Un soir, un clochard s'enfuit de la maison de repos où il a été placé pour passer l'hiver. Pieds nus, en pyjama sous la neige, il traverse la campagne glacée à cause d'une infirmière qui lui a servi une soupe froide. Pour lui, c'est pire qu'une insulte. La soupe froide est tout juste bonne pour les chiens, pas pour un être humain. Humilié, il préfère risquer sa vie que rentrer dans cet hospice si peu attentionné à son égard. Inspirée d'un fait divers véridique, cette histoire prend le lecteur aux tripes pour ne plus le lâcher.
Charles Masson nous raconte l'inénarrable : "Mes histoires sont des histoires qu'on ne raconte jamais ou alors le soir, à sa femme, en rentrant du bloc."
Médecin ORL, Charles Masson a toujours dessiné. La vie et son métier lui ont apporté les scénarios qui lui manquaient. Ses lecteurs sont devenus ses confidents. Il leur offre des histoires tirées de son expérience professionnelle, dures et noires, narrées sans complaisance mais avec humanité et empathie. Il y distille son trop plein d'émotion, voire une once d'espoir. Avec un humour parfois grinçant et un cynisme désespéré, il met à nu nos forces et nos faiblesses lorsque la machine se dérègle. Charles Masson ne peut se résoudre à accepter la souffrance et l'injustice. Il la combat au quotidien dans son premier métier ; il la raconte dans ses bandes dessinées pour reprendre son souffle. À nous parler de ce que nous n'avons pas souvent envie d'entendre, il défonce les portes du silence, provoque l'apaisement chez ceux qui préfèrent affronter la ou les vérités. Il nous abasourdit avant de réveiller nos consciences. Son dessin rapide, lâché, va droit à l'émotion. Sa technique de narration repose sur un décalage entre le texte et l'image, alternant les accélérations et les arrêts sur image.
Son premier album, Soupe froide, s'inspirait de son travail quotidien auprès des SDF et a reçu le prix France Info de la BD d'actualité et de reportage en 2004. Dans Bonne santé, Charles Masson narrait, avec humanité et empathie, des histoires dures et noires, toujours tirées de son expérience professionnelle. Dernièrement, il a confronté, dans Droit du sol, la misère des clandestins à l'univers des expatriés dans l'île de Mayotte.
Charles Masson est né à Lyon en 1968. II vit aujourd'hui sur l'île de La Réunion.
El autor de este cómic no es dibujante ni guionista, sino otorrino en un hospital en el que atiende a muchos pacientes de cáncer de garganta, enfermedad a menudo asociada al alcohol y el tabaco. Por este motivo ha tratado a bastantes alcohólicos, muchos de ellos indigentes.
A partir de un caso real, se preguntó cómo había sido la vida de esta persona para terminar de esa manera, y en este cómic intenta reflejar cómo se sentía y qué pensaba, minuto a minuto, durante una noche aciaga en la que abandona un albergue porque le dan de cenar una sopa fría, algo que considera humillante.
El resultado tiene tanta fuerza y resulta tan escalofriante, que hace olvidar la poca calidad del dibujo.
Sopa fría refleja, una y otra vez, los errores vitales que dan en la indigencia del vagabundo... Y, bueno, así nos cuelan un periplo largo, repetido, machacón que dura ciento dieciséis páginas. Una tras otra, en las ciento dieciséis, llenas de tópicos y moralina, se cuenta lo mismo, y aburre. Y no sólo aburre, destruye la historia y la intención a base de pesadez y nada y nada y nada para rematar en un final conocido de antemano al que, por si faltara algo, se le añade un epílogo sobrante, contrapeso feliz y humorístico (ja) del hombre que sí ha sabido plantear bien su vida.
Una historia que aspira a explorar el mundo interior de los indigentes; a pesar de la frialdad clínica del relato, se yuxtapone con humanismo y compasión.
Masson no intenta idealizar a los vagabundos ni cae en un discurso panfletario de justicia social de dientes para afuera; se percibe su interés en plasmar la individualidad y condición de seres humanos de los marginados.
3.5/5 Es un golpe directamente a lo mas profundo de nosotros mismos. Lo extraño del dibujo pasa a un segundo plano por la dureza de la historia y lo real que es. Nunca podré escuchar sopa fría y no sentir una punzada en el estómago llena de crudeza y dolor.