de meuble mais que vous donnez des cours à côté. C’est bon pour l’estime de soi. Si la retraite est repoussée d’un an tous les 5 ans au vu de la démographie, il vous faut un boulot plaisir en plus pour se tisser de nouvelles relations dans un domaine que vous aimez, faire un peu de sous pour préparer une future désindexation des pensions et acquérir de nouvelles compétences pour vous occuper à la retraite et ne pas glander toute la journée devant la télé.
Dans une société où tout le monde te crache dessus, qu’un ancien président dit que tu es grosso modo un branleur, que les sénateurs s’augmentent de 700 euros/mois et votent un loi t’obligeant à travailler 7h/an gratuitement et gèlent ton salaire tous les ans, que quand ton oncle ou ton maraîcher te voient, le premier truc qu’ils te disent, c’est « Alors toujours en vacances ? » ou bien « Alors bientôt les vacances ? », il est primordial de se protéger, de se défendre psychologiquement et financièrement.
Quand on est marin sur un paquebot vétuste qui menace de couler, qu’il n'y a de canots de sauvetage que pour la hiérarchie, que peu de moyens sont consacrés à sa rénovation, que votre salaire stagne, que les passagers vous traitent de fainéants et que les officiers vous culpabilisent de ne pas en faire assez, il est grand temps de construire un radeau sur son temps libre. Tiens, un collègue qui vient de sauter par le hublot, courage petit collègue, nage de toutes tes forces !
Un état des lieux complet du naufrage du navire "éducation nationale", qui permet aux initiés (personnels de l'EN) de s'identifier aux différents témoignages et se sentir moins seuls, et aux non initiés de l'EN de découvrir les rouages de ce navire en perdition, sabordé par des réformes successives visant à faire des économies et privatiser ce service public. A lire et partager autour de soi pour mieux comprendre notre situation actuelle.
Une lecture nécessaire pour tous les personnels de l’éducation nationale mais aussi et surtout pour les autres. Un portrait réel et poignant de la réalité des conditions de travail dans les écoles de France.
Un livre plutôt éprouvant à lire pour quelqu’un qui fait partie du métier. Même si la plupart des informations ne sont finalement pas nouvelles pour nous, on retrouve quasi toutes les problématiques du métier d’enseignant. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est le sentiment de ne pas être seule, même si cela fait un peu peur de se dire que c’est si généralisé! J’ai trouvé que l’auteur réussissait à démonter pas mal des à priori du métier de prof. J’aurais cependant aimé que le mythe du « prof allemand » soit un peu mieux démonté (voir l’article du café pédagogique à ce sujet). Il y a quelques redites dans la dernière partie du livre mais somme toute je trouve ce livre complet, pertinent voire percutant. Tout y est vrai, j’ai particulièrement aimé lire la journée-type du prof d’anglais en 5e. Très parlant et finalement même si c’est pour montrer qu’une heure de cours c’est fatigant j’ai trouvé que ça montrait toute l’humanité de ce métier. Espérons que le livre soit lu « là-haut » mais je n’ai plus tellement espoir que les choses changent. Triste constat quand même d’avoir tant sacrifié pour réussir à faire ce métier pour au final n’être ni reconnue par sa hiérarchie, la société ou même par sa rémunération.
J’ai beaucoup aimé lire ce livre parce que ça permet vraiment d’anticiper l’entrée dans le métier de s’attendre à vivre des expériences assez complexes. J’ai trouvé tout de même que le texte était très sombre, très négatif. Je comprends qu’au bout de 12 ans, l’auteur a avait vraiment marre de ce métier et de ses problèmes mais j’aurai souhaité peut-être un peu plus d’objectivité et surtout de note de positivité même si ce n’était pas le but de l’ouvrage, un peu d’optimisme ne fait jamais de mal !
Un livre à lire par tout le monde (futurs enseignants, parents, citoyens). Il fait état d'une situation alarmante, partagée par de nombreux profs. Je n'ai pas pu lâcher ce livre-j'étais au bord des larmes pendant une bonne partie de la lecture et ça m'a mis la trouille. Les gens pensent savoir parce qu'ils ont été élèves et parce qu'ils pensent que leurs enfants sont des anges, mais en réalité, la vérité est bien plus noire et bien plus dure...
Je m'attendais à un pamphlet rigolo dans le style des publications facebook de l'ex "Monsieur le Prof" et j'ai été "déçue en bien" comme disent nos voisins Suisses. Cet essai dresse un bilan inattaquable, clair, précis et factuel des dysfonctionnements du système à travers des chapitres explicites nourris de nombreux témoignages. Un ouvrage indispensable à mettre dans les mains de tous les profs (qui se sentiront moins seuls), de tous les ex et futurs profs et de tous ceux qui détestent les profs. Bref, un livre à offrir largement autour de soi !
Noble cause que de parler des problèmes de l’Education Nationale, qui, malheureusement, sont nombreux. J’espère que ce genre de livre peut faire prendre conscience à certaines personnes du chemin à parcourir et des réels problèmes liés à l’enseignement. Maintenant le livre était bien trop à charge et très négatif (c’est sûrement la réalité du métier), ce qui fait qu’il était un peu plombant et dur à lire parfois. Mais je salue le fait d’avoir recueilli des milliers de témoignages pour l’écriture de ce livre. C’est essentiel de ne pas avoir qu’une seule voix.
4 étoiles, parce que 5 voudraient dire que j’ai moi aussi perdu la foi dans ce métier et ce n’est pas (encore, peut-être) le cas. C’est un état des lieux fort bien documenté par nombre de témoignages de professeurs et professionnels de l’Éducation Nationale, de ce fait très réaliste, mais par conséquent assez peu optimiste. J’espère que ce livre permettra à d’autres de comprendre la réalité du terrain, ce qui fait les joies et les malheurs de ce qui reste pour moi « le plus beau métier du monde ».
État des lieux réaliste et effrayant du métier d'enseignant en France aujourd'hui. Il faudrait surtout que les "non-profs" le lisent... Je vais en faire cadeaux à toutes les personnes qui critiquent les profs !
Une retranscription fidèle à la réalité de l'ex plus beau métier du monde qui est le mien. Merci William pour ce témoignage d'une époque qui tue notre métier.
Il est vrai que comme lecture d’été plage c’était particulier. J’arrive pas à mettre 5 étoiles parce que la lecture de ce livre m’a laissé encore plus désespérée face à l’état de mon métier. Il faut des livres comme celui ci pour que les gens qui ne sont pas du métier puissent comprendre ou ne serait-ce que toucher du doigt nos difficultés. Mais c’est dur de lire le miroir de ses angoisses, de voir qu’on se pose les meme questions depuis des années mais que les choses empirent. Bref c’est un excellent livre pour qui veut comprendre la situation de l’éducation nationale de façon vraie. Pas un tres bon livre pour échapper à son quotidien en été.
This was an eye opener of a book about the French school system and the fate of those who decide to embrak on a career in the 'system'. Scary not to be able to choose where you go, not to be able to resign if you want, to undergo the inspections etc.... Easy to read and plenty of anecdotes to illustrate the points. Loved the passage about a typical day in the English classroom.