Quand, du haut de ses quinze ans, Ortie se retournait sur son enfance, c’était là qu’elle se retrouvait : sur le sofa de Tante Viv, entre ses deux sœurs. Épine, préadolescente aussi brillante que contradictoire, source infinie de portes claquées, qui remplissait 90 % de l’attention de leur sorcière de mère. Et la petite Ronce, qui avait une façon bien personnelle d’occuper les 10 % restants. C’est à cette époque-là que tout a vrillé. Là qu’Ortie a commis un impair de catégorie supérieure, qui lui a pavé la voie vers de très sérieux problèmes. Premier tome d’un diptyque de fantasy inventif, chaleureux et trash : une histoire de sorcières qui renouvelle le genre, par l’autrice de Bordeterre.
Alors âgée de cinq ans, la jeune Ortie va donner son Nord, son destin, à son ami Corentin sans trop comprendre les implications de son geste. Mais à la suite de ça, sa magie et sa vie vont être lourdement affectées par cette erreur. Va-t-elle pouvoir récupérer son Nord et devenir la sorcière qu’elle souhaite être ? ⠀ J’ai absolument adoré ce premier tome. Ces derniers temps j’ai été nettement moins emballé par les romans Young Adult que j’ai pu lire mais la plume et la singularité de l’univers développé par Julia Thévenot m’ont complètement séduit. ⠀ Je me souviens avoir été un brin mitigé de ma lecture de Bordeterre, le premier roman de l’autrice, qui bien que très original aussi, avait une écriture un peu trop orale (et un tantinet vulgaire) à mon goût. Ici, je trouve le ton et le registre bien plus équilibrés, tout en restant piquants et savoureux. Le roman n’est pas dénué non plus de poésie, tant dans l’écriture en elle-même que dans le world building. ⠀ Et parlons en de cet univers imaginé par l’autrice ! D’une certaine manière, il m’a un peu rappelé Magic Charly pour son côté parfois un peu absurde et haut en couleurs. Mais là où la magie de Magic Charly est somme toute assez proprette et mignonne avec ses pâtisseries enchantées et ses serpillères animées, la magie de Mille Pertuis est bien plus organique, « sale » et parfois même un peu trash. ⠀ En effet, dans cette duologie, la magie vient vraiment du corps de la sorcière, puisqu’après tout, tout ce qui vient de soi est au moins aussi fort que soi-même. Alors oui, pour faire de la magie, on utilise allègrement ses fluides corporels, et on doit se connaître sur le bout des doigts, quitte à s’ouvrir le ventre pour découvrir et manipuler chacun de ses organes. C’est à la fois pas très ragoûtant et en même temps c’est une invitation à voir son corps autrement, à reconnaître la magie que notre organisme produit au quotidien. ⠀ Dans ce livre, l’autrice explore pas mal de notions très importantes, comme l’identité au sens large, le rapport au corps (et à la sexualité), mais surtout une bienveillance à cultiver vis-à-vis de soi-même. ⠀ J’ai beaucoup aimé les personnages, notamment les trois sœurs dont la dynamique m’a un peu fait penser aux Sœurs Carmines, notamment par le côté bêcheuse d’Epine, l’aînée, et la candeur un peu brute de Ronce, la benjamine. Les personnages féminins, majoritaires dans le roman, sont forts et nuancés, et montrent une grande diversité de personnalités. Quant au personnage de Wandrille, je l’ai trouvé très intéressant car on ne sait vraiment pas quoi penser de ce jeune homme profondément ambitieux, pas franchement sympathique, mais qu’on a quand même envie de voir réussir. ⠀ J’ai vraiment adoré toutes les idées qu’a eues l’autrice et la cohérence de son univers. Tout n’est pas beau et lisse mais tout est intelligent et bien pensé. Une expérience complètement décomplexée qui véhicule de jolis messages de tolérance et de bienveillance. Je n’ai qu’une hâte, pouvoir découvrir la suite (et fin) de cette aventure.
Bon. Je ressors de cette lecture très énervée. Et pourtant je n'avais aucun a priori sur ce livre. J'en avais eu de bons échos et le fait qu'il ai obtenu le prix Imaginales jeunesse m'avait décidée à l'emprunter à la bibliothèque pour le lire au plus vite. Au début, tout commençait bien. J'avais l'impression de lire quelque chose de très bien écrit et surtout absolument original. Je ne suis pas sûre de comprendre la classification en jeunesse car c'est quand même un peu gore des fois, mais à partir de 12 ans, c'est une chouette lecture, pensai-je. Et puis, au fil de la lecture s'est dessiné en creux une idéologie bien réac, une sorte de "moi je ne suis pas comme les autres féministes : j'aime les hommes et je crois au pouvoir de mon vagin." En soi, ok, pourquoi pas, je ne lis pas des romans jeunesse en espérant découvrir un essai féministe intersectionnel abouti, mais au fil des pages, le malaise grandissait et là ce fut le drame : une référence à JK Rowling. Puis deux. Puis vraiment vraiment BEAUCOUP. Je pense que vous commencez à voir le problème. Je développe dans une partie spoiler ci-dessous. Mais pour celles et ceux qui s'arrêtent ici, je résume en bref : si vous avez l'intention de lire ce livre, soyez prévenu-e, et si vous prévoyez de le faire lire à des plus jeunes, assurez-vous d'en parler avec elleux après.
SPOILERS - Le livre est écrit en 2023. On savait déjà que JK finançait des assos et lobbys transphobes. Les références trop nombreuses à son oeuvre dans le livre sont malaisantes, et le fait de la mentionner nominément dans les remerciements est au mieux de la bêtise, au pire du dog whistle pour l'extrême droite et les "femellistes"/TERF. - L'histoire repose sur le fait qu'un petit garçon se découvre "sorcière" alors que ce n'est théoriquement pas possible. De là découlent plusieurs problèmes. Le garçon est clairement dépeint comme sur le spectre autistique et dans le flou sur son orientation romantique. Je me suis alors demandée si on allait vers une réflexion sur le genre (est-il trans ou non-binaire par exemple ?), mais l'autrice ne va jamais dans cette voie là, la possibilité n'est même pas évoquée, ce qui est vraiment très étrange dans le contexte. - La seule mention du mot "trans" est accolée à "pute", et est prononcée par un chasseur de sorcière. - L'héroïne, Ortie, a des pouvoirs qui découlent de ses fluides et donc, parfois, de ses règles. En soi pourquoi pas. Mais l'insistance sur le biologique dans un contexte où les personnes trans (et notamment les femmes trans) n'existent visiblement pas est malaisant. - la société des sorcières est une sorte de matriarcat misandre et présentée comme mauvaise. On découvre qu'elles sacrifient les petits garçons sorciers aux "mains noires", sorte d'allégorie de la mort. Ce cliché qui fait du matriarcat un miroir du patriarcat est une connerie monumentale. Aucune société matriarcale ayant existé dans le monde n'a massacré et violé des hommes, comme les hommes le font sur les femmes sous le patriarcat. Tenir ce genre de fiction me rappelle à nouveau les "femellistes", masculinistes et partis d'extrême-droite. - Ortie se lance à un moment dans un monologue intérieur où elle critique ses aînées en disant qu'elles sont bêtes de penser que "tous les garçons" sont foncièrement mauvais et dangereux alors qu'elle connaît des garçons très gentils. Les sorcières sont présentées comme aveuglées par leurs envies de vengeance sur les hommes et les chasseurs de sorcières. - la scène de tentative de viol est très malaisante et sert plus tard à juste appuyer un monologue intérieur d'Ortie où elle arrive à la conclusion que certes c'etait un episode difficile mais tous les hommes ne sont pas comme ça. Le viol au service du masculinisme, j'avoue que je ne m'y attendais pas. - le petit garçon a deux mamans, et dans un monologue intérieur, il nous explique que c'est du coup logique que ses deux mamans aient peur des hommes et qu'elles pensent qu'ils sont tous malfaisants. Bref, tous ces détails isolés peuvent être des maladresses. Mais déjà : il y a une équipe d'édition derrière. Personne n'a vu le problème ? Et ensuite autant de signes me font vraiment douter des intentions de l'autrice quant aux valeurs qu'elle veut transmettre, qui me paraissent très dangereusement compatibles avec le discours des TERF. Ceci reste mon avis, nullement une accusation contre l'autrice, avec ce que j'ai compris du récit en fonction de ma sensibilité et de mon éducation féministe. Cela reste des soupçons, je n'ai rien trouvé dans son activité sur internet qui indique des complicités TERF. Mais cela m'a suffisamment tracassé au cours de ma lecture pour que je trouve cela pertinent de partager mon analyse, avertir les personnes sensibles et voir aussi si d'autres personnes partagent mon avis.
J’ai ADORÉ cette histoire ! L’univers complètement loufoque, les personnages tout aussi originaux, les aventures d’Ortie et de sa famille, la plume de l’autrice. Je ne pensais pas apprécier autant, et pourtant… oui c’est complètement WTF, mais c’est tellement ADDICTIF, bien construit, bien amené !!! A aucun moment je n’ai été perdue dans cet univers complètement fou, et ça, j’ai kiffé !
"Si Omphale d'Alambrin ne parlait avec ses filles ni d'amour, ni de chagrins, c'était que les deux domaines avaient mauvaise presse chez les sorcières, mais aussi qu'ils la plongeaient le plus souvent dans une peur muette de fillette abandonnée."
Ce roman aurait pu être un coup de cœur. J'ai adoré l'univers complètement barré, les personnages attachants dans leur bizarrerie, l'écriture aussi efficace que fleurie. Le système magique est remarquablement décrit et crédible, et m'a de suite embarquée.
Alors pourquoi cette absence de note ?
C'est parce que je ne comprends pas qu'en 2023, date de sortie du livre, une autrice puisse rendre hommage à JK Rowling, non seulement dans son texte, mais surtout dans ses remerciements. C'est pour moi une insulte à toutes les personnes LGBT mises en danger par les prises de position virulentes de cette immonde personne. Comment est-ce possible pour une maison d'édition de laisser passer ça ? Sans doute parce que Gallimard est la maison d'édition française pour Harry Potter...
Toujours est-il que je suis révoltée. Et pourtant j'ai trouvé le passage de Wandrille attendant sa lettre de Poudlard remarquablement bien écrit et touchant. Le "clin d'œil" aurait dû s'arrêter là, sans nommer la monstrueuse autrice de HP dans le corps du texte (ça m'a complètement déroutée de lire ce nom, et ça m'a mis la boule au ventre pendant tout le reste de la lecture). Mais en plus, la citer avec admiration dans les remerciements ? On croit rêver !!!
Je comprends que les millenials aiment la saga Harry Potter et y soient attachés. Je comprends qu'on y trouve une source d'inspiration, de magie, de joie. Mais comment est-ce possible de citer nommément une autrice ayant craché toute sa haine envers les personnes trans sur Twitter ? Cette personne mérite l'oubli et le mépris, pas qu'on la congratule.
Je veux croire que l'autrice ne partage pas la position politique de Rowling, et qu'il s'agit ici d'une maladresse ou d'une méconnaissance. Cela avait été le cas de l'autrice de Red, White and Royal Blue qui a, dans les rééditions de son roman, supprimé toute mention à Harry Potter en soutien à la communauté trans.
J'ai très envie de lire le tome 2, car j'ai adoré à bien des égards cette histoire, mais je trouve dommage d'avoir un goût amer à la fin de ma lecture de ce premier tome ...
Une histoire de sorcière rafraîchissante, des personnages hauts en couleur et attachants : une lecture parfaite pour l’automne, qui m’a à de nombreuses reprises donné le sourire ! Mon seul regret : les remerciements à JK Rowling, vrai ombre au tableau.
Un bon 4,5!! Au début, je trouvais l'environnement et l'histoire plutôt juvéniles, mais j'ai donné une chance au livre et je ne suis pas déçue. Plus la protagoniste vieillit plus l'intrigue se complexifie. Finalement, les passages au début qui m'ennuyaient un peu se sont avérés importants dans la mise en place de l'histoire. Un monde magique complètement nouveau, des batailles, du sang, du féminisme à souhait et pas de romance là où ce n'est pas nécessaire 👌🏻 J'ai hâte de lire la suite!
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bonne lecture qui m'a rappelé des vibes de kiki la petite sorcière. malheureusement je pense que l'histoire était trop "originale" pour moi, j'ai eu du mal à comprendre certains aspects qui étaient peut être un peu trop perchés à mon goût. j'avais déjà lu bordeterre de l'autrice où je n'avais pas du tout accroché, j'ai voulu tout de même tenter celui ci mais je pense que cette plume n'est définitivement pas pour moi.
Dans mes meilleures lectures de l’année sans hésitation !
Comme toujours la plume de Julia Thévenot ne déçoit pas. Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu une histoire aussi originale. J’ai aimé tout ce qui compose ce roman : ses personnages attachants, son côté complètement décalé, ses thématiques et ses diverses réflexions !
Vivement le tome deux, j’espère qu’il sera tout aussi bon que le premier !
Excellente lecture ! Dans la première partie, on suit Ortie, une jeune sorcière, qui découvre ses capacités, la sorcellerie et qui grandit. Découvrir cet univers fantastique avec elle était rafraichissant. Le système magique du roman est original et très organique, c'est parfois gore et un peu dégoutant, mais ça fonctionne bien avec cette thématique. J'ai bien aimé aussi ces sorcières qui vivent leur vie, sans trop se préoccuper des gens "normaux". Les sorcières sont quasi immortelles donc leurs jeux et préférences alimentaires sont parfois hallucinants (ce n'est pas un livre pour enfant). Ortie et ses soeurs sont des personnages intéressants et leurs relations étaient amusantes à suivre. J'ai bien aimé la petite soeur et ses comportements trèèèès exotiques. Dans la 2ème partie, on fait la connaissance d'un second personnage principal que j'ai apprécié aussi et qui permet de développer un autre pan de cet univers, tout en continuant à passer du temps avec Ortie, alors âgée d'une 15aine d'années.
Le roman est bien écrit, bien rythmé, les personnages sont suffisamment développés et attachants et les relations et dialogues sont fluides. La partie sorcellerie est originale mais assez gore (sang, éviscérations...), ça pourra déranger une partie du lectorat. C'est de plus un roman très contemporrain au niveau des comportements des personnages. Côté références, la cible semble au final plutôt être la génération Y que les ados actuels (pas mal de références à un des gros pilliers de la sorcellerie jeunesse des années 2000). Hâte de lire le tome 2 de cette duologie.
Super contente de m'être laissée tenter par ce livre parce que c'est une vraie pépite ! Pas un coup de cœur au sens où il ne m'a pas chamboulée (ça manque à vrai dire peut-être un peu d'émotions pour contrebalancer l'action), mais j'ai passé un super moment de lecture en ayant envie d'y retourner chaque fois que je devais m'interrompre. La couverture très colorée peut être un peu trompeuse sur l'âge cible des lecteurices, c'est vraiment un roman ado qui se lit très bien aussi à l'âge adulte. On dirait un peu la rencontre de Sabrina l'apprentie sorcière avec Harry Potter, mais en moins dramatique que Sabrina et en plus subtil qu'Harry Potter, avec un humour très rafraîchissant, très bien placé. Le système magique est super intéressant : une magie des fluides organique et profondément humaine dans sa poésie comme dans sa violence. L'univers est riche, bien documenté, on y croit à fond. Hâte de lire le deuxième tome !
C'est parfois un peu étrange, mais la lecture a quelque chose de doux et rêveur. C'est surprenant, ça casse l'image de la sorcellerie que l'on peut avoir en tête avec la pop culture. Il y a quelques points qui m'ont laissé dubitative mais dans l'ensemble j'ai bien aimé !
Il faut abandonner toute raison avant de se plonger dans cette histoire, véritable tourbillon mêlant poésie, aventure, étrangeté et découvertes... L'écriture est maîtrisée avec une juste pointe de "bizarre"... J'aurais pu passer à côté, j'ai l'impression d'avoir eu la chance de m'en délecter
Premier coup de cœur 2025 et du coup me voilà bien embêtée pour faire une chronique à la hauteur.
Le résumé dit qu’on suit Ortie, jeune sorcière qui n’a pas respecté les règles de son monde.
C’est vrai, c’est tout à fait ça et tellement plus. J’ai adoré ce personnage qui se débat avec sa compréhension de son monde et d’elle même. J’ai adoré plonger dans ce monde des sorcières bien différents de celui de Harry Potter, qui se compare directement à Harry Potter. J’ai adoré les personnages secondaires.
En fait j’ai tellement adoré que j’en ai oublié de décortiquer la manière dont c’est écrit. Il ne me reste que le feeling : une écriture drôle, légère, avec une pointe de poésie mais qui tombe toujours très juste pour analyser notre monde. A relire en recopiant mes phrases préférées (environ toutes)
Super étrange, cette magie est beaucoup plus plausible que celle de Harry Potter. Ortie, ses soeurs, sa mère, ses tantes que des femmes puissantes, vibrantes, impressionnantes et envoûtantes. Tous les secrets d'enfants, les collections, la bave, le sang, les billes cette magie des fluides tout fait que l'on pourrait suivre Ortie jusqu'au bout du monde sur sa bicyclette, comme son familier ayant juré protection et fidélité. Vivement la suite
c’est je pense LA sortie jeunesse à ne pas manquer pour tout les amoureux de fantaisy !! J’ai adoré Ortie et toutes les bizarreries du livre. Ça aurait pu être toi much pour certains mais je trouve que l’auteur a su faire une harmonie totale entre le côté sorcière et le vrai monde c’était vraiment bien fait. La troisième partie est la meilleure à mes yeux car il y a de l’action. 🌻🥀
C'était étrange dans le meilleur sens possible du terme, j'ai adoré ma lecture vraiment ! Tout était génial, de l'univers et de la magie si particulière aux personnages attachants et à la perception des souvenirs et de l'amour, trop hâte pour le tome 2 !!!!
Que dire à part que j’ai adoré ce roman de bout en bout ? Je me doutais qu’il allait être un peu perché, j’avais des soupçons quant à son côté un peu déjanté, mais alors qu’est-ce que j’ai pourtant été surprise de bout en bout.
L’univers dans lequel nous sommes plongés est juste fascinant puisque même si nous sommes dans un ouvrage fantastique et qu’on est confronté à la magie partout tout le temps, l’autrice parvient à ancrer son histoire dans un cadre spatio-temporel totalement tangible qui apporte une belle profondeur à l’histoire. J’ai adoré arpenter les rues de Tour, voyager jusqu’à Brest (même si j’y suis déjà ahah), arpenter Paris de nuit… Et à la fois, j’ai été totalement séduite par les fenêtres sur les autres mondes qui semblent à portée de bras.
Le mythe de la sorcière est si bien traité. Je crois que je ne cesserai jamais de conseiller ce roman à toutes celles et ceux qui voudront s’enivrer de magie. Non seulement Julia Thevenot reprend les codes classiques de la sorcellerie (les sorts rimés, les pentacles, les potions…) mais elle l’étire, le pétrie et le modèle autrement pour nous offrir un roman parfois très loufoque mais d’une justesse incroyable.
Les personnages ne sont pas en reste ! Evidemment j’ai adoré Ortie et ses sœurs Ronce (la buveuse de Destop) et Épine (la première de la classe), mais aussi Tante Viv qui n’a jamais sa langue dans sa poche, la mère des filles qui représente avec brio la sorcière sensuelle qui ensorcèle, mais aussi plus tardivement, Wandrille, ce rejeté, cet abandonné, ce sorcier biberonné à Harry Potter et à la Passe-Miroir. Vous ne serez pas déçu un instant par cette rencontre de personnalités qui explosent et composent cette symphonie de mots, d’humeur, d’émotions et de sentiments.
La plume de Julia Thevenot m’a totalement chamboulée. Elle parvient à créer chaque phrase, chaque paragraphe dans une espèce de spontanéité brute qui vous file un coup de poing dans le ventre tout en ornant le tout d’une dentelle poétique qui a su séduire mon cœur. Les différents sujets abordés sous couvert de la fiction étaient parfaitement bien mis en avant : la différence, lq quête de soi, l’abandon, la peur du regard de l’autre, l’enfance perdue, l’innocence et l’insouciance retrouvée.
Un vrai petit chef d’œuvre que je vous recommande chaudement !
J’ai pas mal vu passer ce titre sur bookstagram ces derniers temps, alors quand Babelio l’a proposé lors d’une masse critique j’ai sauté sur l’occasion. Je remercie donc Babelio et les éditions Gallimard Jeunesse pour l’envoi de ce livre au format papier.
Si au départ j’ai mis du temps à réussir à bien rentrer dans cette histoire. C’est souvent le cas avec la Fantasy je trouve, j’ai toujours ce sentiment d’être catapultée au milieu d’un univers et de ne rien comprendre. Aussi dans ce livre, il m’aura fallut quand même pas mal de temps (plus que d'habitude) à comprendre où l'autrice voulait nous amener. Il faut dire que j’ai quelques peu été perturbée par cette lecture plutôt originale et au style inhabituel. Cependant, j’ai fini par bien m’attacher aux personnages (Ortie, Corentin, Ronce & Tante Viv notamment) et à être à fond dans le plot. Il s’agit d’un diptyque, alors j’ai hâte de voir ce que le second tome nous réservera.
Ce livre m’a vraiment sortie de ma zone de confort j’ai l’impression. Le langage y est cru, la magie sort des schémas classiques et est plutôt gore, les références à la pop culture sont nombreuses et agréables, les personnages sont tous plus déjantés les uns que les autres. Mille Pertuis est vraiment à l’image de sa couverture.
Je vous conseille de le lire, et si vous avez, comme moi, du mal au début, accrochez-vous car il en vaut la peine ! De nombreux sujets sont abordés en toile de fond, les premières règles, premiers amours, comment trouver sa place etc etc
Je pense d’ailleurs que je le relirais avant la sortie du deuxième volume et honnêtement je pense l’apprécier d’avantage à la relecture.
<< Les amours d'enfants, les rêves d'enfant, C'est très dangereux, c'est très important >>
📜 Vous l'avez vu passé, mais vous n'avez pas encore craqué ? Voici les raisons qui doivent vous pousser à la librairie la plus proche :
🫀 C'est un roman jeunesse qui traite directement ou indirectement de tous les sujets qui nous intéressent pendant la puberté : découverte de son corps, menstruations, amitiés, harcèlement ... Avec justesse et empathie, sans être raplapla ou difficile à lire !
🔪 L'inclusivité est au cœur de Mille Pertuis : couples non hétéros, personnage possiblement assexuel,... Il y a une grande liberté des mœurs ce qui est une ode à l'amour sous toutes ses formes. C'est très agréable à lire.
🍬 On en revient au féminisme comme acception de sorcière. Et je trouve que ce n'est ni cliché, ni poussif dans ce cas, bien au contraire. La communauté sorcière est organisée comme une sororité. Elles s'occupent les unes des autres et se protègent même en dehors des liens familiaux directs.
🐊 Les personnages sont stupéfiants, ils sont originaux et géniaux. La sororie principale (Ronce, Ortie et Épine) constitue a elle seule une belle palette de rires et de prises de conscience. J'adore la tante Viv aussi, elle est tellement ... Humaine ! Wandrille est un personnage qui va prendre de l'importance au fur et à mesure du roman et il sait nous attendrir autant que nous donner une crampe aux zygomatiques.
🪱 Ce texte est une félicité de glauque, de macabre, d'amour et de découvertes. Je signe x1000 pour la suite que je suis impatiente de découvrir.
🐙 À quelle heure allez-vous acheter votre exemplaire ? Ou alors qu'en avez-vous pensé ?
~ Merci @gallimard_jeunesse_romans pour l'envoi de ce roman ~
C’est un roman de sorcière qui ne ressemble à aucun autre. La magie, ici, est avant tout corporelle : on crache, on teste, on mange à peu près tout (et souvent des trucs degueu), on apprend à se connaître (de façon organique), on utilise tous ses fluides corporels… on jette des sorts rimés. Bref. J’ai absolument tout aimé de cet univers magique ! C’était inventif et flamboyant d’imagination (mention spéciale pour les papiers au lait ; Vaurien, le passeur et Ronce, la petite sœur incassable).
On suit la jeune Ortie (de l’enfance à l’adolescence) dans son apprentissage de la magie. On assiste à toutes ses experimentations et ses erreurs (et elle en fait un certain nombre, ayant une propension à aggraver les choses 😅). Ce premier tome est assez introductif, mais comporte qq choix narratifs intéressants.
J’ai beaucoup aimé les différents personnages féminins et leurs relations complexes. Quant aux hommes… hâte de voir ce que l’autrice a prévu dans le tome 2.
Même si Ortie est une enfant au début de l’histoire, ce n’est pas un roman pour les enfants mais plus pour un public adolescent. On y aborde la sexualité de façon implicite. De plus, certaines scènes sont assez violentes (même si l’écriture ne se délecte pas de cette violence… c’est très bien fait et écrit).
J'ai eu l'occasion de rencontrer Julia Thévenot lors de l'édition Faites lire ! de 2021 où je m'étais procuré son ouvrage Lettre à toi qui m'aimes (que je n'ai toujours pas lu... j'ai honte...). Grâce à Babelio et aux éditions Gallimard Jeunesse, j'ai pu découvrir sa dernière sortie.
J'ai adoré ce roman ! L'autrice nous offre une histoire de sorcière très originale. J'ai adoré cette version de la magie, qui peut être à la fois belle et dangereuse (je ne souhaite à personne d'être Secoué...). On suit le récit initiatique d'Ortie qui découvre et grandit. Le tout est porteur de beaux messages sur la tolérance, la sororité, l'amour, l'acceptation de soi et des autres. J'ai apprécié le traitement des personnages, notamment les trois sœurs qui m'ont rappelé les sœurs Carmines d'Ariel Holzl. Les protagonistes sont pleins de nuances et montrent une grande diversité.
Je ne m'y attendais pas mais cette lecture fut un véritable coup de cœur. J'aimerais en parler plus en détail mais ce serait vous gâcher le plaisir de cette découverte. Je ne sais pas quand sortira la suite et fin mais je me la procurerai sans aucun doute.
je sais pas vous mais ce roman je le vois passer partout et les avis mon vite donnés envie de m'y jeter et c'est chose faite. Et alors qu'en est il donc me direz vous! Et bien amateurs de magie, de sorcellerie ayez le cœur bien accroché pour cette lecture. Au diable les sorcières commune avec leur magie douce, cocooning et cosy place à la sorcière indomptable, déjantée et un brin cruelle. Oui oui pour le cosy fantasy vous repasserez mes amis on en est loin. Nous avons à faire ici à une magie qui fait certe attention, un minima, aux humains mais qui surtout déplore leur fragilités, en profitant en passant pour faire d’eux des familiers. Je suis partie à la rencontre de Ortie, si son univers m’a beaucoup fait sourire je dois bien dire que j’ai été un peu perdue par le fil de l’histoire. Je ne comprenais pas où l'auteur voulait nous emmener. Bien que la réponse soit donnée plus tard dans le récit je reste un peu gênée par l’articulation du récit qui par le fait me semble parfois « incohérent ». La plume est fluide, facile et m’a fait sortir des standards de sorcière. Un moment sympathique sans être un coup de cœur.
Quel plaisir de lecture ! On oscille constamment entre la candeur et une violence réelle ; le livre est assez thrash de fait ! Je reste soufflé par l'intelligence de cette écriture qui alterne entre poésie et humour. Et puis cette quête initiatique résolument moderne et aux fourmillant de milles idées (le papier de lait <3) elle nous réchauffe le cœur.
Il s'agit d'un tome 1 et je lirais avec un grand plaisir le tome 2 même si je doute de l'apprécier autant car c'est aussi la découverte de cet univers qui a fait de cette lecture un aussi joli moment. C'est une excellent lecture à partir de 15/16 ans, c'est probablement à cet âge que l'on appréciera au mieux l'histoire d'Ortie et de Wandrille même si quelques répliques succulentes ne se dévoileront qu'avec l'âge.
P.S. : Avis aux auteurs/rices qui mettent de la romance dans leurs livres, faites au moins aussi bien que Julia Thévenot : "Il y avait en lui plusieurs couches très serrées, superposées ; c'était un garçon à déplier. Rien à voir avec ceux qu'elle avait aimés par le passé, des garçons aux joues tendres qui ne cachaient rien dans leurs manches et offraient ce qu'ils avaient devant eux sur un étalage."
Déconcertante. Voici le mot qui définit le mieux ma lecture, du moins sa première partie, beaucoup plus labyrinthique que la suite. Il faut dire que l’univers créé par Julia Thévenot, bien que faisant d’habiles références à une multitude d’autres œuvres littéraires connues dans le même genre, est original, déroutant. Perturbant même, tellement il va plus loin que ce à quoi on est habitué.es quand on parle de fantasy jeunesse, notamment dans le rapport au corps, qui est ici central, à la fois dans la notion de lien (et de sexualité, c’est un roman YA) que dans la notion biologique de la chose (parce que, sachez-le, une sorcière peut s’ouvrir le ventre et sortir ses intestins, ce qui est même conseillé dans l’enfance puisqu’il vaut mieux bien se connaitre soi-même si on veut se contrôler plus tard). « En vérité, le temps se crispe quand on le regarde passer. »