Paru initialement en 1993 chez Kegedonce press, Mon coeur est une balle perdue, le premier recueil de Kateri Akiwenzie-Damm, est une oeuvre majeure de la poésie autochtone du Canada anglophone. Dans une écriture résolument libre et inventive, près de la tradition orale, l’autrice aux racines anichinabées, polono-canadiennes, potéouatamises, anglaises et françaises nous plonge dans un univers intime et sensuel teinté de politique, de matriarcat et d’héritages complexes, mais aussi d’humour. Filiation, legs, sororité et désir s’entremêlent dans des images visionnaires ancrées dans la nature et dans les différentes traditions qui font la richesse et la profondeur de cette prise de parole. Alors que son oeuvre s’articule autour des questions historiques, permanentes et inépuisables de l’identité et de la finalité, Akiwenzie-Damm offre de nombreuses pistes de guérison en unissant la voix de ses ancêtres à de nouvelles formes de solidarité.
Ce recueil de poésie n’a pas trouvé d’écho en moi. Sa structure manque d’uniformité, ce qui rend la lecture désordonnée et déstabilisante. Les nombreux éléments entre parenthèses m’ont particulièrement déplu, car ils perturbent la fluidité du texte.
De plus, j’ai trouvé l’ensemble trop personnel pour pouvoir m’y projeter. Bien que ce recueil ait pu être libérateur pour son auteure, il est difficile pour le lecteur de s’y attacher.
J’avais choisi ce livre après avoir lu une critique le qualifiant de chef-d’œuvre, mais selon moi, ce n’est malheureusement pas le cas.
Une des grandes qualités de la poésie, c'est d'être intemporelle. La version initiale de ce recueil remonte à 1993 mais j'aurais été incapable de le deviner à la lecture de ces poèmes doux et révolutionnaires.
"Mais comme des ours qui se réveillent dans la chaleur du printemps nous quittons nos grottes vides pour nous tenir fièrement debout sur le territoire..."
Mille sensations parcourent ce bref recueil de poésie. Bien que le tout manque particulièrement d’uniformité, on y décèle un amour sans borne pour le territoire, pour la langue, pour la filiation. L’autrice, qui est Métis, fait honneur aux siens, autant ceux du présent que ceux du passé, en mettant en avant-plan les richesses du patrimoine de sa communauté. Même si, à quelques moments, le propos paraît un brin trop personnel pour être compris du lectorat, les mots qui le porte sont fignolés d’une belle façon.