Le jeune Oniyasha répète aux côtés de son père, Kan'ami, grand maître de l'art du sarugaku, l'ancêtre du théâtre nô. Ce garçon singulier s'interroge : « Le corps de l'oiseau est destiné à voler, celui du poisson à nager. Qu'en est-il de celui de l'homme ? » Il occupe tout son temps à danser sans en comprendre l'intérêt, jusqu'à sa rencontre avec une femme misérable s'adonnant à une danse maladroite. Ému au plus haut point, il explore avidement l'univers du corps et du mouvement. Ce récit nous plonge dans la vie de ce jeune garçon, qui deviendra Zeami, le créateur historique du théâtre nô.
Un retour sur la vie d'un personnage historique majeur dans l'histoire du théâtre japonais et la découverte d'un art encore assez méconnu du grand public.
C'est un manga comme nul autre. Je n'arrive pas à le comparer, à le classer dans une catégorie. On y raconte l'histoire d'un jeune garçon qui deviendra le grand Zeami, fondateur du théâtre noh. Cet enfant, né dans un monde d'artistes, s'interroge sur le sens du corps, des gestes, de la forme, de la beauté. À travers différentes rencontres, il se connecte peu à peu avec son destin.
C'est une histoire à la fois magnifique et très dure. On n'épargne pas la représentation de cette période difficile de l'histoire japonaise (Muromachi 1336-1573). La misère, la mort, le désespoir se présentent aussi aux yeux du jeune Oniyasha, qui ne comprend pas tout, mais qui ressent ces paradoxes entre l'extrême noirceur de la société, et la danse qui permet de sublimer la tristesse.
Vous le comprenez, ces histoires tranche-de-vie sont à la fois poétiques et philosophiques, parfois même mystiques! À la fin du tome 1, un texte très intéressant, à saveur tout à fait scientifique comme les experts savent en écrire, nous en apprend plus sur des détails de l'histoire japonaise. Il y a d'ailleurs plusieurs termes et spécificités japonaises, qui sont bien expliquées à travers le manga.
Voilà un manga rare en six tomes, qui ne plaira pas à tous les lecteurs, mais qui permet d'explorer la fondation d'un art traditionnel encore important au Japon.
Merci à la Boite de Diffusion/Vega-Dupuis pour le tome 1, ce fut une découverte exceptionnelle. Nous sommes chanceux que cela ait été traduit en français (et de si belle façon, bravo à Satoko Fujimoto!)
Ce premier tome ne m’a pas trop emballé, le contexte est assez dur (pauvreté, maladie, père maltraitant…) et les intentions de l’auteur mettent du temps à se clarifier. Le dessin est très chouette, plein de dynamisme.