C.F. (Charles Ferdinand) Ramuz (prononcer “Ramu”), né à Lausanne le 24 septembre 1878 et mort à Pully le 23 mai 1947, est un écrivain et poète suisse d’expression française, figurant, à côté d’auteurs tels que Blaise Cendrars, Charles-Albert Cingria, Guy de Pourtalès, Jacques Chessex et Nicolas Bouvier, parmi les écrivains du XXème siècle les plus emblématiques de Suisse Romande.
Ramuz entre au Gymnase (l’équivalent du lycée dans le Canton de Vaud) classique de Lausanne en 1894 et y obtient sa maturité (qui correspond au baccalauréat) en 1896. Il obtient en 1900 une licence ès lettres à l'Université de Lausanne. Il enseigne au collège d'Aubonne avant de voyager, dans un premier temps à Karlsruhe, puis à Paris, où il effectue de longs séjours. Le 18 février 1913, il épouse Cécile Cellier, peintre d'origine neuchâteloise. Leur fille Marianne naîtra la même année. Il quitte Paris juste avant la Première Guerre Mondiale pour s’établir tout d’abord à Lausanne, puis dès 1930 à Pully, à la Villa La Muette.
Son œuvre comprend des romans, parmi lesquels Aline (1905), La Grande Peur dans la montagne (1925/1926), La Beauté sur la terre (1927) et Derborence (1934), des recueils, des essais politiques et philosophiques tels que Taille de l'homme (1932), de la poésie, des textes autobiographiques (Paris, notes d'un vaudois (1937) et Découverte du monde (1939), un important journal, ainsi que l'Histoire du soldat (1920), mis en musique par Igor Stravinsky en 1917.
Mettant en scène ses romans et ses personnages dans un monde paysan et montagnard tout à la fois rude et archaïque, il développe une langue expressive, rêche et vigoureuse, laquelle lui permet d’atteindre à l’universel tout en demeurant résolument ancré dans le terroir du Pays de Vaud.
Aline, oeuvre de jeunesse de C.F. Ramuz, convainc par un mélange de force et de simplicité, de dépouillement et de poésie, loin de tout fatras idéologique et de toute fioriture.
On serait en droit, en paraphrasant ces quelques vers de l'Ode à Marcel Proust de Paul Morand, de demander à Ramuz, comment il a pu réussir à écrire ce joyau qu'est Aline, "sachant les travaux des âmes, et ce qui se passe dans les maisons, et que l’amour fait si mal ?"
Cet ouvrage, qui a fait l'objet d'une mise en page visant au maximum de confort en vue d'une lecture en format numérique, est précédé d'une préface rédigée par Ch.-H Fouquet. Dès lors, ami lecteur, sur le point d'entamer la lecture de ce court roman d'une vie qui, pour avoir été brève, n'aura pas été dépourvue de passion, nous te convions à te glisser dans l'oeuvre de Ramuz avec une souplesse toute fé "le crépuscule se glissa sous la porte comme une chatte brune". A l'instar de ce passage, tu verras une poésie subtile se glisser, à pattes de velours, dans les interstices de l'oeuvre.