Marseille a toujours été en résistance, mais passive. C’est pour ça qu’en arrivant à Marseille, certains ont le sentiment que les Marseillais ne font rien. C’est une posture assez colonialiste, comme si avant eux il n’y avait pas eu de salut. Or, avant eux, il y a eu une histoire. Du MLAC au Drama Queer Football Club en passant par le Planning familial et les Cagoles de l’OM, trente-deux femmes racontent à Margaux Mazellier, journaliste, comment elles ont tenté de rendre Marseille plus vivable pour ses habitant·es. Des récits hauts en couleurs, en voix, en personnages… à l'image de la ville qui les abrite.
33 portraits de militant•es, depuis les années 70 jusqu’à aujourd’hui. Leur point commun, c’est de militer à Marseille, pour Marseille, avec des Marseillais•es. Mieux qu’une visite guidée de la ville, cet essai met en lumière celleux qui font ce qu’il y a de plus beau à Marseille : la solidarité.
Bizarre d’écrire sur un bouquin quand la période politique est aussi grave, mais c’est maintenant qu’on a besoin de garder espoir, et c’est précisément ce que j’ai trouvé dans ce livre. Le panorama de militant•es permet de rendre compte de la vie militante et associative si riche à Marseille, et pointe surtout à quel point l’engagement individuel, quand il s’inscrit dans un collectif, est puissant et indispensable. Les militant•es présenté•es ici se sont battu•es et se battent encore pour l’accès libre à l’avortement et à la contraception, contre la lesbophobie, la sérophobie, la transphobie, le racisme, les violences policières. Iels revendiquent leur statut de cagole avec fierté, développent des réseaux de solidarité dans leurs quartiers, créent des lieux antifascistes, lesbiens et féministes. Iels utilisent une multitude de moyens d’actions : le sport, pour créer du lien et pouvoir se défendre ; la radio, pour ouvrir un espace rien qu’à nous où diffuser nos idées ; les manifs, les tags, les dégradations, pour se réapproprier l’espace et faire du bruit.
À Marseille comme ailleurs, les lesbiennes sont de toutes les luttes et on les retrouve dans tous les collectifs qui se battent pour un monde meilleur, alors forcément il y en a beaucoup dans cet essai. J’espère que ça motivera du monde à faire de même, parce qu’on va avoir besoin de tout le monde pour résister à ce qui arrive ; et pour celleux qui se bouge déjà, je pense à vous, on est ensemble, on pourrait écrire mille essais sur toustes les militant•es qui portent nos luttes un peu partout, mais même sans portrait dans un livre on sait ce que vous donnez et ça compte beaucoup.
Genial ce livre !! Avoir un point de vue autre que parisien sur l’histoire du féminisme est si important ! Ça m’a fait voir qu’à Aix aussi il y a une histoire féministe que je ne connaissais pas même en y ayant vécu. Le parcours de ces femmes est si inspirant, elles ont toutes œuvré à leur échelle et sont si modestes dans leur apport au féminisme/anti-racisme/lutte LGBT alors que ce sont des queens ! J’ai terminé le dernier portrait avec les larmes aux yeux et des frissons, avec l’espoir surtout!
“Comme le disait James Baldwin, nous sommes des funambules. On sait qu’autour de nous, le monde est chaotique, qu’il y a trop de choses à changer. Mais, en même temps, il faut garder cette foi immuable et invincible qu’on va pouvoir changer les choses en s’organisant collectivement.”
Une super histoire du féminisme marseillais même si la méthode de la chaîne humaine a trouvé ses limites, notamment dans la période années 1970 qui ne retrace l’itinéraire des militantes de psychépo uniquement… Mais c’est une bible pour les nombreux mouvements féministes, antiracistes, antivalidistes et anticapitalistes !!