Parce qu’elle ne possède pas l’Aquaal, la magie de l’océan, Eléanore est condamnée à rester toute sa vie à terre. Une situation inacceptable pour cette jeune femme au fort tempérament. Pour échapper au mariage qu’on lui impose, elle grime ses traits et embarque sur un navire sous l’identité d’un garçon. Eléanore, dite La Mouette, est alors loin de s’imaginer quelles dangereuses aventures l’attendent, que ce soit parmi les pirates ou sur l’île Originelle, source de l’Aquaal.
Extrait : Souhaitant terminé en premier les SP qu’il me restait, je n’avais plus que deux ouvrages parmi lesquels choisir (les autres, je les ai achetés donc ça ne compte pas). Mon dévolu c’est posé sur ce titre, le précédent ayant une ambiance assez sombre, je me disais qu’une intrigue pareille changerait un peu… mais certains passages ont de quoi être assez hard. Au final, ma prochaine lecture sera donc l’Apocalypse selon Sandra, de Céline Saint-Charle. Un peu plus long qu’Aquaal, mais pas de beaucoup. L’ambiance pourrait aussi être assez particulière.
Avant dernier tome restant de mes SP reçus par Livr’s édition que je remercie malgré le temps que j’ai mis pour lire cet ouvrage.
Ce roman est composé de deux formes de chapitres, qui se laissent la place par intermittence, un coup l’un, un coup l’autre. Ce qui diffère ? Leur temporalité ! L’un est indiqué par des chiffres romains, l’autre par des chiffres arabes, pour éviter de se mélanger. Mais au final, vu que c’est un coup l’un, un coup l’autre, je n’ai pas ressentie un réel besoin d’indication (mais c’est toujours bien d’en mettre une au cas où). D’un côté on suit donc le présent d’Eléonore, alias la Mouette qui vient d’atterrir amnésique et pourtant sûre d’elle, sur l’île Originelle. De l’autre, on découvre son passé au fur et à mesure que ses souvenirs reviennent, notamment en rêve. Non seulement son avancée lèvera petit à petit le voile mystérieux de l’île, mais il en sera de même pour propre passé, son propre cheminement. Ce roman sera très dur envers elle jusqu’au bout, les épreuves qu’elle doit traverser sont nombreuses et assez horribles par instant. Beaucoup auraient abandonnés plus vite à sa place. La gente masculine n’est pas vraiment présentée sous son meilleur jour, reflétant juste la réalité du traitement des femmes au quotidien, surtout dans un milieu aussi masculin que la navigation. Dans cet univers, un archipel semble béni par une déesse, qui leur confère un pouvoir, plus ou moins puissants suivant les individus : l’Aquaal. Lié au monde marin ce pouvoir permet à ses détenteurs soit de communiquer avec la faune marine (ou les oiseaux marins), soit de jouer avec les vents, soit encore, avec les courants. Dirigé par un prince, cet archipel est puissant et crains grâce à cette capacité qui leur permet de régner sur les mers. Toutefois, même si les hommes et les femmes peuvent tous avoir des pouvoirs, certains en sont aussi éternellement privés. C’est le cas de notre héroïne, qui aura pourtant tant voulu avoir un don pour pouvoir voguer sur les mers avec son père, un riche marchand qu’elle admire, mais ne voit pas souvent… Vous vous en doutez, mais étant femme et sans pouvoir son avenir s’annonçait peu radieux, même si elle parvenait à cacher le secret. C’est lorsque tout semblait inévitable qu’elle réalisa son premier choix pour prendre en main son destin… destin qui le conduira vers l’île que tout le monde recherche : l’île Originelle.
Très concrètement, les premiers monstres qui s’en prennent à elle sur l’île Originelle semblent bien méchants mais surtout… Je les ai imaginés comme des écorcheurs de Fallout, voilà. Hormis, sans doute, leur corpulence et le fait qu’ils ont des écailles, le reste est tout de même un peu différent. Ils n’ont pas de cornes et surtout, ils ont une tête de crocodile, ce qui rend le tout encore plus effrayant. Ils sont également très nombreux à chaque fois et j’aime beaucoup comment ils sont présentés petit à petit. Cela commence juste par des yeux rouges, le fait qu’ils ne surgissent que la nuit et qu’ils ont peur du feu. Puis petit à petit, on découvre avec l’héroïne à quoi ils ressemblent, et in fine, elle comprend pourquoi ils sont là et comment les appréhender avec crainte, mais plus avec frayeur. D’autres monstres viennent s’ajouter, mais pour eux, c’est plus difficile de les imaginer je trouve, surtout niveau taille. Je ne suis pas parvenue à comprendre s’ils étaient grands ou non au final. En tout cas, ils sont plus agiles et agissent au sommet des arbres, donc ils ne doivent pas être bien lourds. La suite n’est plus vraiment composée de monstres, mais plutôt des remords de la Mouette concernant ses proches. Quand je dis proche, je pense surtout à son équipage, sa famille n’entre pas dans cette catégorie pour ses événements glauques mais nécessaires. C’est comme si l’île souhaitait qu’elle se confronte à son passé, à ses remords, à ses fantômes qui la hantent. Elle qui sera rongée pendant longtemps pour pas mal de choses, l’île va lui permettre de tirer un trait sur pas mal d’entre elles.