Jeanne du Barry (1745-1793) est une énigme. On l’a enfermée dans une légende noire. On en a fait la dernière maîtresse, surgie des bas-fonds, d’un vieux roi jouisseur et décrié. Une honte et un scandale. Il faut aller aux sources pour s’apercevoir de la place capitale qu’elle a occupée à une époque de quasi-perfection des arts, en pleine crise de l’absolutisme monarchique, dans les dernières années du règne de Louis XV. On l’a réinventée pour mieux discréditer le roi, elle s’est réinventée pour oublier les incertitudes de sa naissance. Son existence tient tout à la fois du jeu de piste et de l’enquête policière. Avec elle, on corne les pages de certaines questions essentielles d’un siècle qui est aussi celui de la Ré l’identité et l’illégitimité, les sentiments et l’ambition, le libertinage et la morale, l’argent et le pouvoir, la place des enfants et l’invention de l’intimité, la puissance de la presse et la formation de l’opinion, la transparence et le secret, le rôle des femmes et la revanche des hommes.
La vie de Jeanne du Barry – son ascension foudroyante, sa fin tragique sur l’échafaud – est un roman. En chercheur d’archives inspiré, en historien accompli, en écrivain talentueux, Emmanuel de Waresquiel ne se contente pas d’en découvrir la part cachée, il en restitue toute l’intelligence et l’émotion. Ce livre est un magnifique portrait de femme. Il se lit comme un thriller.
Not the easiest of reads. Despite the fact that the life of Jeanne de Barry was unique on so many levels, the same reasons why this book is impressive makes it sometimes intense to read.
It is extremely well researched, giving great credibility to this biography. And at the same time the level of detail was sometimes overwhelming for me. Page after page of furniture, paintings, people she knew, events that happened. A more concise version can be made. Yet would we then also know her to the same extent?
Now we indeed feel her presence. As Waresquiel writes “les personages sur lesquels le biographe travaille …. dans la distance du temps et le silence de ses sources, lui font parfois des signes comme pour lui rappeler qu’ils respirent encore.” And through his writing we see her live, almost to the point we still hear her breathe.
In addition to learning about Jeanny, we learn about the craziness of both life in court and the frenzy of the Revolution. And such tragedy that she, who never was accepted in that court, ultimately had to die for her affiliation with it.