Après une longue absence, le Dr Yûki Asaka est de retour dans sa région natale. Elle remplace sa grand-mère qui exerçait la médecine en milieu carcéral. Mais son arrivée est loin d'enchanter son ami d'enfance, Tatsumi, qui déclare qu'elle ne provoque que des catastrophes. Loin d'être déstabilisée, la jeune femme prend ses fonctions dans la prison où elle a été embauchée et ses débuts pourraient bien donner raison à Tatsumi. La malchance semble bien être à ses côtés... La carrière de Tsukasa Hojo est longue et parsemée de nombreuses oeuvres qui ont construit sa légende. Si ses grands classiques ont façonné son aura à travers le monde, le mangaka a aussi imaginé des histoires uniques, très différentes de ses chefs-d'oeuvre. Rash! fait ainsi partie des quelques courts récits qui ont ponctué la période entre la fin de City Hunter et le début de Family Compo. Cette fois, Tsukasa Hojo nous présente une histoire dont l'héroïne évolue dans un milieu aussi inédit qu'original : une prison. Dans ce récit, nous suivons le quotidien du médecin qui est, on s'en doute, loin d'être monotone ! Proposant un juste équilibre entre émotion et humour, Tsukasa Hojo nous délivre le parcours d'une jeune femme aussi drôle que charismatique, qui va se confronter à la détresse de ses patients privés de liberté.
Tsukasa Hojo (北条司 Hōjō Tsukasa, born on March 5, 1959, in Kokura, Kitakyushu, Japan) is a Japanese manga artist. He studied technical design while still at Kyushu Sangyo University, where he began to draw manga. He worked on several one-shot stories before releasing his serialized works: Cat's Eye, City Hunter and Angel Heart.
Hojo claims that he really did not have any inspiration for these works other than having to meet a deadline. He says he wrote down a few things, he thought about a few things, and one day the ideas just came to him, out of thin air. In reality, the process was a lot more complicated, with editors involved, but fans got the benefit of Hojo's sense of adventure and humor.
After the success of Cat's Eye and City Hunter, Hojo went on to work on other series such as Family Compo. His current ongoing series is Angel Heart, a spinoff of City Hunter set in an alternate universe. It has been serialized in the Weekly Comic Bunch since 2001 and 30 collected volumes has been published so far.
Tsukasa Hojo is Takehiko Inoue's mentor. Inoue worked as an assistant to Hojo during the production of City Hunter. Hojo is also a long-time acquaintance of Fist of the North Star illustrator Tetsuo Hara, who was also one of the founders of Coamix. Hojo contributed to the production Fist of the North Star: The Legends of the True Savior film series by designing the character of Reina.
He was honor guest of the eleventh French Japan Expo which was held in July 2010.
Pour ma génération, Tsukasa Hojo c’est le célébrissime auteur de Cat’s Eye et City Hunter, ou encore le professeur de Takahito Inoue (Slam Dunk, Vagabond). Mais il n’a pas connu que des succès et parfois certains de ses titres n’ont pas fonctionné, ce fut le cas de Rash !! interrompu au bout de 2 tomes… Voyons pourquoi.
Quand il a terminé sa série fleuve City Hunter (36 tomes), Hojo a eu envie de faire quelques histoires courtes avant de repartir dans un long format, mais son éditeur lui a vite commandé une nouvelle série. Peu inspiré, il a essayé ici de reprendre ce qui avait fonctionné autrefois : un personnage de femme au fort caractère et aux cheveux courts et un policier un peu balourd mais au grand coeur. La première était médecin dans une prison, le second son ami d’enfance la voyant comme une porte poisse l’entraînant toujours dans les ennuis…
Franchement les premiers chapitres de ce petit interlude étaient plutôt réussis. J’ai aimé retrouver le trait typique d’Hojo, très marqué par l’esthétique des années 80 et le cinéma, avec notamment ses portraits de femmes que je trouve toujours sublimes comme lors de la page ouvrant le chapitre 10. Les aventures du docteur Yuki étaient rythmées et amusantes, un mélange de danger et d’humour sur lequel il travaille depuis des années. C’était certes légèrement farfelu mais vraiment sympathique à suivre, un peu comme dans les films d’action américains de ces années-là, avec de gros méchants se faisant toujours mettre la pâtée par notre médecin sexy.
L’auteur a même eu la bonne idée au fil des chapitres, comme dans ses précédentes séries, d’imaginer des histoires touchantes avec des pères en prison s’inquiétant pour leur fille, des copines de jeune drogué à leur insu cherchant à arrêter les responsables, etc. Il revient à ses amours avec ces histoires de malfrats et de drogue, dénonçant un réel problème d’alors avec ce crime organisé présent dans les lieux de divertissement des jeunes. Et comme il sait y faire, sa mise en scène est toujours percutante et explosive, avec une héroïne qui monte au front et se fait épauler de manière inattendue. C’est donc une lecture assez plaisante.
Mais peut-être est-ce que c’était un peu trop anecdotique pour les lecteurs d’alors. On sent dans l’ancien second volume, car cette édition regroupe les deux sortis à l’époque, que l’auteur a voulu changer les choses mais il le fait certainement trop tardivement et trop brutalement. Profitant des sentiments des deux héros, il introduit une nouvelle donnée pour venir perturber leur relation : un ancien mentor de Yuki, qui aurait donné la foi en la façon dont elle exerce la médecine, à savoir en allant régler le problème à la source, mais qui aurait mal tourné. Les derniers chapitres prennent alors une teinte bien plus sombre et désespérée, bien plus critique aussi sur l’exercice de la médecine et le manque de lien avec la police, la justice, l’aide à l’enfance ou l’aide sociale…
Ce n’était pas une mauvaise idée mais on se demande un peu d’où ça sort après tant de chapitres aux allures bien plus légères où Yuki était surtout une icône drôle et sexy malgré ses frasques humanitaires, où son ami Tatsumi lui tournait maladroitement autour, de même que la petite jeune qu’elle avait sauvé, ce qui faisait un drôle de triangle amoureux avec amours lesbiennes à la clé. Alors ce virage plus sombre, plus dramatique a vraiment eu du mal à prendre. Dommage car indépendamment du reste, c’était plutôt intéressant et bien fait, notamment avec cette relation professeur-élève ambiguë et cette réflexion sur la médecine et les origines des maux des patients. C’est donc frustrant que la série se soit arrêtée là. J’aurais aimé savoir ce qu’Hojo aurait proposé ensuite.
Oeuvre de commande qui a mal fini, Rash!! est pourtant un titre fort agréable à lire où on retrouve le trait et l’humour caractéristique d’Hojo, de même que son talent à raconter des histoires pleines d’action mais drôles et sympathiques à la fois, avec une touche de tendresse très humaine. Je regrette le virage plus sérieux pris maladroitement sur la fin, sûrement pour accrocher le lecteur qui désertait la série, si cela avait été fait plus subtilement et sur le long terme, on aurait certainement eu une série intéressante sur la médecine avec cette veine sociétale, sur fond de firmes véreuses et de mafias, qu’affectionne l’auteur. Mais on ne saura jamais… Heureusement, il nous offre quand même un beau moment et une fin ouverte satisfaisante.