Dès les premières pages, je savais que ce livre allait être un coup de cœur : des thèmes sérieux et engagés agrémentés d’illustrations enfantines, des moments complètement absurdes… et, pourtant, ce décalage fonctionne parfaitement ! À cela s’ajoute une plume qui est un réel plaisir à lire, où chaque jeu de mots et chaque point-virgule sont extrêmement bien placés.
Une satire politique, plus qu’actuelle, qui a tout pour plaire !
Il y a quelque chose de profondément aberrant de constater le retour d'un homme qui se prétend 'meneur" aussi narcissique et dépourvu de jugement reprendre le chemin du bureau ovale. Je m'étais dit que maintenant que les américains ont constater leur bourde monumentale en votant pour ce bouffon et que ce même individu est maintenant hors d'état de nuire, on pouvait donc célébrer la survie de la démocratie des États-Unis. Mais non. Il est de retour et promet de semer le trouble à travers le monde comme les dictateurs savent si bien le faire. Et donc, le présent roman prend une toute autre saveur. Il avait quelque chose de joyeusement dépassé, mais maintenant, il devient cyniquement actuel. Car si on met de côté les droits des femmes menacés, la diplomatie mise à mal, les menaces d'invasion, les menaces de tarifs et de guerre économique et toutes ces raisons qui nous font craindre cet homme et ses sbires tout aussi dangereux, l'un des éléments qu'il faut définitivement prendre acte avec le retour du fasciste à peau orange, c'est que c'est une nouvelle terrifiante pour les enjeux climatiques. Car Trump et ses suiveux sont des négationniste des changements climatiques et comptent même polluer comme jamais.
C'est bien du sujet environnemental dont il est question dans ce roman. Une jeune femme, élevée par un homme masculiniste impitoyable et couillon, fait de sa vie la négation de cet héritage où la brutalité, l'irrespect pour la nature et le sexisme a marqué son enfance. Vétérinaire végétarienne vivant dans le chalet de son enfance, elle est interpellée par la communauté animale afin de mener un plan audacieux, celui d'assassiner le président, qui par ses politiques et sa vision faussée par son narcissisme, condamne de plus en plus la nature des États-Unis. L'Alaska, terre du Nord, est aux premières loges de ces changements. Beth parvient cependant à communier la sentence en enlèvement, afin d'exiler le président, plutôt que de le tuer. Rien ne sert de s'abaisser à son niveau, n'est-ce pas? C'est ainsi qu'un complot improbable, mené par les espèces incapables de faire entendre leur voix et une jeune femme soucieuse de la Terre, se met en branle.
Je ne suis pas parvenue à terminer le livre, non pas qu'il n'est pas intéressant, au contraire! Je manque cependant de temps et ce roman, bien que formidablement drôle, aux accents satyriques, critique sociale également, est arrivé en pleine cuvée de bons romans, que je ne suis pas parvenue à tous achever. J'ai néanmoins lu la fin et je la trouve juste.
En outre, j'aime que nous ayons une héroïne qui illustre que nous ne sommes pas la continuité de nos parents et que nous pouvons raisonnablement suivre nos propres valeurs.
Puisque nous sommes condamnés à tous supporter le tyran désigné des américains, qu'on va sans toute ranger avec les autres dictateurs dans peu de temps, dans les manuels d'Histoire, autant apprendre à en rire. Le cynisme est assez généralisés ici, nous qui sommes les voisins et proches alliés des américains et d'ores et déjà cibles désignées. Alors quand je vois des livres assez culottés pour nous aider à passer à travers ce qui risque d'être des années difficiles, je suis preneuse. Et la cause de l'environnement est chère à notre province, le déni environnemental d'une frange des américains est donc insupportable à voir.
Enfin, je remarque une chose importante dans le roman: L'importance de résister. Je ne peux m'empêcher de penser aux russes, aux allemands, aux espagnols, aux français, à tous ces groupes d'opprimés pour être membre d'une diversité, tous ces résistants et résistantes qui ont su, à un moment de leur histoire, trouver le courage de ne pas flancher devant le totalitarisme diviseur, la stupidité soumise qui tend à orchestrer des politiques simplistes à des problèmes complexes, à la peur comme instrument, bref, à toutes ces choses auxquelles nous faisons déjà face.
Et je souhaite que comme dans ce roman, Trump et ses laquets se retrouvent un jour hors d'état de nuire, face à leur profonde vacuité et vanité. Je l'espère pour le bien de toutes les nations.
Un roman drôle, satyrique et actuel, pour un lectorat intermédiaire du 3e cycle primaire, 10-12 ans+
Je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait avec une page de couverture pareille. Un ours peu impressionné portant une casquette MAGA? La promesse d’un enlèvement? On nage dans la satire et l’humour caustique dans ce roman de Nicolas Keszei publié par l’éditeur belge Mijade, qui publie des œuvres pour les jeunes.
Accrochez-vous, ça roule, ma poule.
Beth a passé son enfance dans les épaisses forêts de l’Alaska avec un père violent qui cherche à la briser. Il veut qu’elle suive ses traces et a très peu de respect pour la nature et la faune. Le plus grand défaut de Beth, selon son père, est de ne pas être un garçon.
Dès qu’il lui est possible de le faire, Beth prend le chemin d’Anchorage où elle étudie pour devenir vétérinaire. Une fois ses parents décédés, la petite maison familiale en forêt lui appartient et elle décide d’y retourner. Elle soigne les animaux et gagne un peu d’argent en soignant ceux de ses voisins (qui sont bien loin). Sa petite maison devient donc un refuge. Lorsqu’elle sauve un ourson d’une mort certaine, elle ne se doute pas que son geste entraînera un complot visant à enlever le 45e président des États-Unis, le Nonami (vous comprendrez plus tard).
Des animaux qui parlent, la dégradation accélérée de notre environnement, une forêt mystérieuse qui agit comme lieu de rassemblement de tous les représentants des espèces animales de la planète, des escadrons de fourmis et de mouches qui informent les animaux des activités de Donald Trump : certains moments sont particulièrement drôles et pleins de fantaisie, malgré le message sérieux du roman. Les illustrations de Grégoire Mabire rappellent celles de Quentin Blake et accompagnent parfaitement le texte.
Bien sûr, le message environnemental est au cœur du texte. Les ours font de leur mieux pour contrer la surconsommation et le gaspillage alimentaire. Les décisions catastrophiques de Trump en matière d’environnement préoccupent les animaux. Par exemple, la fin de la réglementation qui empêchait la chasse à l’ours ou l’approbation de la destruction des forêts pour l’exploitation pétrolière provoque l'ire des animaux.. Il n’en faut pas plus pour que les animaux demandent justice selon le principe du talion.
Ce roman se lit d’une traite. Je suis toutefois perplexe : il me semble qu’il y a une rupture de ton dès les premières pages. D’un côté, l’auteur adopte une langue soutenue et un style presque pamphlétaire ; de l’autre, une langue très accessible aux jeunes lecteurs (9 à 12 ans). Comme lectrice adulte, j’ai été un peu agacée par ce contraste.
Un roman amusant sur l'environnement, qui trouve un moyen de mettre Trump et ses sbires hors d’état de nuire et de redonner à la faune et à la flore la possibilité de prospérer.
L’Histoire se déroule en Alaska. Beth, 8 ans, se révolte contre les actions de son père-trappeur qui tue les animaux de la forêt. Dès ses 18 ans, elle quitte sa famille. Devenue vétérinaire, elle retourne dans la forêt pour soigner les animaux blessés ou malades. Sa maison devient un genre de refuge. Pendant ce temps, Trump, 45e président des USA, en est à son premier mandat alors que la jeune environnementaliste Greta Thumberg secoue les dirigeants mondiaux en dénonçant leur inaction. Le président américain « a accumulé les mauvaises mesures à l’égard de la nature, ciblant une bonne partie de ses attaques contre l’Alaska. » p. 89. Les animaux se rebellent contre ce Nonami qui incarne les menaces pour leur survie. Avec l’aide de Beth, ils complotent pour enlever Trump et lui faire subir un procès.
Littérature jeunesse politico-environnementale. L’ouvrage est illustré de dessins en noir et blanc. Par des propos simples et incarnés par des personnages animaux, l’auteur propose une sorte de conte dans lequel ils leur donnent la parole. Le respect des différences, la cohésion entre les espèces, le travail d’équipe, la mobilisation, sont des valeurs exprimées par les personnages animaliers. Bref, une prise de position qui explique aux jeunes comment la politique et l’attrait financier peuvent faire des ravages sur la nature, l’environnement et la planète.
Citations « Je faisais partie de la dernière génération des insouciants, celle qui avait consommé et dépensé sans compter. Aujourd’hui, j’ai compris que nos enfants et les enfants de nos enfants allaient payer à notre place, ils seraient les créanciers de notre insouciance. » p. 30
« Vous autres, humains, essayez toujours d’avoir une emprise sur le temps, mais c’est une erreur. Nous, les animaux, avons une conscience plus aiguë des choses, nous ne cherchons pas à tout maîtriser. » p. 47
« Le tout petit chef assis sur son tas de fumier régnait en maître sur un château de pacotille dont l’épaisseur des murs n’arrivait plus à contenir la folie. » p. 105