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La Roche

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Tous rêvent de fuir cette île désolée, où la ressource en eau est rare et contrôlée. La plupart des habitants s’épuisent à pomper des nappes inaccessibles. Ceux qui refusent cette cadence infernale n’ont d’autre choix que de se tapir dans l’obscurité. Mais dans cet univers de violence, une poignée d’individus n’a pas renoncé à la poésie. Au péril de leur vie, ils vont conjuguer leurs forces et chercher l’espoir et la beauté jusque dans les recoins les plus sombres de cette terre.
Que reste-t-il de l’humanité quand les corps et les esprits sont aliénés? Quel avenir se dessine quand les ressources sont mises sous scellés? Roman d’anticipation à l’onirisme fabuleux qui déploie un monde hostile et fragmenté, La Roche choisit de livrer combat grâce à une langue dont chaque mot virevolte, percute et vient nourrir la possibilité d’un renouveau.

384 pages, Paperback

Published January 18, 2024

25 people want to read

About the author

Martin Lichtenberg

3 books1 follower

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Community Reviews

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Displaying 1 - 3 of 3 reviews
Profile Image for Tachan.
2,666 reviews28 followers
September 10, 2025
Avec sa couverture rétro, j’ai cru à tort que nous avions ici une vieille SF dystopique et j’ai été intriguée. Erreur, c’est en fait un premier roman qui s’inscrit dans une belle tradition et qui offre aventure et questionnement autour de la roche, de l’eau et de la manipulation des populations. Efficace.

Martin Lichtenberg est un auteur qui vient du cinéma mais aussi du tourisme, aimant écrire des guides de voyage. Ses deux passions, en plus de l’imaginaire, se ressentent très bien dans ce premier roman, riche en descriptions de décors mais également en scènes d’action assez visuelles. Ainsi, avec une plume des plus fluides et rythmées, grâce à des chapitres courts, il imagine une histoire où l’on court, se cache, fouille dans les ruelles de la mystérieuse cité de Roche, une île isolée et mal famée, où tout le monde rêve de prendre le train pour aller à la Capitale et trime pour cela. Mais bien sûr, cela cache une toute autre réalité comme l’illustration la superbe couverture signée Julien Rico dans l’édition Pocket.

En s’inspirant des classiques du genre, l’auteur parvient à faire un récit plein de mystères où j’ai pris plaisir à fouiller dans cette Roche pour tenter d’en comprendre les secrets et le fonctionnement. Ce dernier a été très bien pensé, dans le mode dystopie grise, où une population sans plus s’en rendre compte a été asservie aux lubies d’une élite qui la regarde de loin. Les habitants de Roche sont ainsi divisés en deux caste, les Rocheux et les Rocailleux qui ne se croisent pas, car ils ne travaillent pas en même temps, ni aux mêmes choses, les uns trimant, trimant, les autres sombrant dans le désespoir. Leur seul but dans la vie est d’accéder à ce train qui les emmènera vers des lendemains meilleurs, mais en attendant, ils triment, ils triment, dans un univers où les distractions, l’art, la musique, sont mal vus voire interdits.

L’ambiance du récit, ses mystères, ses secrets sont vraiment bien pensé. Il y est notamment puissamment sujet de la question de l’eau, puisque c’est l’un des métiers et l’une des denrée essentielle et rare de la ville. Les armes dont disposent les rares habitants ayant envie de comprendre et changer les choses sont surprenantes, ce sont les mots et la musique. Une belle idée. Et on sent chez l’auteur de nombreuses références historiques ou culturelles, des trains faisant penser à ceux des convois d’Hitler, en passant par l’ambiance de la Vie est belle dans la relation entre Daël et sa fille, sans oublier des copies du baron Harkonen de Dune, et les ambiances à la Fahrenheit ou 1984 pour les plus évidents.

Il a bâti non seulement un univers convaincant et assez fouillé pour le format (un oneshot) et également des relations crédibles entre les personnages, les rendant vivants et réels pour nous. Le héros de l’histoire, l’artisan Dael est ainsi différent des héroïnes de dystopies auxquelles nous ont habitué ces dernières années. Il a un vrai vécu, il a des responsabilités, ce n’est pas un ado ou un jeune adulte, il a autre chose en tête, notamment sa fille qui compte beaucoup pour lui. Il est accompagnée de La Fouisseuse, une collectionneuse d’objets vivant dans un sous-marin ou encore du jeune Sol, à qui il vient en aide, et qui a un pouvoir particulier avec sa musique. Cela crée un groupe hétéroclite aux envies très personnelles mais dont le but commun, sortir de ce marasme et réapprendre à rêver, ne peut que plaire au lecteur.

Malheureusement, l’histoire, elle, est plus brouillonne. Bien que j’ai trouvé le récit facile à lire, il a aussi eu à de nombreuses reprises cette tendance à tourner à vide, avançant avec de l’action mais ne progressant pas en terme d’intrigue. Il y avait donc un habillage à première vue entraînant mais une stagnation de l’histoire derrière quand on regardait bien. Et l’auteur a souvent tourné en rond, se répétant. Ainsi malheureusement quand la fin arrive, car il faut bien qu’elle arrive, l’auteur semble également manquer de temps. Il précipite tout, condense tout, raccourci tout. On a les principales réponses et j’ai beaucoup aimé leur ton désenchanté et aussi un peu égoïste, car après tout, on n’est pas toujours obligé de sauver le monde, on peut aussi juste se sauver. Mais cela a manqué d’impact, de profondeur, pour rendre ces moments marquants. Zut.

La Roche fut ainsi une découverte prometteuse d’un nouvel auteur dont j’ai aimé les sujets et les thèmes, dont l’utilisation de la dystopie à la fois classique mais avec sa touche m’a plu, moi qui ne suis pas une fan du genre. Il m’a cependant manqué quelque chose dans la narration qui tourne trop souvent en rond et n’exploite pas pleinement les beaux personnages créés ou le décor grisâtre imaginé, ainsi que les turpitudes de ces élites lointaines, qui le resteront jusqu’au bout. Il manque encore la touche pour arriver à agencer et utiliser toutes ces bonnes idées. Encouragements, comme j’écrirais sur le bulletin de mes élèves ^^

Article complet : https://lesblablasdetachan.wordpress....
Profile Image for Culturevsnews.
1,057 reviews8 followers
June 2, 2025
Avec La Roche, Martin Lichtenberg signe un roman dystopique à la fois sombre, poétique et intensément humain. Dans la lignée des grands récits d’anticipation sociale, l’auteur interroge la place de l’art dans un monde en ruine, où l’imaginaire est peut-être le dernier territoire de résistance.

La Roche, c’est une île-prison à ciel ouvert. Coupée du monde, écrasée sous le joug d’une société de castes, rongée par la pénurie d’eau, elle est un miroir déformant de nos dérives contemporaines. Là-bas, la vie se résume à survivre. Et espérer. Espérer faire partie des rares élus qui pourront monter un jour dans le train pour la Capitale, ce lieu mythique d’où nul ne revient. L’illusion d’un ailleurs meilleur maintient la population sous contrôle, dans un état de fatigue et de résignation quasi totale.

Mais au cœur de cette désolation surgissent des personnages qui refusent l’anesthésie générale. Il y a Dael, modeste artisan, qui s’acharne à faire scintiller les ruelles sombres de l’île pour émerveiller les yeux de sa fille Loo. Il y a la Fouisseuse, recluse dans un sous-marin rouillé, amassant objets et souvenirs pour tenter de recoller les morceaux de son histoire. Et puis Sol, porteur d’un souffle insurrectionnel, qui choisit la musique comme arme douce et radicale contre l’oubli.

En croisant les trajectoires de ces âmes brisées mais lumineuses, Martin Lichtenberg tisse un roman choral et sensible, où la poésie naît de la rouille, des silences et des gestes minuscules. Le récit avance par fragments, par bribes de vie, captant l’intime dans une langue ciselée, presque organique. On sent l’humidité des couloirs, la tension des regards, la puissance des rêves étouffés.

Ce n’est pas un roman d’action, mais un roman de frémissement. De résistance invisible. Ici, l’art n’est pas un luxe mais une nécessité : il ranime, rassemble, redonne forme à ce qui s’effondre. La Roche explore ainsi ce paradoxe magnifique : quand tout semble perdu, il reste encore la beauté. Celle qu’on fabrique avec les mains, avec les sons, avec les souvenirs.

Dans un paysage littéraire souvent saturé de dystopies formatées, La Roche se distingue par son humanité, sa densité émotionnelle et sa puissance évocatrice. Une fable politique, oui, mais profondément sensorielle, qui ne cherche pas tant à dénoncer qu’à réveiller. À dire que même dans les sociétés les plus abîmées, créer, c’est déjà se rebeller.
10 reviews
September 15, 2024
Un parfum de Damasio, avec un monde finement construit, un secret qui tire inexorablement toute l'action et un langage qui laisse entendre la musique brute et sale de la Roche
Displaying 1 - 3 of 3 reviews

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