De la rue Rachel, où on assiste pratiquement en direct aux derniers moments de Dédé Fortin, jusqu’aux champs humides du comté de Portneuf, terre d’utopie pour quelques âmes en quête de sens, ce triptyque temporel aux allures de kaléidoscope nous dépeint les moments charnières de la vie d’un homme. D'abord à ses dix-huit ans, dans une forêt de Lanaudière où poussent des champignons magiques, et dans un bar de Joliette où il rencontre une serveuse au tempérament musclé. Puis au mitan de son existence, alors qu’il est installé à Montréal et que sa vie personnelle et professionnelle prend une tournure inattendue. Enfin bien campé dans la cinquantaine, perdu dans les brumes d’une anesthésie opératoire, son cerveau lui offrant l’occasion de fouler de nouveau la route empruntée au fil des ans, un chemin jalonné par sa relation avec l’insaisissable Solène.
Alain Beaulieu est l'auteur de dix romans, en 2012. Il a remporté à deux reprises le Prix littéraire Ville de Québec-Salon international du livre de Québec, soit en 2006 pour Aux portes de l'Orientie et en 2007 pour La Cadillac blanche de Bernard Pivot. Il a écrit aussi pour le théâtre et la radio. Son roman Le Postier Passila (Actes Sud/Leméac), paru en France et au Québec en 2010, a été finaliste au Prix du Gouverneur général 2011.
Champignons magiques, auteur en quête de reconnaissance, soloparentalité, Westfalia aux couleurs psychédéliques : le nouveau roman d’Alain Beaulieu amène le lecteur là où il ne s’y attend pas.
Bien que l’auteur ait l’habitude de commencer l’écriture d’un projet sans idée ni plan en tête, il serait faux de croire que le récit se présente de manière balbutiante et décousue. Dès les premières pages, il nous propose un triptyque temporel qui s’échelonne jusqu’à la fin. Nous suivons le narrateur à l’aube de la vingtaine, à la mi-trentaine, puis à cinquante-quatre ans, chaque époque nous permettant de déplier un nouveau pan du personnage et de sa relation avec cette fameuse Solène.
À quel point une rencontre peut-elle influencer le cours d’une existence? Il faut lire ce roman pour en avoir une petite idée.
Après avoir lu Le refuge, roman qui m’avait soufflée par l’originalité de sa construction et la qualité de son écriture , je renoue avec la plume d’Alain Beaulieu et WoW ! Je n’ai pas été déçue. Une plume superbe, une histoire en trois temps, que j’ai lue d’une traite, savourant chaque ligne. À lire !