En terminant ce livre, je lui donnais une note de 3.75/5, mais je la baisse maintenant à 3/5. En deux mots : ce fut une lecture plus compliquée que divertissante, dans l’ensemble.
On suit l’histoire de Laure, et celle de Clément, et la leur, ensemble. Laure s’éloigne de son mari qu’elle n’a jamais aimé et de ses deux filles, surtout son aînée, dont elle a perdu l’amour depuis longtemps ; Clément n’aime que son chien. Laure est prof ; Clément travaille dans une banque. Laure et Clément se rencontrent, et ils développent une relation qui vacille entre sexe et semblant de romance.
Leur rencontre, j’ai trouvé, a été l’élément déclencheur à quelque chose dans leurs vies respectives qui n’attendaient qu’un petit coup de pouce pour exploser. Quand j’ai commencé à lire Feu, je n’ai pas compris le principe. Pourquoi est-ce que la tromperie était tant banalisée ? Pourquoi est-ce qu’il n’y a littéralement que du sexe dans ce fichu bouquin ? J’admets que ça m’a pas mal refroidi-e, et les deux premiers tiers de ma lecture ont été quelque peu laborieux.
Je n’aimais pas les personnages, je ne les comprenais pas, je ne ressentais pas l’attachement entre eux. Entre Laure qui trompe son mari sans le moindre remord et Clément qui penche très clairement pour l’extrême droite, il ne me restait que Véra à véritablement apprécier, et elle est n’est évidemment qu’un personnage secondaire, quoiqu’elle joue un rôle central dans le roman. Autrement dit, j’avais juste l’impression de lire à propos de (excusez le terme) connards finis.
Pour être honnête, je n’ai pas fini par les aimer, ni par les comprendre, ni par ressentir ce fameux attachement. Toutefois, le dernier tiers du roman a eu l’effet d’une bombe pour moi, et j’ai littéralement dévoré les 100-150 dernières pages. Une fois qu’on s’est éloigné du sexe (dont j’ai vraiment fini par me lasser à la longue, tant chaque page en parlait), et qu’on s’est concentré sur l’effet, les conséquences de la relation, j’ai simplement lu sans pouvoir reposer ma liseuse. Peut-être un peu long pour se faire happer par un livre, mais vaut mieux tard que jamais, disons…
Il m’a aussi fallu du temps pour adhérer à la plume de l’autrice, plus spécifiquement à l’utilisation de la deuxième personne au cours des chapitres de Laure. Mais j’ai rapidement trouvé que c’était vraiment bien manié, et que ça ajoutait beaucoup d’impact sur l’ensemble du roman. Les chapitres n’étant pas très longs, ça n’est pas devenu indigeste. La voix du personnage est incroyablement percutante grâce à ça, et il en est de même pour celle de Clément, où c’est la première personne qui est utilisée. La ponctuation est assez laborieuse également, et ça risque d’en bloquer certain-e-s, mais j’ai pour ma part adoré ! Je me suis vraiment senti-e dans la tête des personnages, ça n’a parfois aucun sens mais c’était tellement vrai, brut, humain. Sincèrement, bravo à l’autrice pour ça. (J’ajouterais que j’ai surligné de nombreux passages qui m’ont percuté-e de plein fouet.)
Petit mot de la fin pour conclure : j’ai voulu arrêter plusieurs fois ma lecture, fatigué-e de la redondance du sexe, mais je ne regrette pas de l’avoir terminée. Le dénouement, les destins des personnages, la poésie de l’œuvre… Ç’a vraiment valu le coup.