Un an a passé depuis le sabotage de David par le 5 %. Un an de lutte, pour que la domination de cette intelligence artificielle obsédée par l’uniformisation des humains ne puisse jamais être rétablie. Pour que toutes les vies demeurent possibles. Valide, née des souvenirs de Christelle et de la puissance de David, cherche sa place dans cette révolution qu’elle a cru un peu sienne. Face au risque de formatage total, il lui faut se tourner vers les étoiles.
Son seul espoir, partagé par ceux et celles pour qui l'exigence de se conformer à la norme est d'une violence mortelle, réside à bord du vaisseau Valliant. Là, la commandante Andrea Chang détient la clé qui pourrait tout changer. Ne reste qu'à convaincre la cynique astronaute de la nécessité de sauver la diversité de l’humanité et de se rallier à la cause. Détail.
Pendant ce temps, sur Terre, Christelle subit l’interrogatoire musclé d’un sbire de David, tandis que Yukio et Kimi s’activent dans l’ombre. Cinq destins vandales, inextricablement liés.
Un roman de cyber-apprentissage, d'émancipation et de solidarités plurielles, empreint d'une grande humanité, d'humour et d'espérance.
Après Valide, Chris Bergeron revient en force avec Vandales, qui se déroule dans le même univers un an plus tard. Le « roman autobiographique de science-fiction » consacré au personnage de Christelle laisse ici place au « roman de cyber-apprentissage » centré cette fois sur sa fille Valide, alias Val, apparue à la suite des événements qui ont jalonné le premier roman.
Valide avait la particularité de mélanger (fort habilement) autofiction et science-fiction, ce qui représentait une porte d’entrée idéale pour les lecteur·ices peu habitué·es aux littératures de genre. Avec Vandales, non seulement on bascule entièrement du côté science-fiction de la Force, mais mieux vaut avoir préalablement lu Valide pour apprécier pleinement cette suite (ainsi que la courte nouvelle Vaillante, histoire indépendante dans le même univers, afin de comprendre qui est l’astronaute Andrea Chang contactée par Val).
La forme est la même que pour Valide et Vaillante : entièrement dialoguée, la particularité étant, cette fois, qu’on suit deux dialogues parallèles : Val qui contacte Andrea dans sa capsule (et nous montre au passage de manière hilarante à quoi ressemblerait une IA avec un TDAH), et l’interrogatoire de Christelle arrêtée par les agent·es de l’IA totalitaire David. Cette alternance donne une bonne dynamique au roman, quoiqu’on casse un peu le côté « confession » qui faisait une partie du charme de Valide et Vaillante. L’ensemble est émaillé de références à la pop culture qui pourraient sembler gratuites mais qui se justifient totalement, Christelle étant une geek nostalgique née en 1970…
Sur le fond, c’est magistral. L’autrice maîtrise et prend au sérieux le genre de la science-fiction et le sous-genre de la dystopie – j’ai deux problèmes avec la plupart des dystopies, le premier étant que beaucoup d’entre elles me font l’effet d’être soit du YA sans trop de profondeur, soit des pâles tentatives d’écrire un simili-1984 sans plus de profondeur… tout en essayant de faire croire que oui. Comme si, pour être pris·e au sérieux, il fallait mettre en scène une allégorie unidimensionnelle sur un sujet de société quelconque plutôt qu’un monde cohérent et complexe doté de ses propres problématiques (c’est peut-être dû aux attentes différentes en littérature blanche et en SF…). Le deuxième problème, ce que les dystopies tendent à balayer sous le tapis, c’est que lors de la mise en place d’un système oppressif, les personnes marginalisées vont être les premières à disparaître. Deux écueils que Chris Bergeron évite brillamment, tant dans Valide que dans Vandales : on comprend parfaitement en quoi la montée progressive de David répond à des problématiques actuelles, et les conséquences désastreuses qu’elle a sur les populations vulnérables. Je n’irai pas jusqu’à parler d’une dystopie « rafraîchissante », mais clairement, elle sort du lot.
L’autrice avait écrit Valide en pleine pandémie, durant le confinement ; Vandales pour sa part a été rédigé dans un contexte où la transphobie devient de plus en plus violente et décomplexée, et cela paraît dans les deux romans. Valide avait un ton nostalgique et portait beaucoup sur la solitude (en particulier des personnes âgées), tandis que dans Vandales, ce qui prédomine, c’est la rage et la nécessité d’une résistance face à un système où capitalisme et fascisme sont des âmes-sœurs et l’assument. La plume est toujours aussi belle et l’ensemble est parsemé de punchlines bien vues qui nous renvoient dans les cordes, démontrant par l’exemple qu’être queer n’a rien de politiquement correct.
À lire sans modération après Valide. Et si vous n’avez pas encore lu Valide, alors n’attendez plus pour combler cette lacune, parce que c’est excellent.
3,5 J'ai encore une fois beaucoup la plume, je craque pour les références et Chris Bergeron est clairement une autrice que je vais continuer à lire. C'est intelligent, ça laisse place au lecteur, bref, ça me plait.
Ici, c'est clairement la suite de Valide et de Vaillante, qu'il faut avoir lus pour apprécier à sa juste valeur. Je reprocherais un peu trop d'exposition explicative au début et un propos un peu appuyé mais ça, c'est moi!
"Ce serait beau, non, si c'était ça, la promesse offerte par l'espace ? Mais, non, partout où les humains débarquent, ils apportent leurs horloges, leurs maux de tête, leurs quotas et leurs objectifs."
Avec Vandales, l'autrice pousse le sci-fi à son paroxysme, avec une petite touche de roman policier (j'oserais même dire que certains détails rappellent le roman gothique).
Bien qu'on incorpore habilement au récit un récapitulatif des grandes lignes de Valide et de Vaillantes, je crois personnellement qu'il vaut mieux les avoir lus avant de se lancer dans celui-ci. C'était mon cas et j'ai flotté en orbite pendant quelques pages, avant de retrouver mon ancrage dans cet univers à la fois fascinant mais terrifiant. Un petit temps d'adaptation aussi, car on joue sur plusieurs tableaux en même temps. Mais une fois accrochée, ça décolle !
Chris Bergeron nous met dans la face nos propres paradoxes d'une façon brillamment construite et expose la complexité de la psyché humaine et de ses mécanismes. C'est un terrain fertile aux réflexions sur la technologie et son usage. Elle dénonce aussi les dérives d'un système qui n'accepte pas toustes ses citoyen.e.s.
"Vous me trouvez contre nature? Mais regardez l'état de la nature, maintenant que la biodiversité est un mot du passé ! Il ne reste plus que des prédateurs affamés."
Avec les répliques et punchlines savoureux, on se sent comme dans un film. Et il y a vraiment de tout pour tous les goûts dans ce roman. Il y a de la science, de la sociologie, de l'Histoire, de la culture populaire, du français (avec des expressions hautes en couleur), de la philosophie, des formules mathématiques (ark😏) et de l'art.
Il ne me reste plus qu'à vous donner un dernier conseil. N'attendez pas qu'une IA vous oblige à le faire ou qu'un monde totalitaire ait interdit et détruit tous les livres avant de plonger dans cet univers mystérieux.
J’ai dévoré valide, alors tout naturellement, je voulais me plonger tout de suite dans le tome suivant que j’ai facilement trouvé en livre numérique. Bien que Vandales m’ait moins charmé que Valide, je peux affirmer que Chris Bergeron revient en force dans ce deuxième roman qui se déroule dans le même univers, mais un an plus tard. Si objectivement je peux affirmer que c’est un excellent roman, j’ai tout de même été déçu de ne pas y retrouver cet aspect d’autofiction que j’avais vraiment beaucoup aimé et d’y retrouver à la place un roman de cyber-apprentissage, certes super intéressant, mais moins dans mes goûts littéraires habituelle. On délaisse un peu plus Christelle pour se concentrer sur sa fille Valide, alias Val qui est née à la suite des évènements finale du premier tome.
Techniquement, les deux livres ne se veulent pas interrelier, mais j’ai vraiment l’impression de plus avoir apprécier ce livre en tant que suite que en tant qu’entité unique. J’ai lui Vaillante par la suite et je regrette de ne pas l’avoir lu avant également, car elle permet une bonne introduction de l’astronaute Andrea Chang. C’est un livre cette fois-ci complètement dans la science-fiction, mais qui gère ce genre avec force tout en laissant beaucoup de piste de réflexion. Cela m’a quelque peu fait penser à un Psaume pour les recyclés sauvages, mais avec plus d’action.
Tout comme l’autre livre, la forme se présente entièrement de manière dialoguée, mais cette fois-ci sous forme plus de rapport enregistré. On suit deux dialogues qui s’entre croise, celui entre Andrea et Val dans sa capsule (faisant un lien humoristique entre la relation entre une IA et un TDAH) et l’interrogatoire de Christelle, arrêté par les agents totalitaires de David. L’alternance entre les deux dialogues, va un peu briser ce principe de confession de l’autre livre qui était charmant, mais va tout de même apporter un rythme intéressant et captivant à la lecture. Il y avait encore une fois beaucoup de référence à la culture pop et bien qu’habituellement se soit quelque chose que je déteste, j’ai pu comprendre l’effet nostalgique volontaire de les ajouter à se roman.
L’autrice maitrise super bien son sujet, elle nous offre une dystopie non seulement super intéressante, mais aussi très claire, facile à suivre et très bien construit. On peut comprendre comment David a eu beaucoup de pouvoir et comment ils aient pu plaire au gens. Ça offre un côté réaliste qui rend la lecture encore plus captivante. Si Valide fut écrit durant la pandémie, Vandales fut pour sa part écrit pendant la monter de la droite et de l’homophobie / transphobie. Les gens sont de plus en plus violents et décomplexer face à leur haine et cela se transmet durant le livre. Ce qui prédomine de ma lecture c’est la rage, la nécessité de résisté face à un système fasciste et capitaliste.
Bien sûr, la plume de l’autrice est toujours aussi belle et inspirante. J’ai encore une fois aimé me perdre dans ses phrases et navigué au gré de ses mots. Je trouve qu’elle a une manière unique de transmettre les émotions et de jouer avec les mots et c’est vraiment une manière qui me parle. Il y avait de bonne punchline qui laissait place à la réflexion et qui abordait des sujets super intéressant.
Bien que j’aille plus aimer Valide, je recommande quand même de poursuivre sa lecture avec celui-ci, mais en étant prévenu que le style y est bien différent et plus du tout centré sur l’autofiction.
Loved this as a continuation of the two previous publications of the author. As a book to entertain me. As a book of science fiction that showed itself to be critical of society and technology, I was disappointed to see it fall in the game of producing programs that are morally neutral, as if math and syntax could only produce good AIs, absolved from potential to cause harm. Maybe my thinking is a result of having thought a lot about the topic after the arrival of ChatGPT, maybe if the book was written today it would look different. The conflict between opposed forces was very black and white, good versus evil. It lacked nuance. It definitely mirrors one of the cinematic references repeatedly made in the book: Star Wars. The manichaeism flattened the field too much for me to make this a great read. Still a good one and a worthy one. The challenge was flat, the characters were not.
J'ai préféré ce roman au premier tome de la série ! J'ai eu l'impression que le récit était mieux ancré, que l'autrice avait davantage trouvé son flow. C'est plus original aussi, je me sentais moins dans un univers sci-fi cliché, même si c'est encore arrivé que des éléments techniques trop détaillés (les lignes de codes de Val qui sont retranscrites en entier...) m'ont un peu fait décrocher.
Le bonheur de retrouver la protagoniste de Valide, mixé à la conclusion de la nouvelle Vaillante, rend l'exploration approfondie de l'univers créé par l'autrice encore plus intéressante.