Pour une première lecture depuis un petit moment, ça m'a fait plaisir de constater que je pouvais encore lire un livre rapidement. Mais ça a été une lecture en demi-teinte. Autant la dernière partie du roman m'a plu, autant la première a pu me paraître assez longue; ce qui est bien sûr relatif car il y a un peu plus d'une centaine de pages seulement.
L'histoire ne semble basée que sur des répétitions et des exagérations. C'est toujours le même schéma narratif qui semble se répéter jusqu'à la fin, étant marqué d'une petite trêve au milieu du roman. L'histoire d'amour (presque) inattendue donne un nouveau souffle à cette routine richissime, qui au fond, et bien pire que celle des gens dits normaux. Et justement, cette routine que l'on peut lire devient presque lassante, on remarque bien la volonté de l'auteur à savoir, nous prouver que l'histoire se déroule dans un monde de riches, inaccessible, par la provocation et l'étalage de marques à répétition, ce qui, à mon humble avis, est loin d'être intéressant pour faire avancer l'histoire ! Répéter sans cesse les marques des vêtements, sacs et autre n'est pas nécessaire, en sachant que dès le premier chapitre, le lecteur est déjà confronté à une énumération somme toute exhaustive des marques présentes dans le dressing de la jeune Hell. Le je-men-foutisme avec lequel elle traite ses affaires la rend juste un peu plus méprisable, comme le reste de ses actions.
Heureusement, l'arrivée d'un beau jeune homme riche et mystérieux que toutes les filles s'arrachent "is back in town" et suscite l'attention de notre chère Hell, que rien ni personne n'impressionne. Et cette histoire d'amour inachevée est le point d'orgue de ce roman, qui apporte du nouveau et un souffle d'air frais, autant dans leur vie respective que pour le lecteur, qui pourrait trouver que cette lecture devient tout à fait agaçante tant il y a de redondance.
Mais enfin, heureusement, les chapitres 12 et 13 sont assez différents des autres pour être agréables à la lecture, même si l'on retrouve toujours le même schéma - présentation hautaine qui ne vaut pas le détour, mépris et supériorité maladive, besoin de possession matérielle (y compris la chair humaine), et j'en passe... Cette plongée inattendue dans l'esprit d'Andréa est louable... ce qui représente à peine une dizaine de pages, tout comme la révélation de Hell, au début du chapitre 13.
Quant à l'utilisation du poème Harmonie du Soir de Baudelaire, on pourrait presque disserter dessus pendant quatre heures, ou peut-être juste pour en dire un ou deux mots ici, ce poète, qui est le symbole-même du Spleen et Hell étant une fille plutôt mélancolique, les vers cités semblent agir comme une description de ce qui va se dévoiler successivement, ou alors, plus tristement pour notre cher Charles, une volonté de Lolita Pille de démystifier le poème et le Spleen en l'associant à un personnage décadent, comme pour ramener la poésie baudelairienne au niveau le plus proche qui soit de l'état d'âme du poète mélancolique, la dépression...
C'est pour cela que j'attribue à cette histoire 3/5 : grâce à ce nouveau souffle apporté par les chapitres 10, 12 et 13, je ne mets pas une note trop basse. A savoir que si elle avait été semblable au début sur toute la longueur, j'aurais pu mettre 2 voire 1 étoile, et même si les moments originaux sont rares dans le roman, il faut bien noter que ça donne une impression un peu plus positive de la lecture. A la fois attachante et méprisante, Hell est un personnage touchant, qui est quand même assez imprévisible, et cet effet est accentué par les phrases courtes et saccadées, qui peuvent également accentuer cet effet de doublon de même segment syntaxique.