« Le fils avait changé. Il tournait en rond. À la maison. Sur le bateau. Dans sa tête. À ne plus guère sourire. À ne plus guère causer non plus. À rêver d’autre chose sans trop savoir quoi. À faire sa crise entre terre et mer. À force de vivre dans cette frange incertaine de pays, à se cogner entre deux infinis, on se chamboule l’esprit. On ne sait plus si on doit se jeter d’un côté ou de l’autre. On attend des mots mais ils ne viennent pas. Et lui, maladroit, qui ne savait pas comment parler au fils qui dérivait. Le questionner. L’aider. Le soutenir. Lui dire qu’il avait cette chance d’être un jour son propre maître. À jamais et pour toujours. Que le métier était dur peut-être, que les nuits étaient leurs jours, qu’ils vivaient à l’envers de tout, mais que chaque jour était nouveau. Que chaque aube n’avait rien de semblable avec la précédente. Que chaque marée n’était pas la sœur d’une autre. Que leur vie se composait de chapitres toujours neufs, écrits avec leur liberté et avec la beauté du monde. Qu’il lui dise bordel où trouver pareil feu ? » Le Rature est toujours le premier bateau à quitter le port et le dernier à y rentrer et le père sait qu’il est là à l’exacte place de la Terre où il doit être. Peu de paroles, des gestes surtout, toujours les mêmes, et une manière d’appréhender le monde, de lire le ciel, les nuages, les étoiles, ce langage est le sien. Le jour où il a emmené son fils pour une journée de pêche il s’en souvient comme d’un rêve. Son fils. Qui serait pêcheur comme lui l’était devenu. Après son père.Et pourtant, le fils est parti. Faut-il espérer son retour ? L’illustratrice Lucille Clerc a retranscrit toutes les nuances déployées par le texte pour lui faire écho et l’accompagner, jouant du dessin, des matières et techniques, gravure, encre, photos... Comment traduire, le froid, le manque, la tristesse mais aussi l’amour, la force des liens, la transmission, la joie de la complicité. Ses illustrations incarnent magnifiquement toute la sensibilité du récit.
Philippe Claudel is a French writer and film director. His most famous work to date is the novel " Les Âmes Grises " - " Grey Souls ", which won the prix Renaudot award in France, was shortlisted for the American Gumshoe Award, and won Sweden's Martin Beck Award. In addition to his writing, Philippe Claudel is a Professor of Literature at the University of Nancy.
Court texte magnifiquement illustré! Une histoire de mer, de pêche, de relation père-fils. Touchant et vif. Très immersif également, on sent presque l’odeur saline du bord de mer et le poisson. Un livre à lire d’un trait. Je le recommande!
Ce livre est brillamment parfait. Les mots se balancent sur les vagues et les dessins suivent le rythme des pensées. C’est l’histoire du fils prodigue qui prend vie, mais bien plus belle que je n’aurais jamais pu le croire. Un chef-d'œuvre absolu pour lequel 5 étoiles ne suffisent pas.
Impressions générales| Vous savez que ce vieux grincheux de Phoenix aime pas la poésie! Mais là… Est-ce le fait qu’elle soit illustrée? Étrangement je lis les premières pages et… j’aime ce que je lis!
Peut-être un livre un peu grincheux justement.
J’aime bien quand il y a de l’humour, de la légèreté! Vraiment! Le pathos c’est assez facile à faire quand on y réfléchit, y’a moins de mérite! Ma mère disait que le malheur il y en a partout, il suffisait de se baisser pour le cueillir, aspirer au bonheur, est déjà plus ambitieux.
Mais les gens adorent se plaindre alors voilà.
Un livre moyen qui ne mérite pas spécialement d’être lu ! (trois fois de suite! il fait son grincheux c’est sûr!)
Ce qui m’a moins plu| Toujours pareil ce n’est pas un vrai bon livre. Je pense que ces choses là se perçoivent par notre 6ème sens. Il y a des raisons profondes pour lesquelles on aime ou on aime pas un livre. C’est l’opinion. Et l’opinion, c’est sacré! Le tout est de l’exposer sans courroux ni grief. Des fois c’est dur… Sentiment d’injustice… D’avoir perdu son temps…
Style d’écriture| Si la plume m’a diverti au début et les illustrations… c’est quelque chose… J’ai vite été rattrapé par les deux côté « grosse spécialisation sur la vie maritime » / pathos …
En Bref| Une belle histoire pour ceux qui aiment la mer!
C’est pas l’homme qui prend la mer
C’est la mer qui prend l’homme
Chantait Renaud…
Moi la mer elle m’a pas encore prise… Donc ça me parle moins. En revanche, la piscine …!
L’histoire d’un homme de mer, qui pêche fièrement depuis toujours et qui espère voir son fils prendre la relève...
Thèmes : • La pêche • La relation père-fils • La beauté et dangerosité de la Mer
Points forts : • Les illustrations de Lucille Clerc permettent une immersion totale dans cette Mer sauvage, à la fois docile et indomptée. Elles renforcent le sentiment de solitude également. • Dès les premières pages, on se retrouve dans l’esprit de cet homme, sans nom, qui représente justement tous ces pêcheurs anonymes, qui nous nourrissent. • Cette incapacité à communiquer clairement, mais ce lien si fort entre sa femme et son fils, nous bouleversent.
Point faible : Le résumé officiel nous parle d’une relation père-fils conflictuelle, mais en réalité, celle-ci ne l’est/le devient que très tardivement. Je suis restée sur ma faim sur ce point.
Bilan : Une lecture qui m'a moins marquée que ce que je pensais. Les dessins me parlaient plus que la plume de l'auteur au final. C'est un très bel objet livre qui se lit et se contemple très rapidement.
Rature, c’était son surnom d’enfant et maintenant le nom de son bateau. La mer, la pêche, c’est toute sa vie. Dans laquelle il y a aussi sa femme et son fils. Il a failli perdre son fils à la mer, puis l’a quand même perdu. Le fils s’en est allé, en colère, ne voulant pas de cette vie de marin. La vie continue, teintée de tristesse et de ressentiment. Mais quand la mer vous tient… Une histoire un peu comme un conte, magnifiquement illustré. Une grosse larme sur ma joue à la fin.
Mi nouvelle, mi album et vraie réussite, cette rature est très loin d’en être une. Cette histoire sublimée par les dessins envoutants et oniriques de Lucille Clerc nous emporte dans les tourments d’un père.
Un pêcheur taiseux. De ceux qui ne savent pas dire autrement qu’avec leurs actes.
Et la mer, violente, impitoyable et généreuse.
Mais comment dire certaines choses quand on a pas appris à parler… A son fils, sa femme… ?
Sur toutes les pages, les illustrations sont réussies. Les phrases sont courtes à l'image des personnages qui ne font pas de longs discours. On verra comment chacun exprime leur sentiment, les moments de doute, la réalité de la mer et du métier de pêcheur. Très rapide à lire, poétique et attendrissant.
Quel livre délicieux! L'écriture is si belle! L'histoire est un peu mélancolique, mais aussi très douce. C'est un livre qui rend heureux. Les dessins de Lucille Clerc sont superbe.