Chef-d'œuvre de la littérature russe, livre culte à travers le monde, Le Maître et Marguerite dénonce dans un rire féroce les pouvoirs autoritaires, les veules qui s'en accommodent, les artistes complaisants, l'absence imbécile de doute. Moscou, années 1930, le stalinisme est tout puissant, l'austérité ronge la vie et les âmes, les artistes sont devenus serviles et l'athéisme est proclamé par l'État.
C'est dans ce contexte que le diable décide d'apparaître et de semer la pagaille bouleversant les notions de bien, de mal, de vrai, de faux, jusqu'à rendre fou ceux qu'il croise. André Markowicz, qui en retraduisant les œuvres de Fiodor Dostoïevski leur a rendu toute leur force, s'attaque à un monument littéraire et nous restitue sa cruauté première, son souffle romanesque, son universalité.
Notre prof d’allemand au collège nous avait emmené voir au théâtre une version - en allemand - du Maître et Marguerite. C’était conceptuel, beaucoup de nudité, bref les parents qui accompagnaient avaient sauté au plafond. Mais des années plus tard, voir le titre dans l’étalage d’un libraire a piqué ma curiosité.
Puis ma curiosité a continué à être piquée tout au long de la lecture. Mais de quoi parle ce livre, et où veut en venir l’auteur ?
Il y a bien sûr plusieurs niveaux de lecture, le premier étant que la farce grotesque critique de nombreux aspects de la vie sous le régime soviétique. Les notes en bas de page m’ont été bien utile pour comprendre les allusions. J’ai apprécié de voir un autre côté de la culture et de « l’âme russe », que je ne connaissais que par les auteurs classiques comme Tolstoï, Dostoïevski, ou même Gogol si on peut le rentrer dans cette catégorie. Bêtement, je ne m’imaginais pas cette effervescence et cet humour, la vie dans la Russie soviétique ne pouvant être que grise et morne.
Quand au deuxième niveau de lecture… Le Maître a-t-il raconté une histoire vraie qui a eu lieu dans le passé et dont il a eu connaissance d’une façon ou d’une autre, ou bien son histoire est-elle devenue la réalité grâce à son génie créatif ? Son surnom sous-entend en tout cas un grand pouvoir. Peut-être que chaque artiste en est investit ?
Un régal de littérature ! Voyage dans un univers absurde et humoristique mais qui interroge nos valeurs morales et sociales. Le bien et le le mal sont ils si rationnels ?