"La nature menacée devient menaçante : notre excès de contrôle nous a fait perdre le contrôle. Il va maintenant falloir vivre dans un monde fluctuant, c’est-à-dire inventer la civilisation de la robustesse, contre la performance." Olivier Hamant
Face aux bouleversements du monde en cours et à venir, le développement durable, entre géo-ingénierie contreproductive et tout-électrique mal pensé, crée de nombreux futurs obsolètes. Émergent alors les contre modèles de la décroissance et de la sobriété heureuse, nettement mieux alignés avec le monde qui vient. Mais la frugalité peut-elle réellement mobiliser ? Ne risque-t-elle pas non plus de se réduire à d’autres formes d’optimisation ? Et si, pour être sobre et durable, il fallait d’abord questionner une valeur nettement plus profonde : l’efficacité. Le monde très fluctuant qui vient appelle un changement de civilisation. Ce chemin demande surtout de valoriser nos points faibles et inverse toutes les recettes.
Éloge de la robustesse au profit de la performance. Nos sociétés cherchent à tout pris la performance, et ça comprend la sobriété. La sobriété va souvent avec une idée d’optimisation et est très souvent victime d’effet rebond. Il faut donc s’inspirer du vivant qui est lui par définition « robuste » mais pas performant. Par exemple, la photosynthèse a un rendement de l’ordre de quelques pourcents, mais ce manque d’efficacité permet qu’il y ai plus de retombées, notamment organiques pour l’écosystème au global qui garde son équilibre. Il faut donc chercher à avoir une vision global pour chaque chose, moins performante mais plus respectueuse de l’environnement. Propositions concrètes : un salaire universel basé uniquement en fonction du niveau d’étude, de qualification, plus juste. Une éducation aussi moins « performante », moins de connaissances mais plus de collaboration. Formation de citoyens conscient des enjeux, capables de s’intéresser et d’apprendre par eux-même.
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