Un samedi matin, Floxin, terminologisticologue (inventeur de mots) et nouveau célibataire qui rumine des idées morbides, se fait réveiller par le professeur Motrin (qui ne le connaît ni d'Ève ni d'Armand) lequel le réquisitionne pour travailler sous ses ordres dans une plantation expérimentale. En effet, une idée (sous forme de plante) a germé dans la tête du professeur. Cette plante produit un fruit, la cloé, censé être à la base d'un médicament qui guérira tout. Floxin et Motrin s'en vont faire leur plantation, aidés dans leur tâche par Maximo (lequel souffre d'un gigantisme fulgurant). La plantation est située en retrait de la localité de Termolle, village déconnecté du reste du monde en raison de son sol pour le moins humide. Bien vite, leur présence (et leur invention) dérange les habitants de la petite localité...
Plutôt méconnu, le dernier continent n'en demeure pas moins un excellent roman. Avard (scripteur, auteur, connu entre autres pour Les Bougon) y démontre tout son génie ainsi que toute sa maîtrise de la blague et de son effet, à maintes reprises. Mais, avant tout, il trouve mille et un prétextes pour jouer avec les mots, avec leur sens et avec leur non-sens, lui permettant de construire et déconstruire un univers, selon sa bonne volonté. Au début plus terre-à-terre, on découvre, au fil de la lecture, que le monde qui nous est présenté se transforme sous nos yeux, devenant parfois sans queue ni tête, mais toujours empreint d'une belle sensibilité. le dernier continent saura autant vous faire rire que réfléchir : à lire !
J'ai persévéré au travers de la lecture en me convainquant que ça en vaudrait la peine, qu'il y avait quelque chose de profond ou une allégorie qui justifiait la publication d'une telle histoire, qui justifiait qu'une voix aussi réputée mette autant d'efforts à écrire un roman qui n'a ni queue, ni tête. Mais non.
Au-delà des calembours, jeux de mots et manipulation langagières qui sont souvent d'une intelligence remarquable, cette histoire n'est simplement qu'un détour, alambiqué à l'extrême, pour mener à des réflexions rudimentaires sur l'amour, l'envie et le temps.
Peut-être ést-ce moi qui n'ai pas compris l'objectif ou nombreuses subtilités, mais je pourrais difficilement moins recommander un livre que celui-ci, surtout à la quantité de romans qui se publient chaque mois.