Un passage au Pays Basque pendant cet été, ça vous tente ? On partira à la chasse au serial killer.
« Précipice » est le second tome dans lequel nous retrouvons Louise Caumont, le premier étant « Matrices ». La lecture peut être indépendante, ne vous inquiétez pas. Commandez-vous une pizza avec livraison à domicile, évitez les baignoires, et tout ira bien.
L’ouverture de « Précipice » est choc : Valériane Ducuing est sauvée d’une mort atroce in extremis par l’arrivée du livreur de pizza. Saucissonnée et droguée dans sa baignoire, elle l’a échappée belle. On se rend vite compte que nous sommes en présence d’un serial killer, lorsqu’une seconde victime est découverte, morte celle-ci, avec le même mode opératoire. Les tags retrouvées sur les baignoires laissent à penser à une série macabre. Qui sera le suivant ?
Louise, major à la brigade de recherche de la gendarmerie de Tarbes est chargée de l’affaire. Elle doit sortir de sa zone de confort, puisque contrainte de faire équipe avec Léa Badenco, de la brigade de Bayonne. Les deux femmes, même si elles ont toutes deux un fort caractère, présentent des divergences de point de vue et d’âge. Elles abordent l’enquête de manière différente, cela risque d’être explosif !
Les deux victimes n’ayant rien en commun au premier abord, Louise et Léa découvrent que toutes deux ont été scolarisées dans le même établissement d’Hendaye en 2002.
« – Au fond, vivre, mourir, être ou disparaître, quelle importance ? ajoute Valériane, les yeux dans le vague. Dans l’immensité et la permanence de l’infiniment grand, nous ne sommes qu’un grain de poussière. Une infime respiration dans le souffle de vie éternel de l’univers. »
Céline nous propose un thriller haletant de toute beauté. Une double temporalité, présent, passé, emmène le lecteur dans un suspense pesant. Les indices et révélations nous arrivent au compte goutte. La trame se met en place, certaines révélations sont surprenantes mais perdent un peu plus le lecteur dans ses interrogations. Céline a le sens du mystère.
Sa plume est vive, détaillée, immersive. Le rythme est inégal, avec quelques longueurs, déjà relevées dans un autre roman de Céline que j’avais lu. C’est l’une des caractéristiques de la plume de Céline. Elle a le soucis du détail, ce qui se fait forcément au détriment du rythme. Mais ce n’est pas plus mal, bien au contraire. Elle plante son décor au Pays Basque pour tisser la toile d’une intrigue bien ficelée. Ses descriptions des lieux nous permettent de découvrir la région comme si on y était. Et permettent de souffler un peu !
La seule chose qui m’a profondément gênée et sur quoi, à force, j’ai fait une fixette : les répétitions ! Les personnages ont utilisé l’anglicisme « OK » à de multiples reprises. A chaque fois, j’ai levé les yeux au ciel, étant à deux doigts de les comptabiliser. Idem pour « Du coup ». Un simple détail, mais qui, pour moi, a provoqué un réel énervement. Dommage.
Les personnages sont profonds. Le groupe d’adolescents que nous suivons en 2002 est assez terrifiant. Un Club des Cinq s’imaginant forts et invincibles, prêts à tout pour conserver leur place dans le clan. Tous suivent un cursus sportif, le dépassement de soi est donc leur quotidien. Ils vont dériver et le lecteur suit leurs interactions et leurs conflits moraux. Ils ont tous leurs secrets et leurs motivations.
Céline aborde des thématiques très actuelles, telles le harcèlement scolaire, exacerbé par les dynamiques de groupe, les relations toxiques. Certains personnages sont perclus de remords, ajoutant une couche de complexité à leur développement.
« Ils s’étaient sentis ivres de vie, exaltés par les émotions intenses qui les faisaient vibrer dans ces moments extrêmes de danger ou de transgression. Et il y avait également ce profond sentiment d’appartenance à un clan, cette union indéfectible entre les membres du groupe, un groupe fondé sur un pacte clandestin, avec ses règles propres, son fonctionnement libéré des carcans établis par la société. »
Plus on avance dans le récit, plus les pièces du puzzle prennent place, et plus mes cheveux se sont dressés sur ma tête (Céline, merci pour le brushing !). Le récit prend une dimension incroyable, la tension grimpe à chaque page. Même si j’ai découvert le fin mot du récit avant le dénouement, j’ai pris un énorme plaisir à suivre le dernier tiers, déjà pour m’assurer que j’étais sur la bonne piste, mais aussi parce que j’étais bluffée par la manière dont Céline a rejoint les différents fils de l’intrigue.
Je vous conseille la lecture de « Précipice » pour son histoire palpitante et captivante.
« A bien y regarder, les réseaux sociaux ne font aujourd’hui que donner de l’ampleur et de la visibilité à un phénomène qui existe depuis toujours. »
Je remercie Editis et les Éditions Pocket pour cette lecture.
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