« Ma mère est partie une nuit d’avril quand j’avais sept ans. Au matin, ne me voyant pas à l’arrêt d’autobus, la voisine a sonné à la porte et nous a trouvés, mon frère et moi, endormis dans nos petits lits. Ma mère n’est pas morte cette nuit-là, elle est simplement partie à Paris. Pouf. Elle nous a redonné des nouvelles par téléphone six semaines plus tard. Elle ne reviendrait pas, elle l’a dit à mon père d’une voix douce, comme si tout était normal. Mon père a d’abord été démoli, puis il ne s’est pas lavé pendant six jours, il pleurait souvent. Il puait aussi. »
« Quand on atteint un but, rien ne compte plus. La mort de mon père m'accueille en remettant le compteur à zéro. La tâche du chalet à vider est aussi légère que son amour. Il est venu dans ma vie en coup de vent. Son centre était ailleurs, plus haut, plus fort. Je ne serai pas sa pleureuse, je ne me jetterai pas à ses pieds, secouée par de larmoyants élans joués et payés. Personne ne m'entendra à la veillée funèbre. Je ne me lamenterai pas, je ne ferai pas de scène. Je ne suis pas comme lui. Je suis lente, sourde. J'aimerais qu'on me raconte à nouveau ma mère et mon père. Eux seuls sans nous auront compté. Elle l'aimait tant; il aimait tant être aimé d'elle. »
« Je vis d’espoir. Mon père ne me reconnaîtra pas et peut-être me verra-t-il enfin. »
Ce livre, c’est le premier que j’ai lu suite au décès de mon père il y a trois semaines.
Une plaquette que j’ai pris au hasard dans ma bibliothèque. J’avais envie de rien mais c’était viscéral, je devais lire pour m’évader.
C’est drôle parce que c’est un livre qui parle d’abandon et de toutes les émotions qui en découle. J’me suis donc pas vraiment évadé mais j’ai réfléchis et j’ai ressenti les mots de l’autrice.
« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous. »
Ce livre, c’est tout ce dont j’avais besoin au moment où je l’ai lu.