L'histoire du gardien du musée de Téhéran, un homme seul face à la menace des religieux fanatiques qui a réussi à sauver 300 chefs d'œuvre d'art moderne, le trésor de l'Impératrice des arts. Printemps 1979, Téhéran. Alors que la Révolution islamique met les rues de la capitale iranienne à feu et à sang, les Mollahs brûlent tout ce qui représente le modèle occidental vanté par Mohammad Reza Pahlavi, le Chah déchu, désormais en exil. Seul dans les sous-sols du musée d'Art moderne de Téhéran, son gardien Cyrus Farzadi tremble pour ses toiles. Au milieu du chaos, il raconte la splendeur et la décadence de son pays à travers le destin incroyable de son musée, le préféré de Farah Diba, l'Impératrice des arts. Près de 300 tableaux de maîtres avaient permis aux Iraniens de découvrir les chefs d'œuvre impressionnistes de Monet, Gauguin, Toulouse-Lautrec, le pop art d'Andy Warhol et de Roy Lichtenstein, le cubisme de Picasso ou encore l'art abstrait de Jackson Pollock. Mais que deviendront ces joyaux que les religieux jugent anti islamiques ? Face à l'obscurantisme, Cyrus endosse, à 25 ans à peine, les habits un peu grands de gardien d'un trésor à protéger contre l'ignorance et la morale islamique.
Je me suis laissée emporter par ce livre et son histoire vraie. C’est la vie d’un homme ordinaire qui va veiller sur les trésors du musée d’art moderne de Téhéran quand l’Iran bascule sous l’obscurantisme des mollahs en 1979. Un destin extraordinaire !
C'est l'histoire de l'Iran. Très intéressant. En revanche il m'a manqué une peu d'intrigue. C'est un roman assez plat. On a du mal à s'attacher aux personnages jusqu'à la moitié. Cependant c'est un roman intéressant, son regard historique romancé est très apprécié.
L'auteure, le livre (240 pages, 2023) : Stéphanie Perez est une journaliste, née avec le choc pétrolier de 1973 (le destin ?), une de ces grands reporters qui ont couvert les conflits du Moyen-Orient : elle connait donc bien l'Iran. C'est son premier roman, plutôt convaincant. Son Gardien de Téhéran n'est pas un Gardien de la Révolution, loin s'en faut, mais plus modestement le gardien du musée d'art moderne de la capitale iranienne, un musée créé par Farah Diba, l'épouse du Shah, juste avant la révolution des mollahs guidés par Khomeini.
On aime : ❤️ réviser notre histoire contemporaine avec notre guide, Stéphanie Perez, qui nous brosse un tableau éclairant de ces quelques années (des années que l'on idéalise aujourd'hui, mais qui avaient leur face sombre elles-aussi) ❤️ partager l'enthousiasme de Cyrus, le gardien du musée, lorsqu'arrivent les tableaux achetés grâce à l'argent du pétrole, partager sa fébrilité avant la cérémonie d'ouverture, partager son admiration pour la belle et jeune impératrice ❤️ plus tard, déambuler avec lui dans les sous-sols déserts du musée et partager sa crainte de voir les intégristes détruire ces tableaux jugés "décadents".
Le contexte : Quelle histoire incroyable que celle de cette collection de tableaux ! Après la crise économique et énergétique des années 70, l'argent du pétrole coule à flots en Iran et la Shahbanou dispose de fonds illimités pour offrir à son pays une vitrine sur ce que l'art occidental compte de meilleur : Monet, Gauguin, Picasso, Warhol, Rothko, Pollock, ... rien n'est assez beau, rien n'est trop cher, c'est [une chasse aux trésors effrénée, vertigineuse, sans limites de budget. C'est l'argent du pétrole qui paie]. L'inauguration du musée en 1977 est l'événement où se presse tout ce qui compte (aux sens propre et figuré) dans le monde de l'art et la jet-set occidentale, un succès retentissant qui consacre l'entrée du pays dans la cour des grands et dans le monde occidental, la jeune et belle Farah Diba est vite surnommée [l'impératrice des arts]. Mais [les folies précèdent toujours les grandes catastrophes] et bientôt, le peuple ne supporte plus ni l'absolutisme de l'empereur Reza Pahlavi, ni les exactions de sa police secrète (la SAVAK), ni les dérives de l'occidentalisation forcée de la société iranienne, ni l'arrogance décadente des classes aisées, ni l'absence de "ruissellement" de la manne pétrolière : les mollahs chiites prennent le pouvoir en 1979 et brûlent tout ce qui rappelle l'occident : [la collection de l'impératrice, unique au Moyen-Orient, est considérée comme impie aux yeux des nouveaux maîtres du pays.
L'intrigue : C'est l'histoire du gardien du musée qui nous est contée, une histoire qui épouse celle du pays : un jeune et modeste chauffeur (son nom a été changé pour le roman mais Stéphanie Perez l'a bel et bien rencontré), qui ne sait rien de l'Art mais qui va connaître un destin incroyable puisqu'il va veiller durant toutes les sombres années de l'intégrisme chiite sur une collection exceptionnelle qui vaudra bientôt plusieurs milliards de dollars (oui, vous avez bien lu).
On aime moins : Le ton un peu "nunuche" utilisé pour nous décrire la vie personnelle du gardien dans son quartier et sa famille : c'est la partie romancée du bouquin (le reste est rigoureusement vrai), un volet nécessaire pour nous faire vivre ce que traverse la société iranienne. On se demande même comment ce bonhomme a bien pu faire pour survivre à tout cela dans la vraie vie, mais dans le bouquin, c'est un peu Oui-Oui au pays des mollahs (bon d'accord, on est un peu sévère). Pour celles et ceux qui aiment l'histoire de l'art. #netgalley #legardiendetéhéran
C’est au cours d’un reportage pour France Télévision que Stéphanie Perez fait la connaissance d’un petit gardien de musée. Dans Le gardien de Téhéran elle raconte l’histoire étonnante d’un homme que rien ne le destinait à devenir le conservateur d’œuvres artistiques modernes, rarement vues, souvent cachées. Brins d’histoire
Pour son premier emploi, à Téhéran, Cyrus Farzadi devient chauffeur en 1977. Mais, ce qu’il transporte ce ne sont ni des touristes ni des autochtones, mais des œuvres d’art à partir de leur réception à l’aéroport.
En effet, Farah Pahlavi, femme du Chah d’Iran avait une passion pour l’art contemporain européen et américain. Au cours de ses années de règne, elle rassemble un ensemble d’œuvres exceptionnelles et constitue le fond du nouveau musée d’art contemporain de Téhéran qui s’ouvre en 1977.
Seulement, le faste de la famille royale tranche avec la misère du pays et deux ans plus tard, le Shah et sa femme sont obligés de quitter leurs trônes devant la colère de son peuple.
Stéphanie Perez décrit parfaitement la rencontre, l’attraction et le respect entre un homme et des œuvres dont il doit garder la réalité afin de les préserver des ravages de l’obscurantisme.
Objets d’un culte presque exclusif, les œuvres seront protégés au péril de la vie de cet homme simple et peu éduqué qui sous leurs attractions, en devient un véritable passionné. Mais, Le gardien de Téhéran est aussi roman politique puisque Stéphanie Perez décrit en profondeur les arcanes d’un pays qu’elle connaît bien.
Avec ce roman, j’ai découvert la très riche collection de la Shabanou, femme du dernier Shah d’Iran, un couple trop en avance sur son temps.
J’ai aimé Cyrus, d’abord jeune garçon sans instruction chargé de convoyer des tableaux, qui se prend de passion pour cet art majeur qui croise sa route.
J’ai aimé sa soif de savoirs, son auto-formation au gré des ouvrages qu’il trouve, des personnes qu’il rencontre.
J’ai eu de la peine pour les deux jeunes filles qui croisent sa route, dont l’une connaitra une fin tragique.
J’ai aimé découvrir la révolution iranienne de l’intérieur, avec des habitants de Téhéran qui pour certains pensent pouvoir vite se débarrasser des Mollahs.
J’ai aimé suivre la découverte de certaines oeuvres avec Cyrus (Suicide de Warhol, Nature morte à l’estampe japonaise de Gauguin, Gabrielle à la chemise ouverte de Renoir).
J’ai aimé le contraste entre la magnétique et vivante Shabanou et le regard minéral froid de Khomeini.
J’ai aimé que Cyrus, dans l’ombre, soit le gardien des oeuvres face à la force et la destruction.
J’ai aimé apprendre que son fils prenait sa suite. J’ai aimé son carnet noir dans lequel il consignait toutes ses trouvailles, et son trousseau de clefs unique.
Merci à l’autrice d’avoir mis la lumière sur cet homme de l’ombre qui a très bien fait son travail loin des appareils photos versatiles.
L’image que je retiendrai :
Celle du bâtiment construit spécialement pour la Collection et qui devait rivaliser avec le Guggenheim de New-York.
L'histoire vraie et touchante sous forme de romancée du gardien du Musée d'art contemporain de Téhéran, engagé comme chauffeur de camionnette pour le transport des oeuvres acquises sous le Shah d'Iran au milieu des années 60, collection voulue par Farah Diba, peintures achetées par son directeur artistique. Puis fait irruption en 1979 la contre-révolution islamique de Khomeiny qui chasse les anciens souverains et leur odieux régime. Les oeuvres du musée (des Picasso, Renoir, Bacon, Rothko, Pollock, Warhol...) risquent la destruction par les obscurantistes gardiens de la révolution. Le gardien du musée, autodidacte ému par toutes ces oeuvres, va les préserver de la destruction pendant des dizaines d'années en les masquant derrière des oeuvres insignifiantes. Une histoire très touchante sur l'universalité de l'art. Il semble que ces oeuvres, toujours dans le musée d'art contemporain de Téhéran, ne seraient pas visibles du public, mais vu leur valeur incommensurable, elles sont conservées précieusement. Elles appartiennent désormais au peuple iranien.
Intéressant pour découvrir les grands mouvements de l'histoire iranienne et la petite histoire dans l'histoire Mais c'est pleins de bons sentiments...et dans le mauvais sens. Tout est binaire, les méchants religieux et les gentils du côté de l'empereur (la nature despotique de son règne est juste effleurée), l'art et la culture modernes et évidemment géniaux de l'occident vs la culture iranienne moyen-âgeuse et inculte (mot utilisé tel que plusieurs fois).. parce que oui ne pas être en pleurs devant des fleurs de Gauguin c'est être inculte. Le point de vue pro-occidental caricature tout. Le voile c'est mal, ne pas vouloir adopter la culture américaine aussi. Je pense que l'autrice n'a pas su se défaire de ses biais moraux et ce roman aurait mérité d'être mieux documenté pour gagner en nuance. Et svp dire à chaque fois qu'un personnage commence à prier qu'il s'agenouille, c'est ne même pas s'être renseigné sur le fondement même de l'islam qu'est la prière donc forcément comment comprendre après ce qu'est une révolution islamique.
Histoire intéressante et méconnue que celle de ce fugace musée d'art moderne (ou contemporain selon les pages...) iranien, mais pour l'écriture, on est plutôt sur du roman de gare, où toutes les femmes sont soit voluptueuses et sensuelles, soit chaste et secrètes, sauf l'impératrice décrite en lady Di élégante et vaporeuse, bref où les femmes sont toujours ramenées à leur physique. On a du mal à croire à ce protagoniste simplet et respectueux des règles mais qui quand même arrive à sentir "qu'il assiste au crépuscule d'un monde qui bientôt n'existera plus?" et se livre à des analyses socio-politiques. L'autrice propose un récit omniscient afin de faire passer ses connaissances de journaliste malheureusement cela rend le récit et les personnages très superficiels.
Passionnant et instructif sur l'Iran des années 70, sur les mécanismes qui ont mené à la.révolution de 1979 et sur la vie d'après... On suit, Cyrus, employé du musée créé par l'impératrice Farah Palhavi. Avec l'acquisition d'une collection unique et immense d'œuvres choisies, la femme du chaz accompagnait son mari dans sa volonté de se rapporter de l'Occident et de montrer la modernité et le raffinement du nouvel "empire perse" riche de son pétrole. L'histoire du musée, de ses œuvres et le destin de Cyrus basculent quand l'histoire s'affole.
I think the author did a very good job of describing the excesses of the shah's regime and the inequalities of Iranian society under the shah, as well as a good job of describing the sudden and brutal changes wrought by the revolution. Where the book was weak was in how it treated the main characters, who all seemed a bit two-dimensional to me. And was Cyrus the only person in Iran who had doubts about how the revolution would turn out? The author makes it seem that way. Overall just an ok book, though I appreciated learning the history of the museum and its treasures.
Un roman délicieux qui aborde un moment de l’histoire tout à fait inconnu pour moi
L’histoire de Cyrus qui devient par le plus grand hasard gardien des toiles les plus précieuses d’Iran, un roman qui aborde le contraste entre un Pays voulant se moderniser et toujours ancré dans son histoire islamiste
J’ai aimé découvrir l’histoire de ce musée, l’histoire derrière la collection, son ouverture, ses invités et l’ambition de ses fondateurs. J’ai aimé la façon dont la révolution est décrite comment elle est petçue comment elle évolue. Je me suis fortement attaché au personnage principal…et secrètement j’espère pouvoir visiter le musée un jour.
Livre d’une journaliste qui par ses voyages en Iran a décidé d’écrire un livre. Différent de ce qu’on a l’habitude de lire sur l’Iran. Voyage à travers les époque grâce au prisme de l’art. Le musellement des artistes mais aussi la richesse d’un pays sauvée grâce à un seul homme : le gardien du musée d’art moderne de Téhéran.
Un livre spectaculaire ou Cyrus, chauffeur du musée d’art de Téhéran devient le gardien de chefs d’œuvres jugés submersifs par accident. À travers lui se frottent deux mondes qui s’opposent.
Garder en mémoire l’histoire d’un pays pour comprendre un peuple me semble de plus en plus nécessaire et ça fait vraiment sens en ce moment. Avec son gardien de Téhéran, Stéphanie Perez m’a permis de me remémorer le passé de cette riche nation, tout en racontant l’éveil à l’art de son jeune héros Cyrus. Ce doux rêveur, modeste, un peu timide, intelligent mais peu cultivé, va devenir le sauveur de cette collection inestimable, et unique en Orient, regroupant plus de 300 tableaux dans le très moderne musée d’art contemporain de la capitale iranienne. J’ai découvert ce lieu étonnant, ouvert en 1977, dans ce coin du monde où les gens souffraient sous le règne du dernier Chah. La soif de grandeur, de richesse, de reconnaissances et d’ouverture sur l’occident, de Reza Pahlavi n’avait pas de limite. En bon dictateur, il ne supportait pas l’opposition et sa milice (la savak) traquait sans merci et sans pitié les ennemis du régime. Sa 2ème femme, la belle et envoûtante Farah Diba, passionnée de peintures, dépensait sans compter l’argent du pays pour garnir les murs de son musée. Rien ne l’arrêtait et des toiles de Renoir, Gauguin, Warhol, Pollock… (la liste est longue) sont venus compléter cette selection de chefs d’œuvres unique. Même si le peuple crevait de faim, le pouvoir en place vivait dans une opulence très excessive, vraiment choquante ! Rien d’étonnant à ce qu’une révolte enfle et vienne à bout de cette dictature, en 1979. Le Chah a fui et l’ Ayatollah Khomeini est sorti de son exile (en France) et fut accueilli comme un sauveur. L’espérance d’un monde meilleur va être de courte durée. Les iraniens ne vont pas tarder à voir apparaître une nouvelle tyrannie, religieuse cette fois, qui va rapidement étendre son voile noir sur tout le pays. Cyrus n’est pas un guerrier mais il va vite comprendre la nécessité de protéger coûte que coûte, les toiles considérées comme décadentes pour les fanatiques religieux au pouvoir. Il s’en fit un devoir, avec discrétion et intelligence. L’auteure s’est inspirée d’une histoire vraie et l’on sent bien la plume de la journaliste. Son récit est bien documenté, intéressant et facile à lire. Il semble encore plus nécessaire de rappeler une telle histoire alors que ce peuple lutte de nouveau pour retrouver la lumière. Je recommande ce livre mais aussi «la ballerine de Kiev».